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Festival de Cannes : Les films en compétition officielle et leur bande-annonce

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La Palme d'or tant convoitée. | © Valery HACHE / AFP

Cinéma et Docu

Du 14 au 25 mai se déroulera la 72e édition du festival de Cannes, avec 21 films en compétition officielle, rassemblant de nombreux habitués de lu tapis rouge français tels que les frères Dardenne, Xavier Dolan, Pedro Almodóvar ou encore Ken Loach.

Avec cette 72e édition, le festival de Cannes met à l’honneur ses habitués et le cinéma de genre. Jim Jarmusch avec des zombies, les frères Dardenne avec leur cinéma social, Quentin Tarantino, inséré in extremis dans la compétition officielle avec du people sont de retour sur la Croisette. Ils monteront tous les « marches de la gloire » sous l’immense affiche déployée au fronton du Palais des festivals, où on peut observer Agnès Varda, décédée le 29 mars dernier, tourner son premier film, l’oeil rivé sur la caméra. « Une source d’inspiration pour nous tous », confiait Angelina Jolie rendant un vibrant hommage à la cinéaste à qui elle avait remis l’Oscar d’honneur en 2007. Agnès Varda était alors la première femme réalisatrice à recevoir une telle récompense.

En parlant de réalisatrices, le festival de Cannes en compte très peu en compétition. Après une édition 2018 sous le sceau du phénomène #MeToo, lors duquel il avait signé une charte sur la parité hommes-femmes, quatre films sur 21 sont dirigés par des femmes : les Françaises Céline Sciamma et Justine Triet, avec respectivement Portrait de la jeune fille en feu et Sibyl, la Franco-Sénégalaise Mati Diop avec Atlantique ainsi que l’Autrichienne Jessica Hausner pour Little Joe. Le délégué général du festival Thierry Frémaux a défendu cette sélection : « Il ne faut pas mélanger ce vœu de parité avec la question de la sélection. (…) Il serait irrespectueux de la part de tout festival de sélectionner un film parce qu’il est réalisé par une femme », a-t-il plaidé.

Réalisatrices ou réalisateurs, voici les 21 films présentés en compétition officielle, avec leur bande-annonce, dans l’ordre de projection.

The Dead Don’t Die de Jim Jarmusch

Le cinéaste qui en est à sa neuvième sélection ouvre le bal avec The Dead Don’t Die, une invasion de morts-vivants qui s’attaquent à la sereine petite ville de Centerville. Un scénario classique porté par un casting cinq étoiles : Bill Murray, Adam Driver, Tilda Swinton, Chloë Sevigny, Steve Buscemi et même Selena Gomez et Iggy Pop.

Les Misérables de Ladj Ly

À 39 ans, le réalisateur français concourt pour la Palme d’or avec son premier long-métrage Les Misérables, adapté de son court éponyme nommé aux César en 2018. Réalisé sans financement, son film relate le parcours chaotique de Stéphane, tout juste arrivé de Normandie, dans le 93. Il intègre la Brigade Anti-Criminalité de Montfermeil et fait la rencontre de ses nouveaux coéquipiers, Chris et Gwada, deux « Bacqueux » d’expérience. Les tensions entre les différents groupes du quartier se ressentent rapidement. Dans ce secteur, les dérapages sont fréquents. Alors qu’ils se trouvent débordés lors d’une interpellation, un drône filme leurs moindres faits et gestes. Ce département, Ladj Ly le connaît bien puisqu’il a vécu, grandi et fait ses armes en tant que réalisateur dans la banlieue déshérité de la cité des Bosquets. En novembre dernier, il y a ouvert, avec le collectif Kourtrajmé (Romain Gavras, Kim Chapiron, JR…), une école de cinéma gratuite et accessible sans condition d’âge ni de diplôme où les élèves se rêvent en « nouveaux Spike Lee ».

