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La reine de l'arnaque qui se faisait passer pour les femmes les plus puissantes d'Hollywood

En imitant les voix des productrices par téléphone, l'usurpatrice a réussi à duper artistes et autres petits métiers du milieu hollywoodien. | © Unsplash / Christian Joudrey

Cinéma

Une femme a extorqué des centaines de milliers de dollars pendant plus d'un an en se faisant passer pour les plus grandes productrices hollywoodiennes.

C'est le toujours très informé Hollywood Reporter qui l'annonce cette semaine dans un long reportage intitulé "Con Queen of Hollywood" ("La Reine de l'arnaque d'Hollywood") : une fraudeuse s'est donné un malin plaisir à usurper l'identité des femmes les plus puissantes du cinéma, et ce depuis plus d'un an. Elle aurait ainsi récolté des centaines de milliers de dollars grâce à sa combine.

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En utilisant des mails ou, encore plus gonflé, en imitant les voix des productrices par téléphone, cette usurpatrice a réussi à duper artistes et autres petits métiers du milieu. Le stratagème : convaincre ses victimes d'investir de l'argent pour se rendre en Indonésie et décrocher un travail, en leur promettant qu'ils seraient ensuite remboursés. Ainsi des coiffeurs, cascadeurs ou photographes incrédules se sont faits avoir par cette femme sans scrupules.

Un système bien huilé

Le scénario était, il faut le dire, bien huilé. Notre magicienne des temps modernes envoyait un mail aux victimes en se faisant passer pour une productrice hollywoodienne. Au cours des échanges avec ses interlocuteurs, elle flattait leur ego et fournissait des informations que seul le milieu hollywoodien connaît. Contrat à l'appui, tout semblait clair pour la personne qui venait d'être "engagée".

Couverture du Hollywood Reporter du 11 juillet 2018.

L'idée de demander à ces personnes de prêter de l'argent pour couvrir certains frais ne paraissait pas suspect car, à Hollywood comme dans d'autres métiers artistiques, il est courant que les free-lances couvrent en amont des dépenses pour être remboursés par la suite. La fraudeuse ne demandant jamais plus de 3000 dollars, somme dérisoire pour des productions hollywoodiennes.

Les identités d'Amy Pascal, ancienne CEO (présidente) de Sony Pictures, ou de Kaythleen Kennedy, productrice de longue date de Steven Spielberg, ont notamment été usurpées.

Le Hollywood Reporter ajoute que l'escroc n'aurait pas agi seule. Mais qu'il y aurait tout un système derrière les fraudes. Une fois que les victimes arrivaient en Indonésie, un homme en mobylette venait chercher l’argent. Évidemment, le remboursement promis par la productrice n’arrivait jamais.

Des faits de harcèlement sexuel reportés

Le magazine américain s'est aussi procuré des fichiers audio des appels entre la fraudeuse et ses victimes. On y entend des accents totalement différents et bluffants (à écouter dans l'article original), qui témoignent du "génie diabolique" de cette femme, comme l'a décrit une victime.

Des faits de harcèlement sexuel sont aussi pointés dans l'enquête du Hollywood Reporter. Un ancien marine américain explique ainsi que la fraudeuse lui a demandé d’enlever son t-shirt lors d’un appel vidéo où seule sa caméra fonctionnait. Elle aurait contacté d’autres ex-militaires, sous prétexte de former une équipe de sécurité, qu’elle aurait poussé à pratiquer du sexe virtuel via Skype.

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Le scénario, qui inspirera à coup sûr les studios pour en faire un film, n'est pas encore bouclé. Le FBI refusant d'enquêter (les sommes évoquées pour chaque victimes n'étant pas assez conséquentes), une société de sécurité a été engagée par trois des productrices concernées pour faire toute la lumière sur cette sombre affaire.

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