Paris Match Belgique

Audrey Lamy, super-maman à la ville et à l’écran

Dans la comédie « Ma Reum », Audrey Lamy se transforme en super-héroïne pour défendre son gamin harcelé à l’école. Qui a dit que ce n’était que du cinéma ? | © DR

Cinéma

La comédienne française se montre des plus crédible dans le rôle d’une maman prête à mordre les camarades d’école qui harcèlent son fiston. Normal, elle est maman d’un petit garçon de 2 ans. Audrey Lamy est à l’affiche de la comédie familiale ‘Ma Reum’ de Frédéric Quiring. Mais pour l’heure, place aux vacances dans le sud.

Dans le film ‘Ma Reum’, Audrey Lamy se transforme en super-maman, oubliant les règles élémentaires de retenue face à des gamins de 10 ans insupportables. La comédie fait partie de l’ADN de l’actrice survitaminée, elle en explore tous les genres. Elle vient d’en tourner deux autres à sortir début 2019 : ‘Rebelles’ d’Allan Mauduit avec Cécile de France et Yolande Moreau, et ‘Les Invisibles’ de Louis-Julien Petit avec Corinne Masiero. « J’ai eu une année fabuleuse, avec des femmes généreuses et lumineuses. »

Si on l’a, rarement, vue aux côtés de sa sœur Alexandra à l’écran, Audrey Lamy a la passion des planches chevillée au corps. Le grand public l’a vraiment découverte, et adorée à la TV, dans ‘Scènes de ménage’ dont elle vient de raccrocher définitivement les gants. Parallèlement, elle créait, épaulée par le génial Alex Lutz, un seule en scène qui a mis, encore plus, en avant toute l’étendue d’un humour survolté. Le cinéma s’intéressera alors plus volontiers à cette jeune femme pétulante, de Maïwenn à Klapisch ou encore Jean-Paul Rouve. Dans la famille Lamy, demandez les deux sœurs !

Petite précision : ‘Ma Reum’ veut dire ‘Ma mère’ en verlan…

Paris Match. Franchement, cette maman, elle n’a pas un comportement tellement exagéré.

Audrey Lamy. (Grand éclat de rire) : Mais non, en effet. Bien sûr, on pousse un peu le trait car nous avions envie d’une comédie familiale pleine de gags, qui plairait aux enfants comme aux parents. Mais chacun peut s’y reconnaître, et même se rassurer : ce qu’on ne pourrait pas faire dans la vraie vie, le personnage le fait à notre place, ce qui s’avère très libérateur. Le film s’adresse à absolument tout le monde, mère, père, frère, sœur, ami… Dès lors qu’on touche à un cheveu de quelqu’un qui vous est proche, on est capable de se transformer en animal.

Vous-même, vous pourriez mordre si un gamin se mettait à embêter votre enfant ?

J’ai un fils de 2 ans qui n’est pas encore à l’école mais il va jouer au parc. Je suis choquée de voir ce qui s’y passe : ça se tire les cheveux, ça se jette du sable, ça se pousse… Les enfants n’ont aucune limite entre eux. À la 3e poignée de sable, j’ai juste envie de me lever et d’y aller ! Lors des avant-premières, nous avons souvent demandé aux spectateurs ce qu’ils avaient déjà été capables de faire pour défendre leurs enfants. Vous ne pouvez pas imaginer, les anecdotes sont nombreuses ! Mon personnage tombe dans une spirale régressive. Or, au départ, je suis l’incarnation de la maman parfaite, tout son cocon est sous contrôle. Jusqu’à ce que 3 gamins viennent chambouler sa vie. Elle se transforme en super-héroïne, comme dans ‘Les Indestructibles’. Il s’agit d’une comédie très cartoon.

Sous ses airs de franche comédie, le film traite aussi du harcèlement scolaire.

Lire aussi > Benoît Poelvoorde, le goût des mots : « Je savoure les bons moments » 

J’ai discuté avec un pédopsychiatre à ce sujet. Il est très difficile de déceler ce genre de traumatisme chez un enfant car, en général, il n’en parle pas. Des signaux peuvent alerter, comme les prétextes pour ne pas aller à l’école, des réflexes de solitude…

Ce rôle arrivait-il au bon moment puisque vous êtes une jeune maman ?

