Xavier Dolan : « Matthias et Maxime était une occasion d’essayer autre chose »

Xavier Dolan : « Matthias et Maxime était une occasion d’essayer autre chose »

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Xavier Dolan, le 23 mai 2019. | © Laurent EMMANUEL / AFP

Cinéma et Docu

Le réalisateur canadien Xavier Dolan a passé dix ans de sa vie à Cannes, avec six films, et une expérience de jury. Il est revenu sur son émotion de revenir sur la Croisette avec ses amis à l’occasion de la conférence de presse. 

 

Xavier Dolan connait bien le Festival de Cannes pour avoir tout connu sur la Croisette : « des victoires, des déceptions, des rejets, des triomphes, cela m’a transformé ». « Quand je repense à la présentation de J’ai tué la mère, j’étais emprunt de naïveté, je ne connaissais rien de Cannes, de cette atmosphère dichotomique, chaotique. Dix ans ont passé depuis, j’ai appris énormément, fait beaucoup de rencontres déterminantes. Le jury, a aussi été un passage très marquant pour moi, peut-être l’expérience la plus forte. » Ce jeudi, le prodige québécois était entouré de ses meilleurs amis et cela change tout. « J’ai la chance cette année de pouvoir le partager avec des gens que j’aime, leur faire vivre le bonheur, le vertige, le stress, le manque de sommeil qui m’habite depuis dix ans aussi (rires). Ce sont des gens avec qui j’aime vivre, et avec qui j’ai aimé créé et travaillé. »

 

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It’s a privilege to go back to Cannes. I am especially excited to go with Matthias and Maxime this time, a film on friendship, made with and amongst friends, and be allowed to share with those same friends the world, the place that’s given me so much joy, so much thrill over the past decade, since the premiere of I Killed My Mother. The experience promises to be as nostalgic as it will be new, and different, and I am looking forward to that. C’est un honneur de pouvoir retourner à Cannes. Je suis tout particulièrement heureux d’y emmener Matthias et Maxime, un film sur l’amitié, fait entre amis, et de pouvoir partager avec ces amis-là cet univers, cet environnement où j’ai vécu tant d’émotions depuis J’ai tué ma mère, il y a dix ans. L’expérience s’annonce aussi commémorative que différente et nouvelle, déjà.

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« Je ne vais pas passer ma vie à filmer des gens qui s’engueulent dans une cuisine »

Matthias et Maxime est un film de transition ? Plutôt d’une évolution. « Ce film était une occasion d’essayer autre chose, d’explorer une autre part de moi-même, avec davantage de retenue, je ne vais pas passer ma vie à filmer des gens qui s’engueulent dans une cuisine, je voulais naviguer dans les demi-tons, faire un film plus pastel. » Et il ne faut surtout pas croire que tout est improvisé au contraire. « Je n’ai jamais autant répété », a assuré Xavier Dolan. Pier-Luc Funk, Rivette dans le film, l’a confirmé. « Nous avons beaucoup préparé les scènes de groupe, le rythme des scènes », même si parfois « les répétitions se transformaient en soirée entre amis ». Plus sérieux, le cinéaste s’est aussi exprimé sur le cœur du film, le fait d’aimer sans se poser de questions sur sa sexualité. « J’aime beaucoup les personnages qui sont cruels parce qu’ils vivent mal en eux. J’aime les personnages qui ont des réactions fortes parce qu’ils ont une gêne en eux. Le film parle de jeunes hommes qui sont certains de leur identité depuis le début de leur innocence », a-t-il expliqué, soulignant combien la nouvelle génération abordait le sujet sans tabou. « C’est quoi être un homme, une femme ? », s’est interrogé le cinéaste qui signe avec Matthias et Maxime, un film sur le désir contrarié.

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