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Le cinéaste Jean-Pierre Mocky est mort

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Né Jean-Paul Mokiejewski, il a réalisé plus de soixante films. | © JOEL SAGET / AFP.

Cinéma et Docu

Le réalisateur Jean-Pierre Mocky est mort ce jeudi 8 août à l’âge de 86 ans, a annoncé sa famille à l’AFP.

Adepte d’un cinéma au ton satirique et pamphlétaire, l’enfant terrible du cinéma français s’est éteint ce jeudi. Il avait notamment réalisé Un drôle de paroissien, À mort l’arbitre ou encore Le Miraculé. « Jean-Pierre Mocky est parti tourner son prochain film avec Bourvil, Michel Serrault, Michel Simon, Fernandel, Jacqueline Maillan, Jeanne Moreau, Jean Poiret, Francis Blanche, Charles Aznavour et tant d’autres. Le cinéaste s’est éteint dans sa 91ème année à son domicile parisien, entouré de sa famille et de ses proches », ont indiqué Stanislas Nordey et la fille du cinéaste Olivia Mokiejewski, dans un communiqué adressé à l’AFP

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Né à Nice le 6 juillet 1933 de parents émigrés polonais – certaines biographies indiquent 1929 comme date de naissance, son père l’ayant vieilli pour lui permettre de voyager seul -, sa première apparition au cinéma fut comme figurant dans Les Visiteurs du soir de Marcel Carné, en 1942. Commence pour lui, après-guerre, une prolifique activité de figurant puis de rôles secondaires dans le cinéma français des années 1950 (Orphée, de Jean Cocteau, Le Paradis des pilotes perdus, de George Lacombe, Le Rouge est mis, d’Henri Decoin, Le Gorille vous salue bien, de Bernard Borderie).

Un inclassable du cinéma français

En 1959, il signe son premier long-métrage, Les Dragueurs, racontant la dérive de deux hommes, incarnés par Jacques Charrier et Charles Aznavour en quête de femmes à séduire dans les rues de Paris, avec une liberté de ton assumée. Le réalisateur trouve sa signature dans les comédies. En 1963 il sort Un drôle de paroissien, un film qui marquera sa carrière. Il y raconte l’histoire d’un aristocrate désargenté refusant de travailler. Son film Solo (1970) marque un tournant plus sombre et politique. Dans ce film, Victor est le chef d’un groupe d’extrême gauche responsable d’attentats contre la bourgeoisie. La bande-son est signée Georges Moustaki.

Après quelques échecs, Jean-Pierre Mocky réalise un autre de ses films cultes, Y-a-t-il un Français dans la salle ? (1982) avec Jacques Dutronc, Jacqueline Maillan et Michel Galabru. Il continue dans le registre comique avec Le Miraculé (1987) et Les Saisons du plaisir (1988), où la sexualité est abordée sans détours. « Jean-Pierre Mocky est un paradoxe. Il aura eu la particularité d’occuper une place impossible dans le cinéma français. Celle d’en être à la fois la marge et le centre, d’en être la nature même et sa critique radicale en même temps », analysait la Cinémathèque française en 2014.

De son vrai nom Jean-Pierre Mokiejewski, ce cinéaste inclassable œuvra également à la télévision en réalisant des téléfilms, dont deux séries de 2007 à 2013. Son film le plus emblématique restera À mort l’arbitre, sorti en 1984.

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Il a poursuivi sa carrière d’acteur régulièrement jusqu’en 2017. Il dirigea dans sa carrière les plus grands noms du cinéma français : Bourvil, Michel Serrault, Jean Poiret, Francis Blanche ou encore Michel Galabru.

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