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Le boom du cinéma d’animation belge

Du 21 février au 1er mars, le cinéma d’animation prendra ses quartiers à l’espace Flagey, et pour la première fois, au Cinéma Palace. | © Vivement Lundi!

Cinéma et Docu

Le cinéma d’animation représente à lui seul 15 à 25% de l’activité cinématographique belge. Anima, le Festival International du Film d’animation, débute vendredi prochain, avec une programmation plus variée que jamais.

 

Par Marie Kneip (Stagiaire)

Du 21 février au 1er mars, le cinéma d’animation prendra ses quartiers à l’espace Flagey, et pour la première fois, au Cinéma Palace. Cette année, réalité virtuelle et focus luxembourgeois ainsi que scandinave sont au programme de ce safari animé. C’est l’occasion de découvrir des pépites internationales et locales, parfois en avant-première.

Le film d’ouverture, un long-métrage tout public, est une fable poétique belgo-franco-roumaine. L’extraordinaire voyage de Marona suit les aventures d’une chienne de rue amnésique. Suite à un accident, elle se retrouve envahie de souvenirs de tous ses anciens maîtres. Parmi les longs-métrages de la sélection adulte, le public découvrira notamment des productions d’Estonie, de Lettonie, mais aussi nipponnes. Away est l’épopée poétique d’un parachutiste à la recherche de la civilisation humaine. Dans The Wonderland, une jeune fille fera une rencontre inattendue. C’est Hippocrate, un alchimiste perdu trouvé dans le grenier de sa tante antiquaire.

En soirée, les courts-métrages seront sous le feu des projecteurs. « Best of shorts » rassemblera sept compilations de films différents, réalisés par des artistes internationaux. Les compilations « C’est du Belge », elles, matérialisent la volonté du festival de servir de tremplin aux productions nationales.

Un secteur qui explose mais des emplois précaires

L’Odyssée de Choum ©Le Parc Distribution.

Discret mais florissant, le secteur du cinéma d’animation belge se porte plutôt bien. Le journal Le Soir révélait son poids financier conséquent à l’occasion de la cérémonie des Magritte 2020. “L’animation sous toutes ses formes -2D ou 3D, traditionnelle ou de synthèse- représente 15 à 25% de l’activité cinématographique belge”, soulignait le quotidien. Le journal mettait néanmoins en lumière la majorité de contrats intérimaires par rapport au faible nombre de salariés. Un fossé causé par l’irrégularité des périodes de production.

Les séries Le Petit Spirou, Yakari ou Garfield et Cie vous évoquent-elles des souvenirs ? Elles ont été produites par le studio wallon DreamWall, un des principaux studios du pays. Il est principalement actif dans la production de séries et long-métrages, comme le film Zombillénium, qui a été nommé aux Césars 2017 et au festival de Cannes la même année. Doris Cleven, programmatrice du festival Anima, confirme. « Le secteur évolue tout à fait favorablement, les studios d’animation se multiplient. Tous les domaines qui gravitent autour de l’animation voient également de nombreux emplois se créer. En dehors du travail en studio, il faut compter l’apport technologique comme le son, le compositing (Ndlr: superposition de différentes images pour en faire un seul plan), les bruitages, etc. »

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Une trentaine de sociétés de production se partagent le marché belge, nous confie Wallimage, le fond d’investissement wallon pour l’audiovisuel. Très actif dans le soutien financier du cinéma d’animation, il aura soutenu six projets en 2019, long et court-métrages confondus. Heart of Darkness, un film sur les aventures d’un officier de la marine britannique, et cinq séries animées dont Le Petit Nicolas, Les Schtroumpfs, et Chien pourri.

Au niveau des formations, les écoles de la Cambre et Albert Jacquard côté francophone; Sint-Lukas School of Arts et le Kask (Koninklijke Academie voor Schone Kunsten) côté néerlandophone sont les principales pourvoyeuses d’animateurs.

Animation à 360°

 

© Gilles Moins

Cette année, le focus international se teintera des couleurs du Luxembourg. Deux studios ont particulièrement séduit les organisateurs : Melusine et le studio 352. « Malgré leur petite taille, ils jouent un rôle considérable dans le processus de co-production des long-métrages européens » explique Doris Cleven. Le studio Melusine présente cette année son film Zero Impunity. Avec ses airs de reportage d’investigation, le long-métrage se veut dénonciateur et engagé : il dénonce les séquelles destructrices des crimes sexuels commis en période de guerre. Le film incarne une tendance récente du cinéma d’animation qui est de mélanger animation et journalisme.

Pour la deuxième année consécutive, Anima renouvelle ses expérimentations technologiques en proposant des films en réalité virtuelle. Un programme d’une heure regroupant cinq films conçus pour être découverts en VR. On compte Gloomy Eyes, une romance impossible entre un petit zombie et une jeune humaine, ainsi que Songbird et The Lost Botanist. Pour les plus curieux, une conférence sur la réalisation de l’animation VR Gloomy Eyes se déroulera le 29 février en présence de son réalisateur.

Novice dans l’usage de cette technologie, l’équipe du festival s’est adressée à l’agence spécialisée Le goût des choses qui lui a fourni le matériel nécessaire. Dans les salles de visionnement, les spectateurs enfilent un casque qui leur offre une vue à 360° de l’oeuvre, et permet ainsi une immersion totale. L’expérience dure 50 minutes et sur les cinq court-métrages qui défilent, l’un d’entre eux ouvre le champ des possibilités en permettant des interactions. Une interactivité intéressante, qui brouille la frontière entre film et jeu vidéo.

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©DR

 

 

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