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L’actrice Anna Karina, icône de la Nouvelle Vague, est morte à 79 ans

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La comédienne en 2018 lors du Festival de Cannes. | © LOIC VENANCE / AFP.

Cinéma et Docu

 

Née en 1940, Hanne Karin Bayer – de son vrai nom – a quitté le Danemark à 17 ans pour rejoindre la France, après des débuts timides dans le mannequinat, la chanson de cabaret et un court métrage. À Paris, elle se met en quête de petits boulots et va au cinéma pour apprendre le français. Repérée aux Deux Magots, elle rencontre la créatrice de mode Coco Chanel, qui l’incite à se doter d’un pseudonyme pour percer : désormais, elle sera « Anna Karina ».

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Nous sommes en 1957, et Jean-Luc Godard, alors critique aux Cahiers du cinéma, l’a également repérée. Il lui propose un petit rôle dans À bout de souffle, son premier long métrage. Mais Anna Karina décline poliment, refusant d’être filmée nue. « J’ai réalisé après coup que j’avais refusé un rôle dans un film majeur », raconte-t-elle.

Avec Le petit soldat (1960), film politique controversé en forme de déclaration d’amour à la jeune femme, Godard lui offre cette fois le premier rôle, celui qui va définitivement lancer sa carrière.

Un soir après le tournage, dans un restaurant de Lausanne, le réalisateur transmet un message sans équivoque à la comédienne qui dîne avec son compagnon : « Je vous aime. Rendez-vous à minuit au Café de la paix, à Genève ». « Il y avait quelque chose de magnétique entre nous. Il m’a fait passer ce petit mot sous la table. Je vais vous dire : je suis allée dans ce café », avait-elle raconté aux cinéphiles du Festival Lumière en 2017 à Lyon.

Visconti, Schlöndorff, Fassbinder…

Un an plus tard, en pleine idylle avec le réalisateur, Anna Karina décroche le prix d’interprétation au festival de Berlin pour le rôle d’Angela dans Une femme est une femme. Une autre partition écrite pour elle par Godard.

« J’étais ravie de faire ce film mais tellement impressionnée par les premiers jours de tournage que mes genoux claquaient. C’est Jean-Paul Belmondo qui m’a rassurée. », commentait encore l’actrice lors de sa masterclass à Lyon en 2017.

Au total, Anna Karina tournera jusqu’en 1966 une dizaine de films avec Godard. Le couple divorcera en 1964 après trois années d’une romance parfois houleuse. La suite de sa carrière s’est façonnée au gré de collaborations prestigieuses : Michel Deville, Jacques Rivette, Agnès Varda, mais aussi Luchino Visconti, Volker Schlöndorff ou encore Rainer Werner Fassbinder.

Sous le soleil exactement

La même année – 1967 – elle donne la réplique à Marcello Mastroianni (L’étranger) et dévoile ses talents de chanteuse avec Serge Gainsbourg (Sous le soleil exactement).

Cinq ans plus tard, elle tourne Vivre ensemble, son premier long métrage, écrit, produit et réalisé en quatre semaines. Elle le finance sur ses économies et en démarchant des producteurs sous un pseudonyme masculin, mais est vite démasquée. Un film intimiste – qui ressortira dans les salles au printemps 2018 – contant une histoire d’amour entre « un prof et une cinglée » dans un Saint-Germain-des-Prés bohème.

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Elle est morte d’un cancer à l’âge de 79 ans, a annoncé son agent ce dimanche 15 décembre.

Avec Belga

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