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À la télé ce soir : Quand Spielberg a traumatisé toute une génération (et réinventé le cinéma) avec un mythe populaire

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L'affiche culte d'un film majeur. | © Universal Pictures.

Cinéma et Docu

Avec Les dents de la mer, Steven Spielberg a inconsciemment signé le premier – et le plus magistral – des blockbusters, lançant une nouvelle manière de produire des films d’action à Hollywood. Hissé au rang de phénomène de la pop culture, ce chef-d’oeuvre du septième art est diffusé ce soir à 20h30 sur La Deux.

 

À le revoir, on mesure à quel point Les Dents de la mer – le premier, ses suites n’étant que de pâles copies – reste une œuvre intemporelle, presque parfaite. La discrétion techniquement imposée du requin à l’image, des acteurs justes et savamment dirigés par Steven Spielberg, une BO composée de main de maître par John Williams : tout – absolument tout – a convergé pour une réussite éclatante en 1975, année de sa sortie.

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Pourtant rien n’a été facile pour ce long-métrage au tournage apocalyptique, rencontrant problèmes techniques et balbutiements d’un scénario catastrophique à ses débuts. Le script ? Au milieu des années 70, au large de New York, sur l’île fictive d’Amity, charmante station balnéaire, la saison estivale est sur le point de débuter lorsque le corps d’une vacancière est retrouvé terriblement mutilé. Pour Martin Brody, le chef de la police, la jeune femme a été la victime d’un requin. Mais le maire, redoutant pour l’économie de sa ville, tente de minimiser la situation. Alors que l’été est à la fois synonyme d’argent, de consommation, d’enrichissement et d’insouciance pour la petite ville, la douceur de vivre est peu à peu remplacée par la peur de la mort…

« Voici le film d’horreur le plus joyeusement pervers jamais réalisé »

Si Jaws (son titre originel en anglais qui signifie « mâchoires ») est considéré comme « un grand film », c’est à cause – ou plutôt grâce – à un problème technique. Les trois faux requins fabriqués pour le tournage fonctionnant très mal dans l’eau de mer, Spielberg fut contraint de les montrer le moins possible. Le public imagine donc les requins plus qu’il ne les voit, générant un sentiment de peur encore plus puissant.

De plus, les victimes du requin sont montrées du point de vue du monstre, à travers son regard, principe largement utilisé depuis, mais que Spielberg fut le premier à manier de la sorte. Une combinaison incroyable qui a donné à la peur du requin en mer et son fameux aileron qui fend l’eau son éclat de mythe populaire, les jeunes et les plus vieux se voyant victimes d’un trauma collectif à sa vision dans les salles obscures. Encore maintenant, cet indémodable film d’horreur arrive à faire mouche malgré les effets spéciaux de l’époque.

Le film remporta trois Oscars, un succès reconnu par la profession, par le public et même par la critique. Le New Yorker de l’époque n’écrivait-il pas : « Voici le film d’horreur le plus joyeusement pervers jamais réalisé. »

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Les dents de la mer est aussi un film particulièrement radiophonique : quelques notes de sa musique, composée par le grand John Williams, suffisent pour l’identifier instantanément. Un classique à voir et à revoir tant son influence fut considérable sur le cinéma hollywoodien qui suivra.

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