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Elsa Zylberstein dans la comédie belge Adorables : « Il n’y a pas d’âge pour une crise d’ado »

Dans ce nouveau film, Elsa Zylberstein joue une psy très posée, vite excédée par les débordements de sa fille de 14 ans... | © Nicolas Schul

Cinéma et Docu

L’actrice française a ravi les internautes durant le confinement avec ses capsules « La Mytho du soir ». Comme pour faire le lien avec une actualité cinéma qui reprend. La voici en mère exaspérée devant les mensonges de sa jeune ado dans la comédie Adorables de la Belge Solange Cicurel.

 

Derrière sa beauté éclatante, Elsa Zylberstein n’est jamais en reste pour laisser libre cours à sa malice et sa fantaisie. Femme engagée – elle a initié, durant le confinement, avec la ville de Paris et d’autres comédiens, un projet d’appel téléphonique à des personnes âgées – elle accomplit tout avec un jusqu’au-boutisme tenace, y compris sa façon d’aborder chaque film et chaque personnage.

Dans Adorables, elle joue une psy très posée, vite excédée par les débordements de sa fille de 14 ans. À Lucien Jean-Baptiste d’incarner les pères apaisés.

Paris Match. Vous avez la réputation d’être très impliquée dans la construction de chacun de vos personnages. Ne concevez-vous votre métier que comme un dialogue permanent ?
Elsa Zylberstein. J’aime toujours découvrir les dessous d’un personnage. Ici, Emma est psychologue, prônant la non-violence mais il s’agit surtout d’une femme qui se laisse dépasser par sa fille, ses propres émotions, son éducation, ses rapports avec sa mère… Elle n’arrive plus à comprendre sa vie. Tout comme sa fille, elle fait une crise d’ado. Je considère ce film comme une comédie intelligente transgénérationnelle. Moi j’aime chercher avec un réalisateur, creuser la terre avec une pelle et une pioche, aller le plus loin possible. J’aime qu’il y ait un miracle à chaque scène. Quand je vois le génie des frères Dardenne ou le travail d’un acteur comme Olivier Gourmet avec qui j’ai travaillé récemment, ce sont des gens qui cherchent la vérité de l’âme humaine.

Vous l’avez maintes fois prouvé, vous avez une véritable fibre humoristique.
Je ne considère jamais une comédie en tant que telle. Je choisis un personnage, un film, jamais un genre. On me dit que je suis drôle mais je ne cherche pas à l’être. Une comédie comme un drame a son propre rythme. En fait, je suis une ancienne timide ce qui explique peut-être un certain phrasé, une rapidité dans la parole.

Vous collaborez très régulièrement à des films belges ou avec des acteurs belges. Avez-vous une affection particulière pour notre pays ?
Oh oui, j’ai tourné plein de fois en Belgique. Je trouve que les gens y sont tellement gentils. Professionnellement, le dialogue est toujours constructif. Ces derniers mois, outre Solange Cicurel, j’ai eu des expériences magnifiques avec Olivier Gourmet dans « Simone – Le voyage du siècle » d’Olivier Dahan où j’incarne Simone Veil et Stéphane De Groodt dans « Tout nous sourit » de Mélissa Drigeard, deux films qui sortiront prochainement. J’adore faire les antiquaires à Bruxelles. Et j’aime les speculoos de chez Dandoy !

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Ioni Matos, le « belge » découverte

Ioni Matos interprète la fille d’Elsa Zylberstein dans la comédie Adorables. ©DR

Elle y est allée au culot : passer un casting pour le rôle d’une fille de 14 ans alors qu’on en a que 11 ! Mais quand la réalisatrice a vu Ioni, elle a su qu’elle serait la Lila de son film. « Quand j’ai lu le scénario, j’étais carrément choquée, mon personnage fait des conneries énormes. Aujourd’hui, à 13 ans, je suis plus à même de comprendre les situations. J’entre dans l’adolescence et j’ai moi-même envie de vivre mes propres expériences. Le côté « Œil pour œil, dent pour dent » qu’on voit dans le film va très loin mais, heureusement, on ressent beaucoup d’amour dans cette histoire familiale. Quoi que chacun fasse, tout le monde s’aime, ce film transpire l’amour. »

Qu’est-ce qui pousse une très jeune fille à tenter une telle expérience ? « Je ne correspondais pas du tout au profil recherché et je ne savais pas dans quoi je m’embarquais. On m’a dit que j’étais beaucoup trop jeune mais ce n’était pas grave, j’étais décidée à passer l’essai, à aller jusqu’au bout. Et là, j’ai envie de continuer, de faire plein de films, je suis sur d’autres projets. Je suis Carolo mais je connaissais quand même Bruxelles, y tourner ne m’a pas déstabilisée. Le plus surprenant dans cette aventure a été de découvrir la bonne humeur qui régnait sur le tournage. Je pensais que les réalisateurs étaient très sévères alors que Solange est pétillante et souriante. J’ai eu un coach, Martin, qui m’a permis d’évoluer et je me suis laissé diriger. Tout le monde m’a beaucoup entouré. »

Adorables de Solange Cicurel avec Elsa Zylberstein, Ioni Matos, Lucien Jean-Baptiste, Hélène Vincent, Tania Garbarski… Sortie 29 juillet.

 

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