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Action coup de poing : Des cinémas bruxellois appelés à déprogrammer J’accuse de Polanski

Des affiches "Polanski violeur impuni" sur les portes d'un cinéma bruxellois

Des affiches contre Polanski sur les portes d'un cinéma bruxellois. | © BELGA PHOTO NILS QUINTELIER

Cinéma et Docu

La polémique entourant Roman Polanski, accusé de plusieurs viols sur des femmes qui étaient alors mineures, s’affiche jusqu’à Bruxelles.

« Pédocriminel impuni », « Laisse les petites filles tranquilles », « J’abuse et vous financez » ou encore « Polanski violeur, cinéma coupable, public complice ». Plusieurs affiches aux messages percutants ont été placardées avec des photos de Roman Polanski sur les portes de trois cinémas bruxellois qui diffusent son dernier film J’accuse. Cette action coup de poing menée, selon la RTBF, par les collectifs Laisse Les Filles Tranquille et Paye Ton Tournage survient alors que le réalisateur est visé par une nouvelle accusation de viol par la photographe française Valentine Monnier.

Alors qu’ils exigent que son long-métrage soit déprogrammé, les militants ont également affiché la (longue) liste des victimes présumées du réalisateur polonais. Au total, douze femmes, la plupart mineures au moment des faits, l’accusent de viols. La plus connue étant Samantha Geimer, la première de toutes en 1977. Âgée de 13 ans, cette Américaine avait porté painte le 10 mars contre Roman Polanski, incuplé le lendemain pour six motifs : avoir fourni une substance prohibée à une mineure, s’être livré à des actes licencieux et de débauche, s’être rendu coupable de relations sexuelles illicites, de perversion, de sodomie et de viol. Un seul chef d’accusation fut retenu à son encontre après une négociation à l’amiable : les rapports sexuels illégaux avec une mineure, pour lesquels le cinéaste plaide coupable. Libéré après 42 jours de prison au lieu de 90, il a ensuite fui les États-Unis à la suite d’un changement de position du juge, qui risquait de le condamner à une peine plus lourde que prévue. Depuis lors, Polanski fait l’objet depuis d’un mandat d’arrêt.

Lire aussi > La première victime de Roman Polanski réagit aux accusations de Valentine Monnier

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© BELGA PHOTO NILS QUINTELIER

« L’indécence est à son comble »

Ce qui n’a pas empêché le réalisateur de recevoir de nombreuses récompenses et de sortir son dernier film J’accuse, en tête du box-office français malgré la polémique. « L’indécence est à son comble avec ce film sur l’affaire Dreyfus, symbole de l’injustice subie, que Polanski tente de s’approprier. Il est indigne et scandaleux de voir ce film sortir et d’en voir la promotion dans les médias et dans nos rues », dénonce le collectif à l’origine de l’action nocturne. « L’impunité dont jouit cet homme doit cesser. Le soutien considérable qu’il reçoit des membres de l’industrie du cinéma dans son ensemble doit cesser. La promotion, ou la volonté de faire la promotion de ses œuvres cinématographiques doit cesser. »

Sorti dans les salles dans un climat de tensions, J’accuse n’est également pas le bienvenu en France. À Paris, une quarantaine de féministes avaient réussi mardi dernier à empêcher son avant-première. La collectivité Est Ensemble, qui regroupe neuf communes de Seine-Saint-Denis, a décidé de le « déprogrammer » de ses six cinémas publics. « À titre personnel, je n’irai pas voir le film de Roman Polanski et j’appelle les spectateurs à faire de même », avait déjà déclaré Gérard Cosme, président PS de cet établissement public territorial, dans un communiqué envoyé avant le conseil de territoire. « Ce film sort dans un contexte dont on ne peut faire abstraction », avait-il ajouté en évoquant le mouvement #MeToo. « La promotion d’un film dont le réalisateur est soupçonné de violences à caractère sexuel, ne fait que raviver pour les victimes les souffrances passées et doivent interroger notre société sur la place que l’on accorde à un tel artiste. »

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