SDF, sans papiers, harcèlement : Quand la comédie française s’engage…

SDF, sans papiers, harcèlement : Quand la comédie française s’engage…

comédie française

Peut-on rire de tout au cinéma ? | © Julien Weber / Paris Match

Cinéma et Docu

Après Les invisibles, Damien veut changer le monde, de Xavier de Choudens, confirme l’ancrage de la comédie française dans la réalité sociale. Analyse d’un phénomène récurrent.

On peut rire de tout, même de sujets graves. Cet adage, la comédie française s’en est emparée. En pleine vague de contestation des gilets jaunes, le succès des Invisibles, de Louis-Julien Petit (plus d’un million d’entrées pour ce film sur un centre de femmes SDF), en a surpris plus d’un. Cette semaine, Damien veut changer le monde voit Franck Gastambide en pion attachant reconnaître en paternité des dizaines d’enfants sans papiers, entre burlesque et questionnement social.

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Un exemple loin d’être unique : les comédies sociales étaient présentes en force lors du Festival du film de comédie de l’Alpe-d’Huez en janvier. Dans Jusqu’ici tout va bien, de Mohamed Hamidi, Gilles Lellouche est un bobo qui doit relocaliser son entreprise en banlieue. Rebelles, d’Allan Mauduit, évoque le harcèlement sexuel en entreprise dans une comédie trash avec Cécile de France et Audrey Lamy. Et dans un autre genre, Roxane de Mélanie Auffret raconte la passion théâtrale d’un éleveur de poules, joué par Guillaume de Tonquédec, dont l’exploitation est au bord du dépôt de bilan.

« La comédie est une bonne manière d’évoquer les maux de la société, sans être pesante« 

Frédéric Cassoly et Clément Lemoine, les directeurs de la manifestation, ont vu cette tendance se développer au fil des ans. « La comédie est une bonne manière d’évoquer les maux de la société, sans être pesante », analysent-ils. Xavier de Choudens enfonce le clou : « On peut parler du délit de solidarité sans faire un acte politique. Je n’ai pas tourné mon film en banlieue pour me donner un genre. Mais parce que j’y ai grandi et que je la connais ».

Reste à comprendre les raisons de cet engouement. Il est clair qu’Intouchables, du duo Toledano-Nakache, en 2011, a ouvert une brèche. On pouvait parler de sujets graves avec intelligence et légèreté. Et en faire un triomphe public. Plus récemment, La finale, de Robin Sykes, abordait sans détour la maladie d’Alzheimer, quand Tout le monde debout, de Franck Dubosc, traitait de la place des handicapés. La tendance est forte donc, mais est-elle si récente ? De Rabbi Jacob à La crise, racisme ou précarité étaient déjà passés à la moulinette de certaines comédies dans les années 1970 et 1980. Comme le reflet amusé de la réalité d’une époque.

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