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Victor Meutelet (Emily in Paris), un parcours sans fautes

Victor Meutelet, nouvelle sensation du petit écran. Manteau et pull Samsoe & Samsoe, pantalon Woolrich. | © Ganaëlle Glume

Cinéma et Docu

Le petit écran a succombé à son charme autant qu’à son jeu, en faisant très rapidement une valeur sûre de ses séries à grande audience. Du Bazar de la charité à Emily in Paris en passant par Grand Hôtel et Le Mensonge, Victor Meutelet fait carton plein.

 

Invité comme juré au dernier Waterloo Historical Film Festival, le jeune comédien, de 22 ans à peine, gravit à toute vitesse les marches de la gloire en évitant de se brûler ses ailes de jeune premier. L’étudiant en économie prend la pose pour Paris Match, la tête et le cœur ente syllabus et scénarios.

Paris Match. Vous avez terminé des études de cinéma. Était-ce pour avoir une approche globale du métier ?
Victor Meutelet. Mon désir de devenir acteur est venu sur le tard. J’ai joué plusieurs petits rôles durant mon adolescence mais je ne rêvais pas encore de faire cela toute ma vie. Des études en Fac de cinéma représentaient une piste, un bon compromis entre obtention d’un diplôme, castings et tournages. Je complète ces études avec une Licence d’économie afin de m’ouvrir d’autres horizons. Je ne le vois pas du tout comme un Plan B mais comme un enrichissement dans un domaine qui m’intéresse vraiment, tout en me permettant de sortir de la bulle de cinéma qui peut s’avérer parfois oppressante.

Justement, la pression n’est-elle pas très forte aujourd’hui, le succès aidant ?
Je ne m’occupe pas des audiences mais je me rends bien compte que l’intérêt du public à mon égard augmente. Cela n’influe en rien mes choix. Tout ce qui compte est de lire un scénario qui me plaît avec un personnage que j’ai envie de défendre. Je ne peux de toute façon pas contrôler la réaction des spectateurs. Je suis évidemment content que le travail de toute une équipe, et en l’occurrence le mien, soient reconnus, pour le reste ce n’est plus de mon ressort.

Comment défendre un personnage grave ou tourmenté quand on a que 22 ans ?
Plus que de le défendre, il faut le comprendre. La pire des ordures n’est pas obligatoirement excusable. Mais il existe toujours une raison d’arriver à des situations extrêmes. Difficile de ne pas y mettre du mien dans chacune de mes interprétations, que ce soit pour certaines mimiques ou émotions. Mais, c’est vrai, je n’ai que 22 ans. Et la chance d’avoir grandi dans une famille aimante. J’ai d’excellents rapports avec mes parents, mes sœurs, mes grands-parents et n’ai pas vécu de grand drame personnel. Il m’est donc impossible de ne puiser que dans mon expérience. Je m’appuie donc sur les explications du réalisateur, des recherches, des lectures… Pour « Le Mensonge », j’ai pu discuter avec le vrai protagoniste dont s’inspire la série.
Lors d’un premier casting, je devais jouer une scène d’embrouille très violente et haineuse entre un fils et son père. Le directeur de casting me demandait de me rappeler ma dernière dispute de ce genre. Ben non, ça je ne connais pas ! Il n’est pas nécessaire d’avoir vécu les événements pour les jouer, heureusement… L’essence même du comédien est de construire son jeu à partir de mille petites choses.

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Romantique ou tourmenté, l’acteur s’essaye à tout. Pantalon Zilton et bouton de manchette  David Gotlib -Prado Blue. ©Ganaëlle Glume

« Je ne m’occupe pas des audiences mais je me rends bien compte que l’intérêt du public à mon égard augmente. »

On vous voit comme le jeune premier de la télévision française. Cette notion a-t-elle encore du sens pour vous ?
Le fait qu’on me considère comme tel ne me déplaît pas mais je n’ai pas envie qu’on me colle cette étiquette durant une bonne partie de ma carrière. À moi de faire les bons choix, de savoir dire non quand il le faut et de montrer l’étendue de mes possibilités. Le terme de jeune premier me revoie à des images d’Alain Delon à ses débuts, ou plus récemment de Matthew McConaughey qui a su sortir brillamment de son registre d’acteur de comédies au physique avantageux. Pour ma part, mes projets sont très différents et j’ai le plaisir d’exploiter pas mal de facettes.

Le public connaît désormais bien votre visage. Mais qui est Victor Meutelet ?
L’homme que je montre à travers mes films. Je reste discret et ne suis pas très présent sur les réseaux sociaux. Ma vie se partage entre mon métier et les tournages, mes proches, ma famille et mes potes, et le sport.

Un trait de votre caractère ?
Bosseur. J’ai conscience de ma chance, j’essaye de faire honneur à la confiance qu’on me témoigne dans chaque projet.

Jamais au bout de ses efforts, Victor mène de front études, tournages et… millions de téléspectateurs. Manteau Levi’s Strauss pull Barbour et pantalon Ziton. Boots Ermenegildo Zegna. ©Ganaëlle Glume

Vous vivez un nouveau succès retentissant avec Emily in Paris.
Ce qui m’a frappé dans cette expérience, c’est cette « Room d’auteurs » sur le tournage, à savoir six ou sept scénaristes qui écrivent en direct la suite des épisodes comme la transformation de scènes qui fonctionnent moins bien. Et je vous jure que ça marche ! C’est une manière de travailler particulière mais terriblement efficace. J’avoue, je ne m’attendais pas à un tel succès puisque le projet n’était pas initialement prévu pour Netflix. J’étais déjà très content de vivre cette expérience en anglais.

Quel est votre regard de jeune homme sur notre monde ? Avez-vous encore des rêves et des espoirs ?
Ce serait tellement triste, à mon âge, d’être déjà lassé ou blasé, ou même fataliste. Je reste très optimiste. La culture et le sport entretiennent l’espoir. Un film, une musique, un exploit, une compétition réunissant plusieurs pays véhiculent des symboles positifs. Pour ma part, je fais du triathlon, un bon prétexte pour retrouver mes potes et découvrir de nouveaux lieux. Ces moments de partage sont essentiels. Durant les JO, j’ai mon planning serré devant la TV, il ne faut pas me déranger !

Quels sont vos projets ?
La sortie l’année prochaine de la série « Les Aventures du Jeune Voltaire » où je joue Richelieu. Le tournage s’est déroulé en Belgique, notamment au Château de Beloeil. Mais pour l’heure, je pense surtout à mes examens partiels de 3e année d’économie que je passerai en février. Je ne le prends pas à la légère. Enfin, j’ai d’autres projets TV qui se dessinent. J’espère qu’ils plairont encore au public.

Le public a des certitudes que l’artiste n’a pas toujours.
Merci, cette phrase, je la prends, je la mets en poche et je la garde. Elle me rassurera à l’avenir.

Remerciements
Coiffure et Grooming par Les Nouveaux Ateliers by Romain à Uccle
RUE JOESPH STALLAERT 36 – 1180 Uccle
Remerciement au Mémorial Waterloo et au restaurant Bivouac de l’Empereur à la Butte du Lion

 

©Ganaëlle Glume
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