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#BlackCesars : Le cinéma français critiqué pour son manque de diversité

Eriq Ebouaney

Eriq Ebouaney, l'auteur du texte. | © MARCO LONGARI / AFP

Cinéma et Docu

Une trentaine de personnalités du cinéma ont signé une tribune contre le manque de diversité à l’écran.

Sonia Rolland, Olivier Assayas, Mathieu Kassovitz, Aïssa Maïga, Stomy Bugsy, Julien Leclercq, Firmine Richard, Gabrielle Lazure, Olivier Marchal, Eriq Ebouaney, Edouard Montoute, Jimmy Jean-Louis… Ils ont tous et toutes signé une tribune, publiée dans Le Parisien, pour dénoncer le manque de diversité dans le cinéma français, et demander une meilleure inclusion des artistes issus des Outre-mer et de l’immigration africaine et asiatique.

« Nous voulons ici pointer du doigt les paradoxes d’un pays, la France, qui nomme Spike Lee, un réalisateur et producteur afro-américain, président du jury du prochain Festival de Cannes, et qui en même temps maintient ses acteurs de couleur dans des rôles insignifiants qui ne justifieront jamais une quelconque nomination aux César », peut-on lire dans ce texte signé par une trentaine de personnalités, accusant le milieu du cinéma de ne pas donner à voir « la réalité et la diversité de la société française ».

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Non aux rôles secondaires et stéréotypés

C’est en partie la tribune des stars du cinéma contre le système « élitiste » et « fermé » de l’Académie, publiée dans Le Monde avant la démission de la direction, qui a motivé l’auteur de ce texte, Eriq Ebouaney. « Ces griefs sont légitimes et nous ne pouvons que les faire nôtres ! On aurait cependant apprécié que les signataires incluent dans leurs reproches à la direction des César l’absence des acteurs et réalisateurs issus de ce que l’on appelle par paresse et frilosité du langage la diversité ! », écrit l’acteur qui a notamment joué dans Lumumba, Femme fatale et Hitman.

Les signataires refusent catégoriquement de voir encore des professionnels du cinéma issus des immigrations et d’Outre-mer assignés « aux rôles secondaires et stéréotypés auxquels on les a longtemps cantonnés ». Ils prennent ensuite comme exemple le cinéma anglo-saxon qui n’hésite plus à donner des rôles principaux « à tous ses acteurs sans distinction de couleur ou d’origine et sans que cela ne nuise à sa qualité, bien au contraire ». Pour eux, « les succès au box-office des films Il a déjà tes yeux de Lucien Jean-Baptiste, Les Misérables de Ladj Ly, et les records d’audience sur Netflix des films de Kery James Banlieusards et Le Gang des Antillais de Jean-Claude Barny sont significatifs des attentes d’un public qui est bien plus en avance sur cette question de la représentation des minorités sur nos écrans que les institutions du cinéma français ». Les professionnels du cinéma veulent que ce dernier ouvre enfin ses portes, parce que « le talent, comme l’émotion, n’a pas de couleur ».

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