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Netflix dévoile la bande-annonce du très prometteur « Paris est à nous »

paris est à nous

Noémie Schmidt incarne Anna, l'héroïne en détresse de "Paris est nous". | © Netflix

Cinéma et Docu

Il est de ces films qui réinventent le cinéma et Paris est à nous semble détenir tous les ingrédients pour y parvenir. Ce pari ambitieux sera-t-il relevé ? Réponse le 22 février.

Une bande de potes qui veut faire un film en mode « Do it yourself » est un fantasme historique du cinéma. On pense tout de suite à La Haine de Mathieu Kassovitz, film visionnaire de jeunes qui parle aux jeunes [prenant en toile de fond les cités françaises qui s’embrasent], hyper-contemporain et qui trouve toujours une résonnance, encore aujourd’hui, peut-être jamais égalée dans le cinéma français. En bien des points, Paris est à nous [anciennement Paris est une fête, en référence au titre d’Hemingway repris par la mairie de Paris en réponse aux attentats du 13 novembre] semble différer du premier long de Kassovitz de par son propos et son style. Mais la représentation d’une jeunesse tantôt désespérée tantôt insouciante, dans un monde hostile et paranoïaque, vient indubitablement faire écho. Le trailer de Paris est à nous, lâché ce lundi par la plateforme américaine, nous prend par les tripes, mêlant un ancrage dans l’actualité et une sorte de rêverie propre à la jeunesse d’aujourd’hui. On croise donc les doigts pour que la qualité soit au rendez-vous le 22 février, jour de la diffusion de ce film d’un nouveau genre dans le catalogue Netflix.

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État de tension

Réalisé par Elisabeth Voegler, le film n’a rien des processus de création dits « traditionnels ». Projet de longue haleine, Paris est à nous est avant tout l’idée d’un groupe d’amis motivé à l’idée de créer leur propre film du début à la fin. Tourné sur près de trois ans et demi dans la capitale française à l’aide d’une caméra « Black Magic Pocket », les créateurs du projet résument sa genèse : « Entre 2014 et 2017, Paris était dans un tel état de tension. Il y avait quelque chose d’électrique dans l’air, un sentiment intime partagé par toute une foule, quelque chose d’inédit. Face à l’urgence d’une telle situation, le besoin de la raconter s’est imposé comme une évidence », détaillent-ils sur la page de leur projet de crowdfunding. Avec 91 500 euros de récoltés, ils ont pu créer librement, sans contraintes.

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Au coeur du réel

« Au lieu de reproduire la réalité, on a essayé de complètement l’intégrer », explique Noémie Schmidt, l’actrice principale du projet, dans une courte vidéo publiée sur la page Kickstarter. À mi-chemin entre fiction et réalité, le film prend en effet pour toile de fond les événements bien rééls qui ont ébranlé Paris ces dernières années. Manifestations pacifistes ou violentes intègrent le récit et redistribuent les cartes d’une fiction française souvent trop timide pour se réinventer. On sent dans les premières images de la bande-annonce cette façon documentaire d’aborder le récit, et on ne peut que se réjouir d’un tel pari. Un pari qui a tapé dans l’oeil du géant américain. « Anna rate le vol qu’elle aurait dû prendre pour retrouver Greg à Barcelone. L’avion s’écrase. Prise dans le vertige d’une mort évitée de peu, elle s’éloigne de la réalité et du présent. Alors que son couple de désagrège, Paris devient le miroir de sa détresse », nous raconte un second synopsis alléchant. Ne reste plus qu’un mois pour découvrir cet objet cinématographique original qui n’a sûrement pas fini de faire parler.

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