Bacurau de Kleber Mendonça Filho & Juliano Dornelles

Dans un futur proche, le village de Bacurau fait le deuil de sa matriarche Carmelita qui s’est éteinte à 94 ans. Quelques jours plus tard, les habitants remarquent que le village a disparu de la carte. Voilà le pitch bien mystérieux et étrange de Bacurau, le dernier film de Kleber Mendonça Filho, coréalisé avec Juliano Dornelles. Trois ans après Aquarius, en compétition en 2016, le cinéaste est bien décidé à porter haut les couleurs d’un cinéma brésilien en pleine tourmente sous le gouvernement d’extrême droite de Jair Bolsonaro.

Atlantique de Mati Diop

Mati Diop foulera pour la première fois les célèbres marches du Festival de Cannes en présentant son troisième film : Atlantique. Celle qui est déjà présentée comme la relève du cinéma sénégalais raconte ici l’histoire d’ouvriers du chantier de la banlieue de Dakar, sans salaire depuis des mois, qui décident de quitter le pays par l’océan pour un avenir meilleur. Parmi eux se trouve Souleiman, l’amant d’Ada, promise à un autre. Quelques jours après le départ des garçons, un incendie dévaste la fête de mariage de la jeune femme et de mystérieuses fièvres s’emparent des filles du quartier. Ada est loin de se douter que Souleiman est revenu…

Sorry We Missed You de Ken Loach

Trois ans après avoir remporté la Palme d’Or avec son Moi, Daniel Blake, Ken Loach est de retour avec son cinéma engagé. Le recordman des sélections au Festival de Cannes (avec seize films présentés, et six récompenses) revient accompagné de son fidèle scénariste Paul Laverty avec un nouveau long-métrage « au style kenloachien », promet Thierry Frémaux : Sorry We Missed You, dans lequel une famille de Newcastle se bat contre la précarité depuis de nombreuses années, et doit aujourd’hui éviter les pièges de l’uberisation.

Little Joe de Jessica Hausner

Habituée des sections parallèles de la Croisette, la réalisatrice autrichienne Jessica Hausner signe sa première entrée en compétition avec Little Joe, un récit d’anticipation où Alice, une phytogénéticienne chevronnée qui travaille pour une société spécialisée dans le développement de nouvelles espèces de plantes, conçoit une fleur très particulière, nommée « Litte Joe », qu’elle offrira même à son fils. Mais à mesure que la plante grandit, Alice est saisie de doutes quant à sa création : peut-être que cette plante n’est finalement pas aussi inoffensive que ne le suggère son petit nom.

Douleur et Gloire de Pedro Almodóvar

Après Tout sur ma mère (1999), Volver (2006), Étreintes brisées (2009), La Piel que habito (2011) et Julieta (2016), le réalisateur espagnol Pedro Almodóvar est de retour sur la Croisette avec Douleur et Gloire pour tenter de décrocher enfin la récompense suprême. Dans ce dernier film très personnel, Penelope Cruz incarne la mère de Salavador Mallo, double à peine caché du réalisateur interprété par Antonio Banderas. Comme souvent chez Pedro Almodóvar, la réalité se mélange à la fiction. Dans le film, Salvador, enfant, apprend à lire et à écrire à un jeune maçon illettré, comme le faisait Francesca Caballero, la propre mère du cinéaste, décédée en 1999.

Le lac aux oies sauvages de Diao Yinan

Avec Nan Fang Che Zhan De Ju Hui, le cinéaste chinois Diao Yinan renouvelle les codes du polar. Dans l’un des deux seuls films asiatiques en compétition – le festival de Cannes nous aura habitué à plus -, un chef de gang en quête de rédemption et une prostituée prête à tout pour recouvrer sa liberté se retrouvent au cœur d’une chasse à l’homme. Ensemble, ils décident de jouer une dernière fois avec leur destin.

