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Découvrez La Ruche, un témoignage réaliste sur la bipolarité

Dans les rôles principaux, on retrouve notamment Ludivine Sagnier et Sophie Breyer. | © Lara Gasparotto

Cinéma et Docu

Avec en tête d’affiche Ludivine Sagnier et Sophie Breyer, La Ruche sort aujourd’hui dans les salles obscures belges. Éclairant et douloureux, ce film illustre des relations familiales parfois compliquées, mais toujours empruntes d’un amour inconditionnel. Rencontre avec son réalisateur liégeois, Christophe Hermans.

Il y a quelques années, Christophe Hermans a ouvert un roman intitulé La Ruche, et écrit par Arthur Loustalot. Il conte l’histoire de l’amour que portent trois filles à leur mère, au dépend de son état mental qui les entrainent dans une spirale infernale. « Je n’ai pas réussi à terminer le livre tout de suite, confie Christophe Hermans, une tasse de café à la main. Je voulais rencontrer l’auteur du livre. Quelque chose m’intriguait vraiment dans sa proposition. Je devais savoir pourquoi il l’avait écrit. » La rencontre entre les deux homme fut sans doute très intense. L’histoire écrite par Arthur avait directement touché Christophe dont l’enfance fut vécue au rythme des humeurs de sa mère bipolaire. La fiction d’Arthur lui permettait de le raconter au travers d’une adaptation du roman éponyme à son film, La Ruche. Mais finalement, il n’a repris que le concept au livre : un appartement, trois filles et leur mère.

Un air de documentaire

Christophe Hermans n’est pas un réalisateur de fiction, à première vue. A près de 40 ans, il a bâti sa carrière sur le film documentaire. Le Liégeois a raconté les histoires bouleversantes d’unités covid à travers En attendant la deuxième vague. Il a partagé le vécu d’un jeune homme en surpoids avec Corps étranger. Mais la fiction, c’est un autre monde. « Pour moi, la fiction, c’était trop compliqué. J’aime ne pas tricher, suivre les gens dans leur vécu, sans influer dessus.» Finalement, même dans son premier long métrage de fiction, on décèle un air de documentaire. « Les actrices ont créé une relation d’amitié avant tout. Je voulais qu’elles deviennent presque une famille. Il faut que ce soit vrai pour qu’on puisse y croire à travers un écran ».

Pour ce premier long métrage de fiction, le réalisateur s’est donc laissé inspirer par son travail antérieur. Pour lui, « Quand on vient du documentaire, le fond prime sur la forme ». Mais le travail réalisé par la réalisation est largement à la hauteur du jeu proposé par les actrices. « Toute la réalisation part d’une intention, complète Christophe Hermans. Celle de porter la honte. Quand on est enfant de parent bipolaire, ou ayant un trouble, on a tendance à se réfugier chez soi. On ressent des difficultés à communiquer avec l’extérieur, jusqu’à parfois rejeter cet extérieur. La Ruche, cet appartement, ce décors, a été pensé dans cette idée. »

Dans le rôle de Claire, Mara Taquin est épatante. pict.: Lara Gasparotto

Tourné dans un appartement dans la cité ardente, La Ruche met en scène les épatantes Ludivine Sagnier, Sophie Breyer, Mara Taquin et la très jeune talentueuse Bonnie Duvauchelle. Les actrices incarnent à merveille cette famille portée par un amour inconditionnel. Un amour puissant, qui fait face à leur quotidien étouffant. Avec La Ruche, Christophe Hermans a réussi son pari de transmettre un vécu authentique, une douleur difficile à communiquer mais toujours emprunte d’une douceur mélancolique. Il illustre, comme le réalisateur aime à la répéter, que « le corps de l’enfant est construit du bruit des parents ».

Retrouvez La Ruche, de Christophe Hermans, dans les salles de cinéma belges dès aujourd’hui. 

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