Paris Match Belgique

5 films pour ceux qui en ont (déjà) marre de l’esprit de Noël

Le Bonhomme de neige avec Michael Fassbender était sorti en 2017. Il s'agit de l'adaptation au cinéma d'un roman policier norvégien. | © DR

Cinéma et Docu

La liste des films de Noël est aussi longue qu’un jour sans pain. La majorité des oeuvres diffusées sont généralement tournées vers les bons sentiments et les ‘happy ending’… Il est plus rare de trouver des films qui rendent cette période de l’année un peu moins joyeuse et festive. 

 

Super Noël, Miracle sur la 34e rue, La course au jouetLe lutin, Esprit de famille… Habituellement, le titre donne déjà le ton de ce que le film sera. Ces listes de films de Noël à voir absolument pullulent sur les sites dès que le mois de décembre pointe le bout de son nez ou de sa carotte pour rester dans le thème. Voici cinq suggestions qui sortent un peu des sentiers battus… Et joyeux Noël !

L’arbre de Noël (1969)

Préparez vos mouchoirs… Ce film a beau avoir cinquante ans, il est toujours d’une efficacité redoutable. Et lorsque la mélodie du guitariste Narciso Yepes arrive, tous les robinets s’ouvrent. Le réalisateur britannique Terence Young rassemble devant sa caméra William Holden et… Bourvil. Le film est sorti d’ailleurs en version française et en version internationale. Dans la seconde, Bourvil parle en anglais. Le montage est aussi quelque peu différent.

L’histoire est tragique. Un enfant (Pascal) est irradié lors de vacances passées en Corse. Il développe une leucémie et doit alors se battre contre la maladie. Orphelin de sa maman, il s’attache très fort à Verdun (Bourvil), homme à tout faire du domaine de Laurent Ségur (Holden), le papa de Pascal. Nous sommes plongés dans l’univers d’un enfant de 10 ans, malade, qui se sait condamné. Tous s’emploient à rendre heureux ce petit être rempli de joie et de vie. Tous doivent garder pour eux leur peur, leur doute, leur colère…

Un film dur mais qui est aussi un poème aux enfants qui rendent la vie plus belle, plus ensoleillée aussi. Une réalisation sobre et un Bourvil merveilleux qui ne recule devant rien. Pas même lorsqu’il est décidé d’aller enlever deux loups d’un zoo pour en faire des compagnons de jeu de Pascal…

arbre de noël
© KEYSTONE Pictures USA/ZUMAPRESS.com

Garde à vue (1981)

Véritable huis clos judiciaire, le film de Claude Miller est un classique du genre. Face à face tendu entre deux grands noms du cinéma français, Michel Serrault et Lino Ventura. Un notaire de la ville de Cherbourg (Serrault) est interrogé des heures par un inspecteur opiniâtre à la recherche de preuves (Ventura). Seuls Guy Marchand et Romy Schneider viennent perturber cette « étrange danse de nouvel an » entre les deux hommes.

Le corps d’une fillette, violée et étranglée, a été retrouvé dans les dunes. Quelques jours seulement après la découverte du corps d’un autre enfant dans la région. Le notaire est convoqué le 31 décembre pour s’expliquer. Il connaissait apparemment l’une des deux victimes. C’est donc habillé pour fêter la Saint-Sylvestre que Michel Serrault s’apprête à vivre la plus longue nuit de sa vie…

Dans un contexte oppressant avec des dialogues qui claquent, c’est du Jacques Audiard, des acteurs au sommet de leur art, ce film est une vraie réussite qui a séduit public et critiques. Une ambiance terrible avec une violence toute contenue qui n’explose que par bribes. Et une issue dramatique tout aussi imprévisible. Un film qui a obtenu quatre récompenses aux César. Michel Serrault empochera le César de meilleur acteur pour ce rôle.

