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Green Planet : Bouli Lanners vous conseille 6 films à (re)voir sur les urgences environnementales

Vidéo Cinéma et Docu

Une sélection variée et de haute volée qui interroge nos modes de vie. De la question du nucléaire aux urgences climatiques, en passant par les aberrations liées à notre société de consommation, ce joli cru signé Bouli Lanners éclairera chacun d’entre nous.

Depuis le 20 juin et jusque ce samedi, le BRIFF (Brussels International Film Festival) fête le septième art dans la capitale. Au programme ? Que du bon avec des Invités prestigieux, une programmation lêchée et les Masterclass des plus grands (Michel Hazanavicius, Bertrand Bonello, Abel Ferrara). Une carte blanche bienvenue a été donnée à Bouli Lanners : l’acteur et réalisateur qu’on ne présente plus a choisi six films qui lui sont chers et offrent une vue d’ensemble des défis auxquels fait face notre planète. La réflexion sur le nucléaire, si chère au comédien, vient faire écho aux urgences environnementales quand notre société de consommation et le capitalisme sont également pointés du doigt. Passage en revue de six pépites dont le visionnage ne peut être que salutaire.

L’Île aux fleurs (Ilha das Flores) – Jorge Furtado (1989)

Ce petit chef-d’oeuvre du cinéma documentaire brésilien date déjà mais n’a pas pris une ride. D’une durée de 12 minutes, il aborde les raisons pour lesquelles les hommes doivent disputer leur nourriture à des cochons. Ours d’argent à la Berlinale en 1990, le film décrit le parcours d’une tomate depuis le champ de son cultivateur japonais jusqu’à l’Île aux fleurs, une décharge où se nourrissent les porcs, mais aussi les pauvres. L’impact documentaire et politique de ce film, qui tient à la révélation de l’existence de ce lieu où la survie des hommes passe après celle des animaux, fut et reste toujours remarquable. Il suscite une naturelle indignation qui en fait un must-see absolu.

Le film complet : 

Fukushima, Le couvercle du soleil – Futoshi Sato (2016)

Le 11 mars 2011, le Japon est secoué par un séisme, suivi d’un tsunami et de la triple catastrophe nucléaire de Fukushima. L’équipe du Premier Ministre, Naoto Kan, tente de faire face à cette situation. Que s’est-il passé réellement à la résidence du Premier Ministre au moment de la pire crise de l’histoire du pays ? La vérité a-t-elle été entièrement révélée ? Le film de Futoshi Sato tente de répondre à ces questions et nous montre comment le pouvoir peut être totalement dépassé par des événements dramatiques sur lesquels il n’a aucune maîtrise. En prenant le pari de la fiction, le long-métrage japonais, qui n’avait pas convaincu la critique à sa sortie, nous emmène dans notre dangereuse réalité. 

La route – John Hillcoat (2009)

L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres et on ne sait rien des causes de ce cataclysme. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d’une humanité retournée à la barbarie. Tiré du roman éponyme de Cormac McCarthy, Prix Pulitzer 2007, La route peut s’interpréter telle une allégorie de ce que serait la planète si nous ne changeons pas drastiquement notre comportement. Avec Viggo Mortensen et Charlize Theron, accompagnée par une B.O. signée Nick Cave, cette adaptation transforme l’essai et nous plonge dans un futur effrayant (et pourquoi pas visionnaire).

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Woman at War – Benedikt Erlingsson (2018)

Fable écologique au charme fou, Woman at War voit Halla, la cinquantaine, déclarer la guerre à l’industrie locale de l’aluminium qui défigure son pays, l’Islande. Armée de son arc à flèche, elle s’en va tirer au-dessus des lignes à haute tension pour provoquer un spectaculaire court-circuit … On ne vous en dira pas plus tant le récit proposé par Benedikt Erlingsson suprend et détonne. Petit thriller conté merveilleusement et teinté d’absurde, Woman at War suit le parcours d’une femme aux multiples facettes et nous interroge sur la nature humaine : ne sommes-nous pas plusieurs personnes à la fois ? Au fin fond des étendues sauvages islandaises, Erlingsson réussit le pari de mêler divertissement géniallissime et réflexion sur une société qui défigure ce qui nous entoure. À voir absolument.

Un héritage empoisonné – Isabelle Masson-Loodts (2018)

Dans les années 1920, la Belgique et la France se sont débarrassés des rebuts chimiques de la guerre 14-18 dans des territoires défavorisés. L’opposition des populations locales a été balayée par l’urgence des décisions et par les pressions exercées par les lobbies industriels et agricoles. Les habitants du nord du département de la Meuse subissent encore aujourd’hui les conséquences de l’amnésie qui a entouré la pollution de leurs terres. Or 100 kilomètres plus au sud, à Bure, d’autres citoyens luttent contre un projet de poubelle nucléaire. Alors qu’un siècle a suffi pour faire oublier le danger des pollutions héritées de 14-18, notre mémoire permettra-t-elle de préserver les générations futures de déchets qui resteront dangereux pour plusieurs millénaires ? Déni démocratique, enfouissement de la mémoire, dangerosité des déchets radioactifs : tels sont les éléments traités avec brio par la Belge Isabelle Masson-Loodts dans un film crucial.

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Sans lendemain – Dermot O’Connor (2012)

Percutant et superbement réalisé, ce film d’animation questionne notre mode d’exploitation des énergies fossiles et des ressources naturelles, ses conséquences au niveau planétaire et l’impasse où nous mène notre modèle de croissance. Véritable vulgarisation de notions scientifiques difficiles d’accès, Sans lendemain interroge l’avenir de l’humanité et nous renvoie à la viabilité de nos modes d’agricultures, d’alimentation et de consommation. En soulignant les incohérences criantes qui existent entre notre modèle de consommation et la finitude des ressources naturelles, Dermot O’Connor frappe là où ça fait mal tout en nous offrant une prouesse d’animation.

Le film complet : 

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