Festival de Cannes : Bong Joon-ho rafle la Palme d’or, les Dardenne repartent avec le Prix de la mise en scène

Festival de Cannes : Bong Joon-ho rafle la Palme d’or, les Dardenne repartent avec le Prix de la mise en scène

Bong Joon-ho et Alejandro González Iñárritu posent avec la Palme. | © CHRISTOPHE SIMON / AFP.

Cinéma et Docu

Le virtuose et inclassable Parasite du Sud-Coréen Bong Joon-ho décroche la Palme tant convoitée. Les frère Dardenne repartent (encore) avec une distinction, le Prix de la mise en scène, pour leur dernier long-métrage Le jeune Ahmed. Et la Belgique ne s’arrête pas là en empochant deux autres prix.

Le suspense était entier et la tension palpable ce samedi soir lors de la cérémonie de clôture du Festival de Cannes. Alejandro González Iñárritu, le président du Jury, a rompu le bruit et tué le stress en compagnie de Catherine Deneuve, et offert sa première Palme d’or au Sud-Coréen Bong Joon-ho (Okja, Snowpiercer) pour son film Parasite. « Merci beaucoup. Je suis très honoré, j’ai toujours été très inspiré par le cinéma français, je remercie Henri-Georges Clouzot et Claude Chabrol », a commenté Bong Joon-ho, premier cinéaste de son pays à décrocher la suprême récompense.

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Lors de sa présentation, Parasite avait séduit la critique, qui a applaudit un film virtuose et inclassable. “« Une merveille d’allégorie », selon Vanity Fair, « une remarquable réussite », pour The Wrap, Parasite dépeint la violence des inégalités sociales au travers d’un drame familial. Véritable expérience cinématographique selon la presse, il est « une comédie sans clowns, une tragédie sans méchants », explique le Hollywood Reporter. Voyez plutôt le trailer très alléchant (dans les salles le 5 juin prochain) :  

Les Dardenne comme d’habitude

Les frères Dardenne ont eux reçu le Prix de la mise en scène pour Le Jeune Ahmed. « Ce film est une ode à la vie« , a déclaré sur scène Luc Dardenne. « Alors que le populisme identitaire et les crispations religieuses montent, nous avons souhaité filmer un appel à la vie, ce qui est aussi la vocation du cinéma. » Avec Le Jeune Ahmed, sorti en salles mercredi, les Dardenne posent leur regard sur l’islam radical, à travers le parcours d’Ahmed, un préadolescent endoctriné par un imam fondamentaliste. Rosetta en 1999 et L’Enfant en 2005 leur avaient déjà valu deux Palmes d’or.

frère dardenne
Et encore un prix à Cannes pour le duo belge. © LOIC VENANCE / AFP.

La Belgique gâtée

Nuestras Madres de César Díaz, film belge francophone en espagnol, a lui remporté la Caméra d’or qui récompense le meilleur premier film toutes sections confondues. Le long métrage avait déjà remporté mercredi le Prix SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques) à la Semaine de la Critique, section parallèle du Festival consacrée aux cinéastes débutants.


La coproduction belge Atlantique de la réalisatrice franco-sénégalaise Mati Diop a remporté le Grand Prix. Fille du musicien Wasis Diop et nièce du cinéaste Djibril Diop Mambéty, Mati Diop s’offre avec Atlantique son premier long métrage, qui délivre un récit loin des clichés sur l’immigration clandestine. Le film est coproduit en Belgique par Frakas Production et a notamment bénéficié de l’aide du Centre du cinéma et de l’audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

stallone cannes
C’est Sylvester Stallone himself qui a remis son prix à Mati Diop. © Valery HACHE / AFP.

Antonio Banderas sacré

L’actrice anglo-américaine Emily Beecham a décroché le prix d’interprétation féminine, pour sa performance dans Little Joe de Jessica Hausner, dans lequel elle incarne une scientifique obsessionnelle et borderline. « J’ai reçu un coup de fil ce matin, j’ai vite fait ma valise, mais j’ai oublié ma brosse à dents ! », a déclaré la comédienne de 35 ans en recevant son prix des mains de l’acteur Reda Kateb.

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Le grand Antonio Banderas a décroché le prix d’interprétation masculine pour sa performance dans Douleur et Gloire, de son compatriote Pedro Almodovar, dans lequel il incarne un réalisateur plongé dans la dépression.

« Ce soir, c’est mon soir de gloire », a déclaré l’acteur sur scène, qui a rendu hommage à Pedro Almodovar. « Je le respecte, je l’admire, je l’aime, c’est mon mentor, et il m’a tellement donné que cette récompense doit lui être dédiée », a déclaré Banderas en recevant son prix.

Edouard Baer avait lancé les festivités en essayant de décontracter l’atmosphère comme d’habitude tendue : « S’engueuler, se battre, discuter, se réconcilier autour d’un film… Quel luxe incroyable dans cette époque !« 

Alejandro González Iñárritu, président du jury, a lui souligné dans son discours de clôture « la difficulté de donner si peu de récompenses à des gens qui méritent tellement. »

Le palmarès complet :

Palme d’or

Parasite – Bong Joon-ho

Grand prix

Atlantique – Matti Diop

Prix du Jury

Les Misérables – Ladj Ly

Bacurau – Kleber Mendonça Filho & Juliano Dornelles

Prix d’interprétation masculine

Antonio Banderas pour Douleur Et Gloire de Pedro Almodóvar

Prix d’interprétation féminine

Emily Beecham pour Little Joe de Jessica Hausner

Prix de la mise en scène

Le jeune Ahmed – Jean-Pierre et Luc Dardenne

Prix du scénario

Portrait de la jeune fille en feu – Céline Sciamma

Mention spéciale

It Must Be Heaven – Elia Suleiman

Caméra d’or (meilleur premier film)

Nuestras Madres – César Díaz

Palme d’or du meilleur court-métrage

The Distance Between Us And The Sky – Vasilis Kekatos

Avec Belga

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