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Les géants du streaming s’apprêtent-ils à signer la fin de l’industrie traditionnelle du cinéma ?

YouTube va produire son premier film, Vulture Club. | © Pixabay

Cinéma et Docu

YouTube vient d’annoncer qu’il se lancait dans la production de films, avec son premier long métrage Vulture Club. Après Netflix ou encore Amazon, l’ambition des plateformes de streaming pourrait bien menacer l’industrie traditionnelle du cinéma.

Netflix, Amazon ou encore Disney, prêts à devenir les futurs géants du streaming – quand ils ne le sont pas déjà – pourraient bien transformer les habitudes de consommation des spectateurs, et ainsi menacer l’économie du cinéma tel qu’on le connaît aujourd’hui. D’autant plus avec l’arrivée d’un nouveau concurrent de taille sur le marché : YouTube. L’application va sortir son premier film.

YouTube Red, la filiale de streaming de Google, a déjà réalisé une comédie de science-fiction, Lazer Team, en janvier 2016. Mais il ne s’agissait que d’un film à faible budget et aux acteurs méconnus. Et bien qu’il ait été distribué au cinéma, il n’a pas eu beaucoup de succès en dehors de l’écosystème de YouTube.

Vulture Club, lui, s’annonce déjà comme étant la production phare de YouTube, avec un casting prometteur. Actuellement en post-production, il sera distribué en salles de cinéma. À l’affiche : Susan Sarandon, actrice oscarisée, qui a notamment joué dans Thelma et Louise ou Sous Surveillance. Elle incarnera le rôle d’une infirmière urgentiste dont le fils a été enlevé par des terroristes. « Vulture Club suit une femme abandonnée par le gouvernement et qui trouve une communauté dans les endroits les plus inattendus », a commenté la réalisatrice Maryam Keshavarz dans un communiqué.

Netflix mène la danse

YouTube n’est pas le premier à se lancer dans la production en ligne. Née le 29 août 1997, l’entreprise de divertissement américaine Netflix est certainement l’un des précurseurs du streaming cinéma et séries. La plateforme offre un catalogue des plus variés, avec plusieurs milliers de films et de séries. Mais surtout, Netflix propose également des productions originales. Avec ses séries à succès, comme Narcos et Stranger Things, ou encore ses films challengers au Festival de Cannes, comme Okja, Netflix n’a donc rien à envier à Hollywood. Au contraire…

Selon un article de la dépèche.fr, la plateforme comptabilise 117 millions d’utilisateurs, dont 110 millions d’abonnés payants, avec un nombre impressionnant de nouveaux souscripteurs sur le dernier trimestre de 2017. Ce gain d’abonnés est le plus élevé jamais connu par la société de divertissement. Il lui a permis de voir sa capitalisation boursière dépasser les 100 milliards de dollars pour la première fois.

Annihilation reste sur la plateforme

L’une des plus grosses productions de Netflix de 2018 est Annihilation, disponible sur le plateforme depuis le 12 mars dernier. Ce thriller met en scène Natalie Portman dans le rôle d’une femme scientifique déployée dans une zone extrêmement dangereuse et coupée de la civilisation.

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Outre son apparent succès, il faut surtout retenir que le film n’a jamais été diffusé sur les grands écrans, hormis aux États-Unis, en Chine ou au Canada. La plateforme est donc l’unique moyen d’avoir accès au long métrage. D’après le studio Paramount, si ce film n’était pas disponible sur les écrans, c’est apparemment par peur qu’il ne rencontre pas le succès prévu. Mais il pourrait aussi s’agir du signe que Netflix veut conserver une certaine exclusivité dans la diffusion du produit.

La concurrence arrive

En 2010, Amazon a également embarqué dans le vaisseau streaming. Le géant de la vente en ligne possède même sa propre plateforme : Prime video. Le streaming, ce serait finalement l’engrais qui fait grandir l’entreprise, selon Jeff Bezos, son patron. En 2016, il résumait même son intérêt pour le streaming dans une phrase qui avait alors marqué les esprits : « Lorsque nous gagnons un Golden Globe, ça nous permet de vendre plus de chaussures », des propos rapportés par Numerama.

D’après un article du Courrier International, outre sa plateforme en ligne, Amazon pourrait devenir une véritable épine dans le pied d’Hollywood en matière de diffusion au cinéma. Jason Ropell, à la tête du département international de la production cinématographique d’Amazon, s’en félicite : « Nous sommes passés d’une absence totale en salle à quinze films sur les écrans [en 2016], une salve suivie de sept nominations aux Oscars ». Dernière production originale en date : la série McMafia.

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Même le producteur numéro 1 des films d’animations, Disney, a décidé de se lancer dans le numérique. La société a récemment annoncé vouloir se séparer de Netflix et ainsi créé sa propre plateforme de visionnage en ligne. D’ici 2019, les internautes pourront accéder à un catalogue 100% Disney, Star Wars et Marvel.

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