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Malgré les résistances, Grâce à Dieu de François Ozon sortira bien en salles

françois ozon

Capture d'écran. | © YouTube : Bande-annonce Grâce à Dieu.

Cinéma et Docu

Le film du réalisateur français François Ozon qui traite de faits de pédophilie dans l’église vient d’être autorisé par la justice à sortir en salles françaises dès mercredi.

 

Certains attendaient son film avec impatience, d’autres avec appréhension. Dans la bande-annonce officielle diffusée en décembre dernier, on découvrait les premières images d’un long-métrage qui retrace le combat des victimes du père Preynat, prêtre lyonnais accusé d’abus sexuels sur des scouts dans les années 1980-1990. Date de sortie initialement prévue : le 20 janvier 2019.

Suscitant la polémique sur les bancs de la justice, le film de François Ozon a néanmoins failli être reporté, à la demande des avocats du père Bernard Preynat, actuellement mis en examen pour agressions sexuelles sur mineurs depuis 2016. Selon eux, le film « va à l’encontre de la présomption d’innocence dont bénéficie leur client ».

En attendant le procès…

Vendredi 1er février, la défense du prêtre lyonnais avait saisi le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris. « Dans le film, Bernard Preynat est-il présenté comme coupable ? Assurément oui. », avait-elle déclaré. « Or mon client est placé sous le statut de témoin assisté pour les faits de viol. A-t-il été jugé coupable par la justice ? Non. » Si les noms des victimes ont été changés dans le film, ceux du cardinal Barbarin, de l’ancienne bénévole du diocèse Régine Maire et de l’ancien prêtre (qui n’a pas encore été jugé) y sont cités plusieurs fois. « La défense argue que ce film est une fiction. Or le nom de Bernard Preynat est prononcé plus de cent fois (…) », a-t-on également déclaré.

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Maître Benoît Goulesque-Monaux, un des deux avocats du producteur « Mandarin Cinéma » et du distributeur « Mars Films », a rappelé « qu’un carton, inséré dans le film, précise que dans l’attente du procès du père Preynat (prévue le 7 mars prochain), il bénéficie de cette présomption d’innocence », insistant que « le procès n’est pas le sujet du film et ne donne pas la possibilité au spectateur de juger Bernard Preynat ». Après plusieurs heures de suspense, le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris a finalement autorisé la sortie de Grâce à Dieu dans les salles françaises dès ce mercredi.

« Il y a beaucoup de résistance »

Samedi, le film de François Ozon a reçu le prix du jury du festival du film de Berlin. « C’est un prix qui me fait extrêmement plaisir, particulièrement pour ce film, parce que c’est un film qui a été compliqué à financer, à produire », a confié le cinéaste à l’AFP. « Il y a beaucoup de résistance, il y a des gens qui ne veulent pas que ce film sorte ». Cité par BFMTV, le réalisateur de Swimming Pool assure qu’il ne s’agit pas d’un « film sur l’actualité » ni « à charge contre l’église » mais d’un « film citoyen » qui « pose des questions ».

Sorti en avant-première à Sainte-Foy-lès-Lyon, commune où se sont déroulés les drames racontés, le film a suscité une vive émotion et beaucoup d’applaudissements.

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