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L’Opéra : documentaire sur la pointe des pieds dans les coulisses de l’Opéra de Paris

Sous couvert de filmer l'Opéra de Paris, Jean-Stéphane Bron réalise une émouvante comédie humaine | © Belga

Cinéma et Docu

Le prestige, l’effort, les sacrifices, la consécration. Le réalisateur suisse Jean-Stéphane Bron s’est glissé derrière le rideau de l’Opéra de Paris pour filmer les coulisses d’une institution qui fascine. Troublant d’esthétisme et d’émotion, L’Opéra sort cette semaine au cinéma. 

 

 
Jean-Stéphane Bron n’est jamais là où on l’attend. Après avoir filmé les ravages de la crise des subprimes sur la ville de Cleveland  Cleveland contre Wall Street, et suivi le politicien national-populiste suisse Christoph Blocher dans les coulisses de sa campagne pour l’Expérience Blocher, le réalisateur suisse a décidé d’emmener le spectateur dans les coulisses de l’opéra. et pas n’importe lequel : dans L’Opéra, Jean-Stéphane Bron lève le rideau sur l’Opéra de Paris. Une immersion fascinante filmée à une période de transition pour la vénérable institution parisienne.

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Acte I : Le danseur étoile

Benjamin Millepied est sculpté comme une statue grecque, et considéré comme un gracieux ovni dans le milieu très fermé du ballet où il (d)étonne avec sa manière de danser spontanée. Étoile du New York City Ballet durant dix ans, il s’est reconverti dans la chorégeaphie. Une trajectoire qui lui a permis de rencontrer son épouse, Natalie Portman, à qui il donnait la réplique dans Black Swan. Coup de foudre, mariage, bébé, et un déménagement ultra-médiatisé à Paris, où Benjamin Millepied a succédé à Brigitte Lefèvre en 2014 en tant que directeur de la danse. Un parcours digne d’un film d’Hollywood pour le danseur bordelais né à Dakar et propulsé au firmament de l’univers du ballet.

 

Destin hors du commun pour le danseur étoile Benjamin Millepied, de la scène aux tapis rouges – Belga

Acte II : Le chant du cygne

Jusqu’à sa démission, en février 2016. Découragé par la charge administrative qui freinait sa créativité, critiqué pour sa volonté de tout réformer, manquant d’expérience, Benjamin Millepied annonce son départ lors d’une conférence de presse. De quoi faire jaser en coulisses, et fournir une matière fascinante à Jean-Stéphane Bron, dont la caméra n’a pas raté une miette du départ de Benjamin Millepied et de l’organisation de sa succession.

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Entre les actes

À l’écran également : l’impact sur la compagnie des attentats du 13 novembre, l’angoisse de remplacer au pied levé un soliste malade, l’effrondrement d’une danseuse à bout de souffle au sortir de scène.  Mais aussi les coulisses de la production lyrique, à travers l’observation des répétitions des Maîtres chanteurs de Nuremberg, des réunions de l’équipe de ­direction ou du quotidien des membres du choeur et des maquilleuses.

 

Plongée en coulisses, du corps de ballet aux chanteurs en passant par les costumières et les maquilleurs -Belga

Grand Final

Car c’est là toute la force du documentaire de Jean-Stéphane Bron : ni ballet ni opéra, il joue plutôt une comédie humaine, à la découverte du fonctionnement d’une institution où l’agitation fourmille du sol au plafond, et où tous les protagonistes sont mus par la même exigence et le désir d’excellence. Nul besoin d’être un habitué des loges feutrées pour apprécier ce documentaire qui déroule les tranches de vie sous couvert de filmer l’Opéra. C’est touchant, émouvant, aspirant, et quand le rideau s’abaisse, on regrette qu’il n’y ait pas de possibilité de rappel.

 

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