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Malgré les revendications, les minorités et les femmes restent peu présentes au cinéma

Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Nicole Kidman, Berenice Bejo, Juliette Binoche, Uma Thurman, Jessica Chastain, Charlize Theron et Maiwenn, à Cannes en 2017. | © AFP PHOTO / Valery HACHE.

Cinéma

Selon une étude américaine, les femmes, les minorités ethniques et la communauté LGBTQ ne représentent qu’une très faible partie des rôles au cinéma.

Les chiffres sont édifiants et révèlent un mal toujours bien présent à Hollywood : l’homme blanc reste toujours le maître incontesté des studios, loin devant les femmes, les personnes handicapées, les gays et lesbiennes, les bisexuels et transgenres, et les minorités ethniques. Et ce aussi bien devant que derrière la caméra.

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Une étude américaine, emmenée par la professeure Stacy L. Smith et l’université d’Annenberg de Los Angeles, s’est penchée sur près de 50.000 personnages de 1.100 films populaires sortis entre 2007 et 2017. Sur l’ensemble des personnages, 70% sont interprétés par des hommes blancs.

« Moonlight », Oscar du meilleur film en 2017, qui raconte l’histoire d’un jeune homosexuel afro-américain, ne reflète malheureusement pas du tout le cinéma hollywoodien, en manque cruel de diversité. © Plan B Entertainment.

Sur cette période, seuls 30,6% des rôles sont des personnages féminins, et 1% sont issus de la communauté LGBTQ. Et ces minorités sont loin d’être les seules concernées. L’étude monte également que les discriminations concernent aussi différentes ethnies.

L’effet post-Weinstein peine à se faire sentir

Ainsi, en 2017, 43 films ne présentaient aucun personnage féminin noir, 65 n’avaient pas de rôles de femmes asiatiques et 64 longs-métrages de femmes latines, détaille l’étude. En tout, 33% des films sortis cette année-là sont axés autour d’une femme comme personnage principal.

« Ceux qui s’attendaient à une année d’inclusion seront déçus », commente Stacy L. Smith, responsable de l’étude. Car dans le sillage de l’affaire Weinstein et de la libération de la parole des femmes, il aurait été simple de penser que cette mobilisation ne serait pas restée vaine.

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Et à la professeure de conclure: « Hollywood a besoin de solutions tangibles et concrètes qui mèneront à une vraie transformation. Notre travail met en lumière les étapes que les entreprises et les individus peuvent suivre s’ils veulent voir des résultats ».

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