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Docu BXXL : quand Bruxelles raconte la vie d’artiste

Roméo Elvis partage son quotidien dans BXXL. | © BXXL

Cinéma et Docu

BXXL suit quatre rappeurs.es bruxellois.es : Roméo Elvis, Geeeko, Blu Samu et Smahlo. A travers leur quotidien et leur regard, on découvre un monde interconnecté, celui du rap belge. En quatre épisodes, on parcourt leurs galères, découvre leurs espoirs et vibre avec leur obstination.

 

Tourné en 2019, le projet BXXL a dû s’adapter à la crise du coronavirus. Mais la co-production France Télévision a réussi à se coller au contexte compliqué, tout en racontant cette vie d’artiste que beaucoup rêvent de mener. Robin Conrad, membre du groupe de hip-hop bruxellois L’or du commun, nous explique comment s’est construit ce documentaire authentique.

Paris Match. Comment le projet BXXL est né ?

Robin Conrad. L’idée n’était pas de faire un documentaire sur le rap belge, pour montrer ce qu’il est. Mais c’était plus de montrer une immersion dans la vie d’artiste en développement. Après, on voulait raconter cette vie d’artiste, et le rap a été un prétexte pour y arriver.

Vous avez commencé le tournage en 2019. Qu’est-ce que le Covid a eu comme impact sur le projet ?

A la base, on voulait raconter un milieu musical bruxellois où tout est interconnecté. On voulait raconter cette bienveillance, ces rencontres, ces festivités… Mais on a du se projeter dans quelque chose de plus introspectif, à cause du covid. La crise a débuté trois semaines après le début du tournage. Ca a exacerbé la solitude des artistes. Et puis le fait qu’il n’y ai pas de moments de célébration, surtout pour des artistes en développement, ça pose beaucoup de questions sur le job en lui-même.

BXXL suit quatre artistes bruxellois.

On a essayé de rester sur une histoire à raconter à propos du métier d’artiste, en insistant sur cette interconnectivité entre artistes. En pratique, le tournage a été compliqué. On a dû par certains moment arrêter de tourner pendant trois, quatre mois.

Comment vous avez choisi les artistes ?

Ca a été très progressif. On a eu besoin de trouver des artistes qui étaient prêts à se raconter. Ce n’est pas simple, ça prend de la place dans un quotidien d’être suivi pour un documentaire. On a tendance à penser que parfois, les gens oublient la caméra. Mais c’est juste qu’ils l’acceptent. On a choisi parmi les histoire qu’on sentait qui avaient envie d’être racontées, et celles qui en valaient la peine. On a terminé avec ce casting très éclectique.

Il y a beaucoup de fantasmes sur la vie d’artiste. C’est un métier incroyable, mais c’est quand même difficile.

L’idée était aussi de montrer les difficultés du métier d’artiste ?

Tout à fait. Il y a beaucoup de fantasmes sur la vie d’artiste. C’est un métier incroyable, mais c’est quand même difficile. Quand on parle de musique, il n’y a plus beaucoup de critiques. En terme de production audiovisuelle, on axe toujours sur la réussite. On donne une image idyllique de cette profession. Mais avec BXXL, on a voulu sortir de cela. On a voulu proposer quelque chose d’honnête sur la façon dont les choses se passent.

BXXL est disponible sur la plateforme RTBF audio

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