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Triple frontière – Ben Affleck : « À Hollywood, je dois encore me battre »

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L'acteur a eu des difficultés avec l'alcool. | © Netflix

Cinéma et Docu

Pour Netflix, l’acteur revient dans Triple frontière, thriller viril de J.C. Chandor, l’auteur de Margin Call

Des trombes d’eau s’abattent sur un Madrid bien gris mais cela ne semble pas entamer la bonne humeur de Ben Affleck. Il est visiblement heureux de parler enfin de cinéma après des déboires très médiatisés (il a suivi une cure de désintoxication pour alcoolisme). Son regard sombre, incisif, jure avec l’amabilité et l’appétit qu’il montre à entamer la discussion. Presque un résumé de l’artiste, révélé et primé, avec son copain Matt Damon, en 1997 pour le scénario de Will Hunting, à la fois récent propriétaire du costume de Batman et metteur en scène d’« Argo », qui lui a valu l’Oscar du meilleur film en 2013.

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Entre films d’auteur et blockbusters ratés, acteur ou réalisateur, Ben Affleck ne cesse de renaître. Et surtout de brouiller les pistes. Ce que fait d’ailleurs Triple frontière, qui oscille constamment entre film de guerre, thriller politique, western et survival où cinq vétérans des forces spéciales vont voler le magot d’un baron de la drogue sud-américain. « On lit rarement de tels scénarios avec tant de niveaux de lecture, se réjouit l’acteur. Ici, on parle aussi bien de résilience que d’amitié masculine et de politique, notamment la façon dont les États-Unis s’ingèrent dans les affaires internationales et traitent leurs soldats. J’ai fini par y voir des similitudes avec Argo, quand l’humain doit devenir plus fort que la géopolitique ».

« Je veux continuer à défendre des scripts et des auteurs, quel que soit le genre« 

Triple frontière est aussi un nouvel exemple de la crise hollywoodienne, un projet vieux de dix ans, annulé par le studio Paramount à quelques jours du tournage, avant d’être repris et produit par Netflix. Le nom de Ben Affleck n’y a rien changé. « Ne croyez pas que le fait que je sois connu, que j’aie plusieurs Oscars, facilite les choses aujourd’hui à Hollywood, explique-t-il, désabusé. Je dois encore me battre. Et des films au budget moyen comme Triple frontière ou même Argo deviennent difficiles à faire dans une économie qui nécessite un retour sur investissement toujours plus rapide ». Il a tourné avec les plus grands (Gus Van Sant, David Fincher, Terrence Malick), réalisé déjà quatre films (le dernier, Live by Night, centré sur les années 1920, a été un échec commercial) mais il persiste à vouloir tout faire.

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« En tant qu’acteur et réalisateur, je veux continuer à défendre des scripts et des auteurs, quel que soit le genre ». Ben Affleck, qui a raccroché définitivement le costume trop lourd pour lui de Batman, fourmille de projets, dont un remake de Témoin à charge de Billy Wilder. À propos de ses récents problèmes personnels, il dit ne pas s’ériger en modèle de vertu, « mais je peux briser certains tabous, je le fais volontiers. Dans ces moments, il faut se poser la question de savoir si ce qui arrive fait partie de ce que l’on est vraiment… ».

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