Les Siffleurs de Corneliu Porumboiu

Prix Un Certain Talent grâce au Trésor en 2015, le réalisateur roumain continue son ascension au Festival de Cannes, en concourant en compétition officielle. Une première pour Corneliu Porumboiu grâce à La Gomera, qui suit les aventures d’un inspecteur de police de Bucarest corrompu par des trafiquants de drogue, est soupçonné par ses supérieurs et mis sur écoute. Embarqué malgré lui par la sulfureuse Gilda sur l’île de la Gomera, il doit apprendre vite le Silbo, une langue sifflée ancestrale. Grâce à ce langage secret, il pourra libérer en Roumanie un mafieux de prison et récupérer les millions cachés. Mais l’amour va s’en mêler et rien ne se passera comme prévu…

Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma

1770. Marianne est peintre et doit réaliser le portrait de mariage d’Héloïse, une jeune femme qui vient de quitter le couvent. Héloïse résiste à son destin d’épouse en refusant de poser. Marianne va devoir la peindre en secret. Introduite auprès d’elle en tant que dame de compagnie, elle la regarde. Avec ce film d’époque, présenté comme une fresque des sentiments et du désir, Céline Sciamma retrouve la comédienne et compagne Adèle Haenel, avec qui elle a déjà collaboré dans son premier film Naissance des pieuvres.

Une vie cachée de Terrence Malick

Le réalisateur ultra-secret est de retour sur la Croisette. Huit ans après sa Palme d’or pour Tree of Life, qu’il n’était même pas venu chercher sur la scène, Terrence Malick présente un film très attendu : Une vie cachée, qui suit le parcours de Franz Jägerstätter, paysan autrichien, refusant de se battre aux côtés des nazis. Reconnu coupable de trahison par le régime hitlérien, il est passible de la peine capitale. Mais porté par sa foi inébranlable et son amour pour sa femme, Fani, et ses enfants, Franz reste un homme libre. Inspiré de faits réels, Une vie cachée est un film sur la guerre qui raconte l’histoire de ces héros méconnus.

Le Jeune Ahmed de Jean-Pierre et Luc Dardenne

Lauréats de la Palme d’Or pour Rosetta et L’Enfant, les frères Dardenne sont des grands habitués du Festival de Cannes. Considérés comme les grands représentants du cinéma social européen, les réalisateurs belges ne s’éloignent pas de leur titre avec l’histoire du Jeune Ahmed, dans la Belgique d’aujourd’hui. À 13 ans, il est pris entre les idéaux de pureté de son imam et les appels de la vie. Jean-Pierre et Luc Dardenne deviendront-ils les premiers réalisateurs à décrocher trois récompenses suprêmes ?

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Frankie de Ira Sachs

Le cinéaste américain Ira Sachs fait cette année ses premiers pas à Cannes. Pour cela, il s’accompagne d’une habituée des marches : Isabelle Huppert qui interprète Frankie. Cette célèbre actrice française apprend qu’il ne lui reste plus que quelques mois à vivre. Elle décide alors de passer ses dernières vacances en famille à Sintra, au Portugal.

Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino

Probablement le film le plus attendu du Festival de Cannes, ou en tout cas celui qui aura fait le plus de bruit : le neuvième et avant-dernier Tarantino. Le réalisateur américain nous replonge dans le Hollwyood de 1969. Le mouvement hippie est à son apogée. Richard Nixon est élu nouveau président des États-Unis. Les émeutes de Stonewall débouchent sur un mouvement de lutte pour la libération des gays et des lesbiennes. Dans cette année charnière de l’histoire du pays de l’Oncle Sam, Hollywood fait aussi face à une métamorphose artistique. Au sein de cette industrie cinématographique qu’ils ne reconnaissent plus, la star de télévision Rick Dalton et le cascadeur Cliff Booth, sa doublure de longue date, poursuivent leurs carrières.

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Parasite de Bong Joon-ho

Après avoir déclenché le débat à propos de la légitimité de Netflix sur la Croisette avec Okja en 2017, le réalisateur sud-coréen Bong Joon-ho revient avec Parasite, un drame intriguant dans lequel deux familles, socialement et économiquement différentes, se retrouvent mêlées, suite à un incident, à une bien étrange histoire qui va tous les mettre en danger. C’est le début d’un engrenage incontrôlable, dont personne ne sortira véritablement indemne.

