Le Festival « Elles tournent » met les réalisatrices à l’honneur

Le Festival « Elles tournent » met les réalisatrices à l’honneur

Le Festival a réuni l'année dernière plus de 4 000 personnes avec 80% des séances sold out. | © ©Festival Elles Tournent

Cinéma et Docu

La 11e édition du Festival Elles tournent se tient à Bruxelles du 24 au 27 janvier. Pour cette nouvelle édition, plus de 500 films ont été proposés aux organisateurs.

 

Depuis maintenant 11 ans, le festival belge Elles tournent souhaite mettre en avant les femmes dans un milieu qui reste largement masculin. L’objectif est très simple: contribuer à l’égalité des hommes et des femmes comme il est écrit sur leur site internet. Nous nous sommes entretenus avec Nèle Pigeon, coordinatrice du festival depuis 4 ans, afin d’en savoir plus sur l’événement dont le succès est grandissant. « C’est important que le public soutienne les films de femmes. Je ne parlerais pas d’acte militant, mais presque. En tous cas, ça va dans le bon sens » confie la coordinatrice. « L’année dernière, le mouvement #MeToo a aidé à faire prendre conscience de l’absence des femmes dans le milieu du cinéma. Cela a créé une curiosité chez les gens de s’intéresser aux associations dites féministes. »

Le Festival a réuni l’année dernière plus de 4 000 personnes avec 80% des séances sold out. Cette année, l’équipe d’organisation du festival a augmenté le nombre de places en réservant des salles plus grandes, et le succès est toujours présent. Les organisateurs attendent un peu plus de 5 000 spectateurs pour cette édition 2019.

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Diversifier les points de vue

Cette année, plus de 500 films ont été proposés aux organisateurs, « preuve qu’il y en a des femmes réalisatrices ! » ironise la coordinatrice du festival. « Les sujets sont très divers, et ne concernent pas forcément que les femmes. Elles peuvent aussi aborder d’autres sujets comme les hommes, la guerre, ou autre. L’important, c’est d’avoir une diversité des points de vues. C’est important de leur donner la parole car les femmes n’ont pas toutes le même point de vue et elles sont sous-représentées. »

Le festival permet également aux réalisatrices de se rencontrer, de créer un réseau, et de rencontrer le public. Une vingtaine d’invitées seront présentes pour cette édition, avec des réalisatrices venues du monde entier. Belgique, Slovénie, France, Canada, Hongrie, Algérie, Chine… autant de pays qui contribuent à la diversité du festival. « C’est important pour nous d’avoir des réalisatrices de différents pays car c’est autant de points de vues différents. On a aussi plusieurs premiers films, ce qui permet d’encore plus diversifier les regards » explique Nèle Pigeon. En plus de diffuser des films, le festival organisera aussi une table ronde concernant notamment la distribution des films.

La sous-représentation des femmes dans le milieu du cinéma est d’autant plus surprenante quand on connaît leur effectif dans les écoles. Alors qu’elles représentent 55 % des élèves diplômés en réalisation, elles ne sont plus que 25 % dans le milieu professionnel. Il en est de même pour toutes les autres filières, comme celui du montage et du scripte, où elles représentent 62 % des élèves diplômés, et seulement 22,6 % dans le métier du montage. « C’est difficile de trouver des explications à ces chiffres car les études sont très coûteuses, mais je pense qu’il existe un plafond de verre. C’est un milieu, comme beaucoup d’autres, où les femmes sont confrontées tout au long de leur carrière à des hommes : des jurys d’hommes, des professeurs hommes, des techniciens hommes… Même dans les études de cinéma, on parle très peu de femmes réalisatrices. En 4 ans d’études, on doit parler de maximum 3 réalisatrices. De plus, le métier de réalisatrice est une position dirigeante dans un milieu majoritairement masculin. Il faut avoir les épaules solides ! La plupart du temps, elles produisent donc des documentaires ou des films à petits budgets » raconte la coordinatrice du festival.

Bien que les mentalités changent, les femmes restent peu représentées et peu reconnues dans le milieu du cinéma. Pour l’édition 2019 des Oscars, aucune femme n’est présente dans la liste des nominés dans la catégorie meilleur réalisateur.

Festival du 24 au 27 janvier 2019. Prix : de 5 à 15€ (suivant les formules). Lieu : BOZAR et Cinéma Vendôme.

©Festival Elles Tournent
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