Ce film me parle énormément. Le fait d’avoir un enfant et de vouloir le protéger ne pouvait que me toucher. Mais c’est le cas pour toute personne qui a, dans son entourage, un enfant qui lui est cher. Je ne me suis pas inspirée de ma vie personnelle mais bien des émotions d’une mère pour son fils. Qui, en effet, peut devenir une vraie louve.

« Enfant, on m’appelait Mercredi Adams, de celle qui fout un peu les jetons dans une soirée ! »

Écrire la vie

L’humour fait partie, depuis vos débuts, de votre parcours. Aimeriez-vous revenir au one-woman-show ?

J’adorerais. Mon moteur c’est de raconter des histoires, sur scène comme à l’écran. J’aime exercer mon métier, quel que soit le support. Retourner sur scène me permettrait de livrer à nouveau mes sentiments, selon mon inspiration. Et je m’inspire de la vie de tous les jours. J’ai tellement adoré jouer mon spectacle, peaufiner chaque sketch que j’avais écrit sur mesure, je me suis totalement épanouie. Après 6 ans, l’envie de revivre cette émotion me taraude. Je prends des notes sans arrêt, j’écris des trucs sur mon smartphone, des phrases qui me font rire, des situations, des réflexions que j’entends dans les cafés… Observer le monde qui m’entoure enrichit mon jeu de comédienne. Je ne suis pas assez intéressante que pour ne parler que de moi !

D’où tenez-vous cette joie de vivre et cette énergie, que vous avez en commun avec votre sœur Alexandra ?

C’est grâce à mes parents, sans aucun doute. Ils sont très joyeux et nous avons eu une enfance et une adolescence merveilleuses. Ils aimaient faire la fête, aller au cinéma, au théâtre, se montraient curieux de tout. Nous partageons cet ADN. Dès qu’on a un coup de mou, ils nous disent combien nous menons une vie magnifique, celle que nous avons choisie. Pourtant, j’étais très introvertie et timide enfant, on m’appelait Mercredi Adams, de celle qui fout un peu les jetons dans une soirée ! J’ai suivi des cours de théâtre vers l’âge de 10 ans. Quand le prof m’a demandé la raison qui m’y poussait, j’ai répondu que je voulais faire rire les gens et donner de l’émotion. Je fais ce métier pour le partage avec des gens que je ne connais pas.

Comment accepter un projet plutôt qu’un autre ?

Je ne marche qu’au coup de cœur. Le succès de ‘Scènes de ménage’ m’a permis de me montrer beaucoup plus exigeante et de pouvoir choisir mes projets. C’est une chance dont je me sers. Heureusement, certains réalisateurs ont su aller chercher, chez moi, quelque chose de plus dur et dramatique. Quand je suis arrivée à Paris, j’ai suivi d’abord le Cours Florent avant de rentrer au Conservatoire de Paris. J’y ai reçu une formation extrêmement complète : comédie, danse, chant, escrime… J’avais l’impression d’être dans ‘Fame’ ! Du coup, j’ai beaucoup travaillé la tragédie. Avec la série, j’avais un peu peur qu’on ne m’enferme que dans un type de rôle. Quand Maïwenn m’a proposé un tout petit rôle dans ‘Polisse’, en ayant vu mon spectacle, j’ai accepté avec enthousiasme. J’ai aussi tourné un téléfilm ‘Ce soir je vais tuer l’assassin de mon fils’. Ma plus grande peur était que le public ne suive pas. Mais non, il a répondu présent.

Si on vous dit « Vacances », vous pensez à quoi ?

À de formidables souvenirs en famille : des barbecues jusqu’à 16h, des parties de pétanque, des apéros, des journées piscine, des coups de soleil, le bronzage qui laisse des marques… Mais étant du sud, des Cévennes, j’ai aussi des images de lavande, de pin parasol, de grillons, de mer, de rivière… Mes parents y vivent toujours et je ne rate pas une occasion d’aller les rejoindre pour respirer le bon air de là-bas.

Comment déconnecter de la vie parisienne ?

En séjournant justement chez mes parents : il n’y a pas de connexion ! Je suis donc injoignable et ça me va très bien. Rester trop dans le travail vous enferme, on a aussi besoin de se ressourcer pour donner le meilleur de soi au travail. Je prends le temps de m’ennuyer, de réfléchir, d’observer, de perdre du temps. Ou plutôt de mieux le réutiliser. Même à 37 ans, j’ai toujours besoin d’être chouchoutée par mes parents.

CIM Internet