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Valérian de Luc Besson, aventure de synthèse saveur guimauve

Vidéo Cinéma et Docu

Le pari cinématographique de l’été est un triste raté qui s’est perdu en route, faisant craindre qu’il n’y ait vraiment plus rien à attendre de son réalisateur mégalo.

 

Le film s’ouvre sur une séquence génésiaque surtout marquée par la voix de David Bowie. « Space Oddity », est l’ode logique d’une odyssée intergalactique, mais un choix osé. Si en 2017, un an après sa mort, l’artiste repose désormais en bonne place au patrimoine culturel mondial, inconsciemment, on s’attend à ce que son appropriation cinématographique relève du génie – au moins.

Comme si Luc Besson avait voulu faire monter la pression d’encore un cran, lui qu’on attend pourtant au tournant après une série d’œuvres tristement décevantes. D’autant que pour certains, Valérian et Laureline étaient des intouchables. De ces héros qui devraient reposer pour l’éternité sous le blister d’une bande dessinée fondatrice. Malgré un casting populaire et des investissements financiers gigantesques – le film est le plus cher de l’histoire du cinéma français -, dans quel pétrin s’est fourré Luc Besson, lui et ses millions ?

©Valérian

Une sacrée guimauve, voilà dans quoi patauge Valérian et la cité des mille planètes. Alors bien sûr, l’aventure visuelle, elle, est au rendez-vous. Mais les plans chargés, les plongées vertigineuses à bout de souffle, les cités tentaculaires, la technologie débridée et une migraine oculaire ne sont que des subterfuges pour nous faire oublier l’humour très premier degré et les sentiments neuneus de ses personnages. Gentils, méchants. Garçons, filles. Amis, amants. Tout est si bien dit et rangé, si net : à l’mage de cet univers artificiel sans relief, et donc sans prise pour s’y accrocher. Là où l’on attendait de Valérian et Laureline impertinence, bizarrerie rafraichissante et une relative subversion – propre aux thèmes alors avant-gardistes de la B.D. originelle -, on trouve une interprétation simplette et désincarnée.

On glisse même avec ennui sur les acteurs étoilés du pari raté : Une Rihanna polymorphe ne vaut pas la cantatrice Maïwenn, Ethan Hawke n’a pas l’extravagance naturelle de Chris Tucker et mis à part Cara Delevingne – qui est à des années-lumière d’une Milla Jovovich – tous ne font que des apparitions météorites et superficielles dans le récit.

©Valérian – Le show de Rihanna, ou quand Luc Besson s’offre un trip Moulin Rouge et la pochette d’un prochain album, au détriment d’une véritable esthétique.

Triste love story

Mais dès les premières minutes du film, on est surtout saisi par le vrai objet de Valérian et la cité des mille planètes : le film n’est pas le récit d’une aventure spatiale, mais celui d’une vulgaire histoire d’amour impudique. Le seul pseudo-mystère scénaristique tourne-t-il vraiment autour d’un simple baiser de cinéma ? L’amour que ces deux héros de papier se portent est-il aussi creux qu’un trou noir ? Vraiment, Monsieur Besson ?

Pourtant, les 2h17 de film passent sans qu’on se soit réellement intéressé à sa montre, trop occupé à essayer de suivre l’action bondissante. Valérian est un film d’été : quand une salle de cinéma correctement ventilée semble la meilleure alternative à la canicule et que les plages de synthèse font oublier un instant l’ambiance morose des bureaux étouffants. On a levé quelques sourcils et yeux au ciel, mais on ne s’est pas ennuyé. Seule condition : débrancher son cerveau en s’asseyant.

Valérian et la cité des mille planètes, sortie belge le 26 juillet 2017.

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