Le scénario-type pour plaire à Hollywood

Le scénario-type pour plaire à Hollywood

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Image d'illustration. | © Unsplash/Milkovi

Cinéma et Docu

Portant sur 12 000 scénarios de long-métrages, une vaste étude montre un avant-goût de ce que Hollywood considère comme une bonne histoire.

Les studios, les producteurs et les agences reçoivent d’innombrables scénarios chaque semaine. Pour filtrer ces centaines de soumissions et déterminer celles qui méritent d’être examinées ou pour identifier les auteurs ayant du potentiel, l’industrie embauche des lecteurs de scripts professionnels. Si leur avis est essentiel pour l’avenir du scénariste, il y a très peu de feedback de leur part. Cela signifie qu’il y a très peu de recherches sur ce à quoi ressemble un bon script, selon ces puissants lecteurs. Face à ce manque de données qui constitue un handicap majeur pour tout scénariste en devenir, Stephen Follows a tenté d’apporter une réponse. Chercheur de données dans l’industrie cinématographique, le passionné a analysé 12 309 scénarios de long-métrages durant un an pour identifier ce qui fait une bonne histoire aux yeux des lecteurs.

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Pour Stephen Follows, interrogé par IndieWire, l’un des aspects les plus satisfaisants de son étude est qu’il prouve qu’il existe des « règles » supposées que les scénaristes doivent en réalité ignorer. Le premier résultat important de son étude, citée par Slate, se trouve dans la séparation des scénarios par genre. Alors que les scénarios historiques obtenaient souvent des scores plus élevés, la véritable conclusion était que, dans chaque genre, les lecteurs attendent certains ingrédients. Ce n’est donc pas une bonne idée de vouloir sortir du moule, explique le site français. « Les données montrent en effet qu’une histoire écrite dans un genre précis, la science-fiction par exemple, ne doit pas trop s’éloigner des attentes que l’on peut avoir du genre, en l’occurrence, d’après l’étude, une forte emphase sur l’intrigue, sur la tonalité et la caractérisation des personnages ». Stephen Follows explique ainsi qu’un scénario comme Reservoir Dogs ne serait peut-être pas sélectionné aujourd’hui, car trop inhabituel.

Selon le genre, certaines histoires vont mieux fonctionner que d’autres. Par exemple, dans le registre « fantaisie », les intrigues telles Cendrillon (ascension, chute, remontée) vont plaire davantage que celles d’une ascension continue.

Insultes et longueur

Jurer ou ne pas jurer est une question souvent débattue par les scénaristes, affirme IndieWire. Mais l’étude de Stephen Follows vient y mettre un terme : plus un scénario utilise de gros mots, plus il est apprécié. Ses résultats montrent également que la longueur exacte importe peu, tant que le scénario contient entre 90 et 130 pages. En dehors de ces limites, les scores chutent.

Mots-clés:
étude cinéma scénario
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