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« Hair Love » : Récompensé aux Oscars, cet émouvant court-métrage d’animation combat les stéréotypes avec justesse [VIDÉO]

hair love court-metrage

Papa a la pression. | © Sony Pictures Animation.

Cinéma et Docu

Oscar du meilleur court-métrage d’animation, il raconte l’histoire d’un père noir-américain qui apprend à coiffer les cheveux de sa fille. 

Update : Cet article publié le 7 décembre 2019 a été modifié après la victoire du court-métrage aux Oscars.

Visionné plus de cinq millions de fois sur Twitter, le superbe court-métrage Hair Love est devenu viral quasi instantanément. Produit par Sony Pictures Animation, il a été mis en ligne début décembre et les internautes le plébiscitent pour sa justesse. Imaginé par Matthew A. Cherry, un ancien joueur de la NFL, qui s’est allié pour l’occasion à deux vétérans du cinéma d’animation américain, Everett Downing Jr. (Là-haut) et Bruce W. Smith (La Princesse et la grenouille), tous deux anciens de Disney-Pixar.

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Récompensé de l’Oscar du meilleur court-métrage d’animation ce dimanche, ce film de six minutes raconte l’histoire d’un père noir-américain qui apprend pour la première fois à coiffer les cheveux de sa fille. « J’ai beaucoup d’amis qui sont de jeunes pères. Je voulais voir une jeune famille noire dans un film d’animation », a expliqué au New York Times Matthew A. Cherry., ajoutant qu’il voulait combattre les clichés : « Les pères noirs subissent les pires stéréotypes : nous serions des bons à rien, jamais présent. Les gens que je connais sont très impliqués dans la vie de leurs enfants. »

Acceptant son Oscar, Matthew A. Cherry a voulu attirer l’attention sur le Crown Act, une loi adoptée pour la première fois en Californie qui interdit la discrimination fondée sur les coiffures naturelles. « Hair Love a été créé parce que nous voulions voir plus de représentation dans l’animation, nous voulions normaliser les cheveux noirs », a déclaré le réalisateur et scénariste américain, avant d’évoquer le Crown Act. « Si nous pouvons aider à faire passer cette loi dans les 50 États, cela empêchera des histoires comme celle de De’Andre Arnold de se reproduire », ajoute-t-il, faisant ainsi référence à cet étudiant texan exclu de son école à cause de ses dreadlocks. Invité par l’équipe du court-métrage, le jeune homme de 18 ans était également présent aux Oscars.

Sony contre Pixar et Disney

Après le succès de Spider-Man: New Generation l’année dernière, Sony commence à s’imposer dans une catégorie longtemps dominée par Pixar et Disney. Très remarqué, Hair Love a été comparé à deux autres courts métrages de Disney-Pixar honorés aux Oscars : Sanjay’s Super Team (2015), sur l’opposition entre un immigré indien et son fils né aux États-Unis, et Bao (2018). Présenté cet été avec Toy Story 4, il raconte la difficulté d’une mère chinoise à voir son fils quitter le domicile familial.

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Financé en partie par une collecte sur Kickstarter, le projet avait déjà rencontré sur le site un grand retentissement, en obtenant plus de 200 000 dollars, de loin la plus grosse somme d’argent obtenue par un court-métrage sur la plateforme. Hair Love a été adapté en mai dernier en livre pour enfants, écrit par Matthew A. Cherry et illustré par le dessinateur Vashti Harrison.

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