Bruxelles-Brussel, Une Traversée Urbaine : Le film qui nous fait déambuler dans les rues de Bruxelles

Bruxelles-Brussel, Une Traversée Urbaine : Le film qui nous fait déambuler dans les rues de Bruxelles

bruxelles, sans voitures

Lors de la Journée sans voiture, les habitants de Bruxelles se réapproprient les routes. | © Belga Photo / Hatim Kaghat

Cinéma et Docu

Pour la sortie du film ce mercredi au Cinéma Vendôme (à Ixelles), nous avons rencontré le réalisateur Luc Jabon qui raconte sa vision poétique de la rue à Bruxelles.

 

Depuis quand n’avons-nous pas flâné dans les rues de Bruxelles ? Pas juste « marcher dans la rue », mais lever la tête, admirer les bâtiments autour de nous, prendre le temps de regarder ce qui se passe…

Le film Bruxelles-Brussel, Une Traversée Urbaine, raconte l’évolution de l’espace urbain, et le rapport des habitants à leur quartier et aux rues. Plusieurs thématiques sont questionnées avec ce sujet. C’est le cas notamment des enjeux politiques, économiques, culturels, et sociétaux. Nous avons rencontré le réalisateur, Luc Jabon, afin d’en savoir plus sur cette ode à Bruxelles.

Depuis longtemps Luc Jabon voulait réaliser un long-métrage sur Bruxelles, sa ville natale où il y a vécu pendant de nombreuses années. Beaucoup de films existent déjà sur notre capitale, et il réfléchira pendant deux ans à un angle qui soit différent et surtout intéressant. « Les espaces urbains deviennent les héros du film » confie-t-il. Et pour se faire, Luc Jabon a interrogé une trentaine d’intervenants pour avoir de « multiples voix sans discours principal », se répondant les uns aux autres. C’est également la raison pour laquelle il a choisie de ne pas avoir de voix off, « ce qui aurait été contradictoire avec le projet qui est de montrer que la rue est hétérogène et transversale dans le temps ». L’absence de commentaires rend aussi le film plus poétique, un désir du réalisateur parlant de « la poésie de la rue ».

Dans ce film, Luc Jabon aborde différents aspects de la rue, en commençant par des informations historiques sur la ville. On y apprend notamment que les routes ont été créées au Moyen-Âge sur des axes Est-Ouest, afin de faciliter le commerce entre les villes de Bruges et de Cologne. Cette utilité médiévale est aujourd’hui toujours visible à travers les noms de rues, comme celle du « Marché aux Herbes », ou du « Marché aux Poulets ».

La répartition de l’espace public

La question centrale du film reste malgré tout de savoir « comment le citoyen se réapproprie l’espace urbain », et comment il donne vie à un quartier. Pour le réalisateur, il était important de parler de la place des femmes dans la rue. « Cela pose un problème démocratique majeur si les femmes n’ont pas la même place que les hommes », insiste Luc Jabon. Dans le film, Marie-France Zicot, formatrice au CEMEA (Centre d’Entraînement aux Méthodes d’Éducation Active), explique que les femmes ne font que « traverser l’espace public alors que les hommes l’occupent ». Elle développe en disant que les femmes vont seulement d’un point A à un point B, sans flâner, pour éviter d’être victime de harcèlement.

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« Ce qui est intéressant, et que j’ai découvert en faisant ce film, c’est le basculement qui s’opère en ce moment » confie Luc Jabon. Ce basculement, c’est la sortie de la voiture de l’espace public, et la réappropriation de la route par les piétons. « Comme il est dit dans le film, c’est seulement depuis les années 30 que l’on interdit aux piétons de marcher sur la route » explique le réalisateur.

Enlever les voitures de la route est donc un simple retour en arrière, comme à l’époque où les piétons pouvaient marcher librement sur la route. Et en effet, on remarque aujourd’hui un délaissement de la voiture pour la mise en place de zones piétonnes, comme dans le centre de Bruxelles par exemple, ou encore l’espace partagé de la chaussée d’Ixelles. Pour Luc Jabon, il faut « retrouver l’art de flâner, et de regarder autour de nous ».

Sortie au cinéma : mercredi 15 mai au Cinéma Vendôme
Diffusion à la télévision : lundi 27 mai à 21h30 sur La Trois

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