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Covid-19 : Hollywood au bord du gouffre

wonder woman 1984

Gal Gadot dans le deuxième volet de "Wonder Woman". | © Warner.

Cinéma et Docu

Les salles françaises ne devraient pas rouvrir avant mi-juillet. Et aux Etats-Unis, c’est tout l’été des films qui est compromis. Une catastrophe économique.

D’après un article Paris Match France de Fabrice Leclerc

De Pinocchio à Felicita, déjà reportés depuis plusieurs semaines, ils sont encore quelques-uns à maintenir leur date de sortie en juin, mais plus personne n’y croit vraiment. C’est un printemps sans films qui devrait se terminer en France puisque les salles de cinéma ne rouvriront pas leurs portes avant mi-juillet, dans le meilleur des cas. Aucune date n’est confirmée par les exploitants, mais la cause semble entendue. Il faudra attendre que la conjoncture sanitaire hexagonale le permette, que les mesures de confinement et de réunion soient adoucies pour aller se faire une toile. D’ores et déjà, quelques films à gros potentiel ont renoncé à leur sortie printanière (Police , avec Omar Sy et Virginie Efira, Chacun chez soi, de et avec Michèle Laroque) et laisseront leur place aux longs-métrages dont la carrière a été avortée début mars. À l’instar de La bonne épouse, resté quatre jours à l’affiche avant la fermeture des salles le 14 mars.

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Les cinémas français n’auront même pas un blockbuster américain à se mettre sous la dent pour doper les entrées. Soul, le dernier Pixar, qui devait être projeté au Festival de Cannes, déserte jusqu’en novembre. Tenet  de Christopher Nolan, attendu le 22 juillet, devrait suivre le même chemin. Si Wonder Woman 1984 s’est repositionné mi-août, toutes les autres sorties, de James Bond à Top Gun 2  ou Fast and Furious 9, ont été repoussées à la fin de l’année, et même jusqu’à l’été 2021. C’est bien un été blanc qui se prépare à Hollywood à la suite de la propagation de la pandémie aux Etats-Unis. Selon des analystes, les salles outre-Atlantique pourraient ne rouvrir qu’en août, massacrant ainsi la période la plus importante pour le cinéma américain, puisqu’elle concentre plus de la moitié des recettes de l’année, soit un manque à gagner de plus de 5 milliards de dollars.

Disney vient de contracter un emprunt de 5 milliards de dollars pour couvrir ses pertes

Si le gouvernement français a inclus les industries culturelles dans son plan d’urgence pour soutenir financièrement une filière entièrement à l’arrêt, Hollywood est au bord du gouffre. Pourtant robuste, le groupe Disney vient de contracter un emprunt de 5 milliards de dollars pour couvrir ses pertes, essentiellement celles des parcs d’attractions. Plusieurs milliers d’employés ont été licenciés dans les studios alors que les réseaux de salles réfléchissent à se déclarer en faillite.

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Mais la crise actuelle pourrait avoir plus largement de profonds effets sur l’avenir de la « consommation » des films. Disney a ainsi annulé la sortie cinéma d’Artemis Fowl de Kenneth Branagh pour le proposer directement sur sa plateforme Disney +. Et Universal vient de battre le record historique de ventes en vidéo à la demande avec Les Trolls 2, un film d’animation destiné à l’origine aux salles de cinéma. La France, elle aussi, est concernée, puisque Forte de Katia Lewkowicz a renoncé à sa sortie pour une diffusion directe sur Amazon Prime Video. Encore très marginales, ces décisions pourraient ouvrir la brèche d’une profonde évolution du médium cinéma à l’avenir. Reste à savoir si ce sera un mal pour un bien.

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