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Phoebe Waller-Bridge veut « dire les choses que les femmes ne disent pas ouvertement »

Phoebe

Phoebe Waller-Bridge, à droite. | © Capture d'écran Facebook

Cinéma et Docu

Qu’elle joue ou qu’elle écrive, il semble que tout ce que touche Phoebe Waller-Bridge se transforme en succès pour le moment.

Elle triomphe aux États-Unis avec la série Killing Eve, revient dans la deuxième saison de Fleabag et va reprendre le script du nouveau James Bond : la Britannique Phoebe Waller-Bridge se démultiplie, portée par un jeu décalé et une plume corrosive.

« PWB », c’est d’abord une allure. Celle d’une trentenaire élancée, qui frôle le mètre quatre-vingt, carré brun court, nez effilé, élégante, immanquable dans le paysage télévisuel. Il y a aussi cette voix grave, ce débit de mitraillette, ce rire toujours au coin des lèvres, qui habitent Fleabag, la série tirée de son one woman show éponyme et dont elle est l’héroïne. Derrière ce personnage, mélange très britannique, comme elle, d’une éducation impeccable et d’un sens aigu de la dérision, il y a une écriture affûtée, la sienne, qui explique son ascension bien plus que son seul jeu d’actrice.

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Dans Fleabag, dont la seconde saison sera mise en ligne le 17 mai sur la plateforme Amazon, Phoebe Waller-Bridge offre un cocktail détonnant d’humanité sans filtre, avec de l’humour irrévérencieux, du sexe, de la noirceur, mais rien de gratuit. « Mon idée de départ, c’était de dire les choses que les femmes ne disent pas ouvertement d’habitude », expliquait-elle dans un entretien au site Broadway World, début mars, avant une série de représentations de Fleabag, la pièce, à New York. « Nous faisons toujours comme si nous étions innocentes et adorables, ces petites créatures parfaites », disait-elle, « mais en réalité, nous avons beaucoup, beaucoup d’autres facettes ». Fleabag, jeune femme en révolte contre les conventions et contre elle-même, est fêlée, parfois auto-destructrice, mais son personnage ne tombe jamais dans la caricature. Phoebe Waller-Bridge « ne s’excuse pas de présenter une héroïne imparfaite », renchérit, dans un entretien à l’AFP, Andrew Scott, l’un des personnages principaux de la saison 2.

Killing eve
Phoebe Waller-Bridge aux côtés de Sandra Oh et Jodie Comer. © Capture d’écran Facebook.

Héroïne féministe

Ce ton est à ce point dans son époque que Canal+ a commandé une adaptation française, Mouche, avec Camille Cottin (vue notamment dans Dix pour cent) dans le rôle principal. Il n’en fallait pas plus pour que la Britannique soit érigée en héroïne féministe, régulièrement comparée à une autre scénariste et actrice, l’Américaine Lena Dunham, dont l’univers est pourtant très éloigné. « Parce que c’est une femme qui l’a écrite, on souligne que c’est une série féministe, mais je pense que parfois, cela sape le travail effectué », considère Andrew Scott. « Je pense que son talent et son don, c’est sa compréhension de l’humain ». Cette dimension féministe est aussi renforcée par sa propension à offrir à d’autres actrices des rôles denses, eux aussi plein de contradictions. C’est le cas dans Fleabag, où rayonne Olivia Colman, récemment oscarisée pour La Favorite, en belle-mère passive-agressive. Ou, dans la série Killing Eve, des actrices Jodie Comer et Sandra Oh, cette dernière ayant reçu un Golden Globe pour sa prestation.

Alors que la deuxième saison de Fleabag s’annonce et que celle de Killing Eve est actuellement diffusée sur BBC America aux États-Unis et Canal+ en France, Phoebe Waller-Bridge s’est déjà envolée vers d’autres horizons. Elle a été appelée au chevet du script du 25e opus des aventures de James Bond, à la demande expresse de 007 lui-même, à savoir le comédien Daniel Craig, qui voulait voir davantage d’humour dans ce film attendu en salle en avril 2020.

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Ensuite, viendra une nouvelle série, Run, commandée par HBO, écrite avec sa complice de toujours, Vicky Jones, et qui mettra en scène une femme en quête de réinvention. Pour Fleabag, c’en est sans doute fini, a-t-elle laissé entendre, après une seconde saison au ton moins abrasif.

Avec Belga

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