3615 code père Noel (1990)

Voilà un titre qui fleure bon la fin des années 80 et le fameux Minitel français, précurseur des ordinateurs domestiques. Le film de René Manzo, frère de Francis Lalanne à la ville, a souvent été comparé comme la « version du pauvre » de Maman j’ai raté l’avion. Le film français est bien plus sombre et moins, beaucoup moins gag que celui quit met à l’affiche Macaulay Culkin… Un certain esthétisme visuel est même de mise. Le film qui fut un peu un ovni dans la cinéma français à l’époque, connut un échec commercial total voire l’incompréhension générale.  Il mérite cependant qu’on se plonge dedans !

Si le pitch de départ est ressemblant, un gamin se retrouve seul chez lui avec un méchant et doit l’affronter avec toute sa ruse, l’histoire n’est pas tout à fait pareille. Un père Noël psychopathe entend bien lui faire la peau pour se venger de sa maman (Brigitte Fossey) qui l’a viré de son boulot. L’enfant joué par Alain Lalanne est féru d’informatique et d’électronique. Une passion qui va lui permettre de jouer bien des tours au père Noël vicieux et dangereux.

Family Man (2000)

C’est probablement le choix le plus positif de la liste. Ce conte de Noël moderne permet de retrouver un Nicolas Cage en grande forme cinématographique. Ce qui ne lui est plus trop arrivé ces dernières années… Le scénario de base est très simple : voilà la vie que tu mènes et voilà la vie qui aurait pû être la tienne si tu avais fait d’autres choix. Es-tu réellement heureux aujourd’hui ?

Jack Campbell (Cage) est à la tête d’un cabinet de conseil en affaires à New York. Pour arriver à ce poste, il a auparavant dû faire ses preuves en émigrant à Londres treize ans plus tôt abandonnant sa petite amie de l’époque, Kate, interprétée par Tea Leoni. Ils ne se sont jamais revus. Par la magie de Noël, Jack va être propulsé dans une vie qui de famille n’est pas la sienne avec Kate. Une vie bien moins luxueuse que ce que Wall Street lui offre. Un environnement moins huppé et beaucoup plus humble que le milieu des affaires new-yorkais. Bref, un beau clash entre deux mondes, deux vies totalement hermétiques. Une sorte de duel cité urbaine froide et métalique contre ruralité habillée en chandails tricotés main.

La presse à l’époque y a vu le film familial par excellence avec deux interprètes au diapason dans cette comédie. Une réflexion sur le bonheur en famille qui n’est pas aussi évident qu’il n’y paraît.

Le bonhomme de neige (2017)

Quoi de plus symbolique qu’un joyeux et pittoresque bonhomme de neige pour habiller les fêtes de Noël ? Mais, le souci, c’est qu’il y a bonhomme de neige et… bonhomme de neige ! Le casting n’est pas vilain de cette réalisation de Tomas Alfredson : Michael Fassbender, Rebecca Ferguson, Charlotte Gainsbourg, Chloé Sevigny, Val Kilmer…

Un détective (Fassbender), fortement imbibé, va tenter de relier entre eux toute une série de meurtres non élucidés pour ainsi mettre fin à la course folle d’un supposé serial killer. Le film est issu d’un maître du roman policier nordique, le Norvégien Jo Nesbo. Ce livre est devenu l’un des best-sellers sur la liste du New York Times lui assurant encore plus de succès et de visibilité internationale.

Les scènes sont tournées en partie dans les grandes étandues norvégiennes et en partie dans la ville d’Oslo. Ambiance glacée, personnages tordus, paysages à couper le souffle remplissent les deux heures de film… On ne va pas vous mentir, le film a reçu un accueil très mitigé des critiques. Le public se partageant les avis sur cet adaptation cinématographique. Il faut savoir que c’est Martin Scorsese qui avait été préssenti à la réalisation. Est-ce un début d’explication à la grogne des spécialistes ?

Mots-clés:
films Noël
CIM Internet