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Elle Fanning : « Je serai la voix de la jeune génération »

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La jeune actrice était sous le choc lorsqu'on lui a demandé de faire partie du jury. | © AFP

Cinéma et Docu

La conférence de presse du jury de la compétition est toujours le premier rendez-vous de tout festival qui se respecte.

L’ambiance était très studieuse lors de la conférence de presse du jury du 72e Festival de Cannes. Autour du réalisateur mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu, président de la troupe, beaucoup de prestigieuses personnalités du cinéma d’auteur – Pawel Pawlikowski, Alice Rohrwacher, Robin Campillo, Kelly Reichardt, Enki Bilal, Yorgos Lanthimos Maïmouna N’Diaye -, qui, espérons-le ne vont pas manger tout cru la jeune actrice talentueuse de The Neon Demon, Elle Fanning. Interrogée sur son jeune âge par rapport aux autres artistes qui composent le jury, la star américaine a répondu avec aplomb : « j’étais sous le choc quand j’ai reçu ce coup de fil, je n’y croyais pas, je n’y crois toujours pas. Je suis jeune mais j’ai commencé très jeune ma carrière d’actrice, j’ai même commencé avec le meilleur (sans doute une allusion à Babel d’Alejandro Gonzalez Inarritu). Je serai la voix de la jeune génération ».

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Le président Gonzalez Inarritu a exprimé « sa grande fierté d’être le premier président latino-américain de l’histoire du festival. Quand je suis venu à Cannes la première fois il y a 20 ans, pour Amours chiennes je n’aurais jamais pensé devenir président du jury. Le cinéma est puissant, il existe des formes d’expression incroyables, ce qui compte c’est l’expérience que propose un film. Voir un film sur grand écran c’est bien sûr autre chose que voir un film sur son ordinateur avec des écouteurs. Mais la France est une exception, elle protège son cinéma. Le plus important reste de voir les œuvres et Netflix capitalise dessus. Il y a deux cents ans, si jamais on avait dit à un mélomane que l’on pourrait écouter du Beethoven en conduisant une voiture, il aurait crié au scandale ».

Les politiciens écrivent des fictions et font croire que ce sont des faits

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Les membres du jury. ©AFP

Quel président sera-t-il ? Lui même l’ignore, car il n’est pas le président dans sa famille. Il veut « voir les films comme s’il ne connaissait pas les réalisateurs pour juger le film lui-même ». « Le regard des artistes est de comprendre le monde, de lui donner une sensibilité » a surenchéri le dessinateur de bande-dessinée également cinéaste Enki Bilal. Alejandro Gonzalez Inarritu a ensuite fustigé la politique de ceux qui jouent sur les peurs et notamment Donald Trump. « Cela porte préjudice aux personnes qui fuient la violence de leurs pays, qui meurent dans le désert ou se noient dans l’océan. Les politiciens écrivent des fictions et font croire que ce sont des faits. Les gens ignorants sont facilement manipulables ». « On connait l’histoire, on connait cette réthorique, a-t-il ajouté, et après la période grecque, l’Occident est retombé au moyen-âge ».

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Questionnée sur la place des femmes dans le jury (quatre sur neuf mais la parité est totale sur l’ensemble des jurys), la réalisatrice Alice Rohrwacher a expliqué que « ce n’est pas au dernier moment qu’il faut réparer les choses », et que c’était « toute une éducation qu’il fallait certainement revoir ».

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