Matthias & Maxime de Xavier Dolan

L’histoire d’amour entre Xavier Dolan et Cannes continue. Sur huit films, six ont été présentés au festival français. Avec Matthias et Maxime, le prodige du cinéma québécois promet d’aborder les thèmes qui lui sont chers dont l’homosexualité et l’amitié. Après une paranthèse anglophone, Xavier Dolan signe un retour sur ses terres avec sa mère fétiche Anne Dorval. Le réalisateur y campe l’un des rôles principaux, Maxime, qui embrasse son ami d’enfance, Matthias, pour les besoins d’un court métrage amateur. Suite à ce baiser d’apparence anodine, un doute récurrent s’installe, confrontant les deux garçons à leurs préférences, bouleversant l’équilibre de leur cercle social et, bientôt, leurs existences.

Roubaix, une lumière de Arnaud Desplechin

Roubaix, une nuit de Noël. Le commissaire Daoud sillonne la ville qui l’a vu grandir. Voitures brûlées, altercations… Au commissariat, vient d’arriver Louis Coterelle, fraîchement diplômé. Daoud et Louis vont faire face au meurtre d’une vieille dame. Deux jeunes femmes sont interrogées, Claude et Marie. Démunies, alcooliques, amoureuses. De retour dans sa vie natale, Arnaud Desplechin dirigent dans ce thriller dramatique un casting talentueux mené par Roschdy Zem, Léa Seydoux et Sara Forestier.

Le Traître de Marco Bellochio

Avec Le Traître, le réalisateur italien Marco Bellochio brise dix années d’absence de la compétition cannoise. Pour son retour, le cinéaste se penche de nouveau sur le passé de son pays natal, en pleine guerre entre les parrains de la mafia sicilienne dans les années 80. Tommaso Buscetta, membre de Cosa Nostra, fuit son pays pour se cacher au Brésil. Pendant ce temps, en Italie, les règlements de comptes s’enchaînent, et les proches de Buscetta sont assassinés les uns après les autres. Arrêté par la police brésilienne puis extradé, Buscetta, prend une décision qui va changer l’histoire de la mafia : rencontrer le juge Falcone et trahir le serment fait à Cosa Nostra.

Mektoub, My Love : Intermezzo de Abdellatif Kechiche

Le réalisateur de La vie d’Adèle va-t-il rentrer dans le cercle fermé des réalisateurs récompensés par deux Palmes d’Or ? Difficile de savoir à ce stade-ci, puisque peu d’informations circulent sur le prochain film de Abdellatif Kechiche. Lorsqu’il a été annoncé en compétition, le réalisateur était encore en post-production du film le plus long du Festival de Cannes. En 4 heures, le réalisateur français racontera « une histoire fleuve et un portrait extraordinaire de la jeunesse des années 90 dont il a raconté les prémices dans son Canto Uno et dont on retrouvera les acteurs avec plaisir », résume Thierry Frémaux.

It Must Be Heaven de Elia Souleiman

Après Intervention Divine (Prix du jury en 2002) et Le Temps qu’il reste (2009), It Must Be Heaven marque la troisième nomination du réalisateur palestinien Elia Souleiman au Festival de Cannes. Dans ce récit autobiographique, le cinéaste, qui joue son propre rôle, revient sur son exil de la Palestine à la recherche d’une nouvelle terre d’accueil, avant de réaliser que son pays d’origine le suit toujours comme une ombre. La promesse d’une vie nouvelle se transforme vite en comédie de l’absurde. Aussi loin qu’il voyage, de Paris à New York, quelque chose lui rappelle sa patrie.
Un conte burlesque explorant l’identité, la nationalité et l’appartenance, dans lequel Elia Souleiman pose une question fondamentale : où peut-on se sentir « chez soi » ?

Sibyl de Justine Triet

La cinéaste française continue de nommer ses films d’après un prénom féminin. Trois ans après Victoria, Justine Triet retrouve Virginie Efira dans Sibyl, une ancienne romancière devenue psychanalyste rattrapée par le désir d’écrire. Alors qu’elle cherche l’inspiration, ses plans sont perturbés par l’arrivée de Margot, une jeune actrice en détresse, qui la supplie de la recevoir en tant que patiente. L’actrice belge partage ici l’affiche avec Adèle Exarchopoulos, Gaspard Ulliel et son compagnon Niels Schneider.

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