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Tom Hardy : le caméléon

Tom Hardy : le caméléon © Manuel Lagos Cid/Paris Match

Cinéma et Docu

Avec Venom, l’acteur britannique habitué aux rôles extrêmes intègre l’univers des super-héros Marvel.

C’est le comédien le plus mystérieux de sa génération. Des films comme Bronson ou Warrior l’ont imposé comme un acteur brut, prêt à toutes les transformations pour des performances à la limite de la déraison. Jusqu’à ce que son alter ego Christopher Nolan popularise Tom Hardy dans Inception, Dunkerque ou The Dark Knight Rises, où il incarnait un méchant homérique. Les Oscars l’ont cité pour The Revenant, il a aussi repris le rôle de Mel Gibson dans le récent Mad Max, de George Miller.

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Si tout le monde connaît son visage ténébreux, peu se souviennent de son nom. À Londres où on le retrouve, on s’attend à voir arriver un ours mal léché. Mais c’est un ours en peluche qui s’avance, séducteur comme peuvent l’être les gens pas sûrs d’eux. Celui qui a toujours aimé les chemins de traverse consent qu’il entre désormais dans une forme de cinéma plus populaire, avec Venom. « Rejoindre la galaxie Marvel est une gageure, explique-t-il. Les films de super-héros ne sont pas ma tasse de thé. Mais mon personnage repose sur une forte dualité : deux êtres s’affrontent dans le même corps. Et ça, ça me parle ». La paternité de ce quadra a aussi pesé : « Je suis arrivé à un point de ma carrière où je voulais que mon fils de 10 ans puisse enfin voir un de mes films. J’ai eu de longues discussions avec lui. Il a été mon prof, en quelque sorte, sur ce film ».

Je ne pourrai jamais devenir un Cary Grant au cinéma. J’aime trop les fêlures.

Enfance confortable dans les faubourgs de Londres, adolescence compliquée, Hardy se consumait dans la drogue à 20 ans lorsque Steven Spielberg l’a remarqué et lui a donné un rôle dans la série Band of Brothers. Dès lors, son physique massif et son visage énigmatique séduisent Nicolas Winding Refn, Ridley Scott ou Sofia Coppola. « Ils m’ont permis de développer un goût pour le paradoxe. Il faut toujours explorer son côté obscur, là où se nichent les cicatrices. Je ne pourrai jamais devenir un Cary Grant au cinéma. J’aime trop les fêlures ».

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Quid de sauter le pas vers les comédies et plus de légèreté ? « Mais faire ce métier est ma légèreté ! Le cinéma, pour moi, est source de grand plaisir ». Francophile discret, sex-symbol, Tom veut poursuivre sa propre route. Il produit, interprète et compte réaliser la deuxième saison de la série Taboo. Il attend impatiemment que le prochain Mad Max se mette en route. La rumeur venue d’outre-Manche le voit incarner le futur James Bond : « Il faudra un propos différent. Je ne voudrais pas le faire uniquement pour la gloire. Mais si Christopher Nolan acceptait de participer à l’aventure, c’est quelque chose qui pourrait se concevoir… »

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