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Quand la France découvrait Lino Ventura, “le nouveau dur de l’écran”

Le nouveau dur de l'écran. | © François

Cinéma et Docu

Lino Ventura aurait eu cent ans, ce dimanche 14 juillet. À cette occasion, retour sur le premier rendez-vous de l’acteur avec Paris Match, en 1959. La France découvrait cet ancien catcheur en pleine reconversion professionnelle sur grand écran.

D’après un article Paris Match France de Clément Mathieu

C’est la naissance d’une étoile, même si ce n’est pas le premier mot qui vient à l’esprit en voyant ce bonhomme bâti comme une armoire. En 1959, la France découvre un certain Lino Ventura, né Angiolino à Parme, le 14 juillet 1919, et débarqué à Montreuil avec ses parents à l’âge de huit ans. L’ancien lutteur puis catcheur est alors en pleine reconversion professionnelle. Un peu par hasard, l’Italien avait fait ses premières armes sur grand écran en 1954. Pour Touchez pas au grisbi, le réalisateur Jacques Becker cherchait un gars solide. Lino est bien plus que cela. Sa carrière est lancée. À partir de 1957, il enchaîne jusqu’à cinq films par an. Presque toujours le même rôle : un dur, un vrai, un tatoué. Mais toujours en second couteau. En 1958, il tourne Le Gorille vous salue bien où il tient le rôle titre, et pour la première fois, le haut de l’affiche.

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Quand le stuidio le libère, il retrouve ses amis catcheurs. ©Jack Garofalo

« Pour le public, il est le ‘Gorille’. Pour ses producteurs, il vaut 20 millions », écrit Match en janvier 1959, qui consacre alors quatre pages de photos, accompagnées d’une brève présentation, à la nouvelle valeur sûre du cinéma français. Nos reporters François Gragnon et Jack Garofalo le retrouvent avec ses copains catcheurs, mais déjà les rôles musclés ne semblent plus l’intéresser. « Sa réputation de méchant depuis son dernier film, Le fauve est lâché, commence à l’inquiéter. On le montre du doigt dans la rue. Dans sa famille, c’est pourtant le plus doux des pères. S’il apprend le catch à son fils, c’est au son de ses disques préférés : Chopin et Beethoven ».

Deux ans plus tard, il monte dans Un taxi pour Tobrouk, puis entre dans la légende en 1963, comme l’oncle Fernand des Tontons Flingueurs. Suivront Cent mille dollars au soleil, L’Armée des ombres, Le Clan des Siciliens, L’aventure c’est l’aventure, L’Emmerdeur, Garde à vue,

ventura
Une réputation de méchant, mais un père attentionné. ©Jacques Garofalo

Voici le reportage consacré à Lino Ventura, publié dans Paris Match en 1959…

Par François Gragnon
Lino Ventura, 39 ans, ex-catcheur, est devenu le nouveau bagarreur de l’écran. C’est le concurrent n°1 d’Eddie Constantine. On compare déjà son jeu à celui de Jean Gabin. Pour le public, il est le “Gorille”. Pour ses producteurs, il vaut 20 millions. Sa réputation de méchant depuis son dernier film, Le fauve est lâché, commence à l’inquiéter. On le montre du doigt dans la rue. Dans sa famille, c’est pourtant le plus doux des pères. S’il apprend le catch à son fils, c’est au son de ses disques préférés : Chopin et Beethoven.

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