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Le FN change de stratégie face à « Chez nous », la coproduction belge qui agace

Catherine Jacob joue Agnès Dorgelle, une candidate dont la ressemblance physique avec Marine Le Pen est évidente. | © Chez nous / Extrait du film

Cinéma et Docu

Le dernier film du réalisateur belge Lucas Belvaux est au sein d’une tempête médiatique, notamment alimentée par le FN, qui s’estime caricaturé par Chez nous. Mais pour Florian Philippot, il s’agit désormais de « montrer le film partout« .

Le film n’est pas encore sorti mais il s’est déjà attiré les foudres des cadres du Front national. Lundi sur RMC, la radio de BFM TV, Florian Philippot a lancé une nouvelle charge contre Chez nous, le film engagé de Lucas Belvaux, qui sortira en salles mercredi 1er mars. « On doit se réjouir de ce film, parce que je pense que c’est notre meilleur VRP [ndlr : pour « voyageur, représentant, placier », une personne faisant de la prospection son métier] en ce moment. Lucas Belvaux suinte tellement la suffisance de classe (…) le mépris de classe », a-t-il déclaré.


Chez nous relate l’histoire et l’instrumentalisation d’une infirmière à domicile (Emilie Dequenne), par un parti d’extrême droite, qui veut la présenter sur ses listes du Nord-Pas-de-Calais. L’historique de l’organisation politique et la femme blonde qui la représente ne sont pas sans rappeler le Front national français.

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« J’ai vu qu’il [Lucas Belvaux] avait assisté à la diffusion du film à l’Elysée avec François Hollande, ça m’a fait rire. Paraît-il que ça n’était pas un film politique à la base, nous avait-on dit, mais il assiste quand même à la diffusion du film avec le président de la République à l’Elysée. Mais en fait montrez-le partout, de grâce invitez-le, cet homme nous fait, je crois, gagner des voix chaque jour », assure le vice-président du Front national.

« Moins caricatural que ce qui se passe à l’intérieur du FN »

Début janvier, Paris Match a vu le film Chez nous et discuté avec Jean Labadie, président du Pacte, le distributeur du film en France. « Tous les retours des exploitants [à qui le film a été montré] sont très positifs », nous confiait-il. « Nous ne nous sommes pas posés la question de la réaction des militants du Front National. Ce qui est « formidable » dans cette histoire, c’est qu’ils n’ont pas vu le film. Nous sommes dans la tentative d’un autodafé, mais cela ne m’étonne pas de leur part. Ce n’est pas un film militant, au sens où l’on l’entendait dans les années 70 ».

©Chez nous

« Nous sommes des démocrates, donc nous sommes prêts à débattre du film avec tout le monde. Mais c’est un film beaucoup moins caricatural que ce qui se passe à l’intérieur du Front National », poursuivait Jean Labadie. « Il faut aussi ajouter que « Chez Nous » est financé essentiellement avec de l’argent privé, avec une coproduction belge à hauteur de 14% ». Et le producteur d’argumenter : « Nous avions juste envie de parler du danger l’attractivité du discours populiste, et comment ce discours populiste est aujourd’hui au centre de toutes les conversations et gangrène la politique nationale. Ce discours ne touche pas seulement les néo-nazis et c’est justement ça dont parle Chez nous ».

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