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Un film de Bollywood choque pour sa scène de masturbation féminine

Image d'illustration. | © Unsplash / Charles Deluvio

Cinéma

Dans le film Veere Di Wedding, le cinéaste Shashanka Ghosh n’hésite pas à montrer ses actrices en train de fumer, jurer et avoir des relations sexuelles.

 

Décrit comme la réponse indienne à la célèbre série Sex and the City, le film Veere Di Wedding fait un véritable carton depuis sa sortie dans les salles. Seul hic, certaines scènes – dont une où l’on surprend l’actrice principale en pleine partie de plaisir solitaire – passent plutôt mal auprès des spectateurs indiens.

Du jamais vu

Dans son film Mariage d’une amie (traduction française), le cinéaste Shashanka Ghosh filme les retrouvailles de quatre amies d’enfance pour célébrer le mariage de l’une d’entre elles, à Delhi. Parce que c’est l’occasion, les quatre protagonistes picolent, fument, s’expriment parfois grossièrement et s’offrent volontiers une partie de jambes en l’air.

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Mais la scène qui a surtout enflammé le pays – réputé pour son côté conservateur en terme de censure cinématographique – est celle où l’on voit l’une des héroïnes, Swara Bhasker, se masturber avec un vibromasseur. Et pour cause, quand on sait que c’est la première fois qu’une telle scène s’incruste dans le cinéma hindi.

Malaise dans le public

Sur les réseaux sociaux, la scène a été vivement critiquée par des spectateurs se disant choqués et mal à l’aise. C’est notamment le cas d’un internaute, dont le tweet a été massivement partagé avant d’être repéré par le Guardian, qui explique avoir emmené sa grand-mère au cinéma pour voir le film et qu’ils furent tous deux « gênés » et « embarrassés » devant ces images. Des dizaines d’autres tweets ont attaqué le film ainsi que l’actrice Swara Bhasker, « une des quelques actrices de Bollywood qui dénonce régulièrement l’intolérance, le harcèlement sexuel et le nationalisme religieux », précise le quotidien britannique.

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Les critiques ne surprennent d’ailleurs pas l’actrice bollywoodienne qui, interrogée par le Guardian, s’attendait au contre-coup. « Nous avons une culture du silence autour du désir et de la sexualité féminins qui est assez omniprésente », explique-t-elle. « C’est la première fois que le cinéma hindi reconnaît que les femmes se font plaisir. » Si la scène où l’on voit l’actrice en train de se masturber devant son mari n’a pas été censurée, son vibromasseur a reçu l’ordre d’être flouté, ajoute le journal anglais.

Briser les tabous

Qu’il indigne ou qu’il séduise, le film de Shashanka Ghosh s’inscrit dans une série de films made in Bollywood qui, depuis une dizaine d’années, tentent de mettre en avant le point de vue des femmes et de briser certains tabous culturels comme l’homosexualité.

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