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À Cannes, le selfie sera désormais puni

C'est la vraie nouveauté de cette année : pas de selfies sur le tapis. | © AFP PHOTO / BERTRAND LANGLOIS

Cinéma et Docu

Les souvenirs du tapis rouge, les festivaliers de Cannes devront oublier : désormais, le tapis sera « selfie-free ». Sous peine de bannissement.

Cannes, son tapis rouge, ses robes longues, ses nuées de photographes, ses festivaliers fringants et… ses selfies. Du moins, c’était le Cannes que l’on connaissait, avant l’annonce fracassante du délégué général du Festival : les selfies sur le tapis, c’est fini. Pire encore, ceux qui seront pris la main dans le sac endureront le bannissement pur et simple des projections, pour une durée de 24 heures. « Ils seront raccompagnés à leur hôtel, dans leur voiture ou dans la rue », assure Thierry Frémaux.

C’est une immense pagaille, ce n’est pas beau.

« On vient au festival pour voir, pas pour être vu », a-t-il argumenté sa décision. Sauf que dans les faits, on s’en doute, partager son cliché cannois quand on est un « simple » spectateur peut être une source de satisfaction sans limite – le temps d’une journée du moins. Et l’homme, dès lors, de sortir la grosse artillerie : question de technique et de sécurité, avance-t-il. « On a des problèmes de cortège, de montées des marches. 2 000 personnes à faire rentrer dans la grande salle, ce n’est pas évident. En plus, il y a des chutes. On déplore de nombreux blessés ». Pour quel résultat ? Des clichés bien souvent « moches« , a jugé le délégué général durant la conférence de presse.

Mais l’interdiction est également basée sur ce qui fait l’essence d’un tel évènement : le charme de l’exclusivité couplé à un glamour circonstantiel. « Cannes est basé sur le désir, le secret, sur une tradition d’élégance. Le selfie vient endommager le tapis », a estimé devant les journalistes Thierry Frémaux. Un jugement qui n’a rien de neuf : le festival a déjà tenté par le passé de faire interdire le selfie sur la croisette cinématographique, mais jamais de manière aussi stricte. Ses demandes avaient d’ailleurs été « couvert[e]s de ridicule », selon lui. « On m’a accusé de ne pas comprendre mon époque ».

©Pierre Teyssot/MAXPPP

Toujours est-il que la décision est prise. Et pour la faire respecter, Thierry Frémaux compte sur la bonne volonté des festivaliers, mais pas seulement : « On fera passer le message. On le redira aux gens pendant les contrôles. On le répètera ». Et pour ceux qui n’auront toujours pas compris, ce sera la porte. Même le rêve a ses règles.

 

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