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Virginie Efira lumineuse pour « Benedetta »

Virginie Efira lumineuse pour "Benedetta"

Virginie Efira. | © Aurore Marechal / Abacapress

Cinéma et Docu

Benedetta offre un rôle majeur à l’actrice belge naturalisée française Virginie Efira, et en fait à 44 ans une candidate sérieuse pour un prix d’interprétation.

 

D’après un article Paris Match France de La Rédaction

Un cinéaste aussi provocateur qu’anticonventionnel de 82 ans, Paul Verhoeven, lance vendredi une grenade dégoupillée sur la Croisette avec Benedetta, thriller sur une nonne mystique et lesbienne qui scandalisa l’Italie du XVIIe siècle et promet d’électriser la compétition. Le film, très attendu, offre un rôle majeur à l’actrice belge Virginie Efira, et en fait à 44 ans une candidate sérieuse pour un prix d’interprétation. Elle est soeur Benedetta, jeune femme persuadée d’être en communication directe avec Jésus. Grâce aux miracles qu’elle semble accomplir, elle gravit les échelons dans sa communauté religieuse de Toscane, corsetée par la morale biblique (« Ton pire ennemi, c’est ton corps », lui dit-on le jour de son arrivée) mais qui n’échappe pas à la corruption, en pleine épidémie de peste.

Virginie Efira lumineuse pour "Benedetta"
Virginie Efira, Paul Verhoeven et Daphne Patakia. © Valery HACHE / AFP

Les choses basculent lorsqu’une jeune femme pauvre, violée par son père, soeur Bartolomea, trouve refuge dans le couvent et rentre dans les ordres. Entre les deux religieuses naît une passion amoureuse intense et charnelle, évidemment condamnée par l’Église. Benedetta résiste, forçant même Bartolomea à plonger ses mains dans l’eau bouillante pour la châtier puis succombe… avec la bénédiction de Jésus, qui la guide. Jeux de pouvoir, trahison et faux-semblants, jusqu’au bout Benedetta, tourné en Italie, tient en haleine : Virginie Efira, que Verhoeven avait repérée en la faisant tourner brièvement dans Elle, joue à merveille l’ambiguïté d’un personnage dont on ne sait si elle est possédée, ou une incroyable manipulatrice, qui aurait pu se causer elle-même les blessures qu’elle fait passer pour des stigmates.

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Fidèle à une réputation qui lui vaut le surnom du « Hollandais violent », le réalisateur, qui avait déjà secoué Cannes il y a près de trois décennies avec Basic Instinct (1992) et Sharon Stone en premier rôle, ou Elle (2016) avec Isabelle Huppert en femme violée qui se livre à un jeu pervers avec son agresseur masqué, n’épargne personne. Benedetta se montre aussi joyeusement blasphématoire, Verhoeven jouant avec les symboles religieux, dont un sex-toy artisanal taillé par les amantes dans une statuette de la Vierge, un détail livré par la véritable Bartolomea. Car l’histoire s’inspire d’un véritable procès d’une nonne lesbienne, qui s’est tenu au Moyen-Âge et dont les minutes, document rarissime, ont été conservées aux archives de Florence et redécouvertes par une historienne américaine, Judith C. Brown. En conférence de presse, le sulfureux cinéaste a d’ailleurs contesté toute volonté de blasphème. « On ne peut pas parler de blasphème à propos d’évènements qui se sont réellement déroulés », a-t-il expliqué.

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