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Alda Greoli et le cinéma belge : « Je ne suis pas favorable aux quotas »

Alda Greoli a succédé à Joëlle Milquet au poste de ministre de la culture, il y a plus d'un an. | © BELGA PHOTO THIERRY ROGE

Cinéma et Docu

La ministre de la culture Alda Greoli revient sur 50 ans de financement du cinéma belge, ses grandes fiertés et ses déboires en salle.

Vice-présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles (CDH), ministre de la Culture, de l’Enfance et de l’Education permanente, Alda Greoli répond à nos questions sur la baisse de fréquentation des salles obscures, la sous-représentation des femmes dans le cinéma belge, ce qui lie cinémas wallon et flamand, ce que pourrait devenir le 7e art dans un plat pays idéal, un royaume presque uni. Côté coup de foudre, on apprend que Les premiers, les derniers du Wallonissime et néanmoins très universel Bouli Lanners a ses faveurs.

Paris Match BE. La décision choc de Benoît Lutgen qui a décrété le PS infréquentable, brisant dans la foulée les accords de majorité passés en 2014 a engendré la crise politique que l’on sait. L’impact de ce remue-ménage s’est naturellement fait sentir au sein des cabinets. Comment vivez-vous la crise ?
Alda Greoli. Nous continuons à travailler sur les dossiers en cours. Tout ce qui devait passer comme décision avant les congés a été fait. On a agi au plus vite. C’est indispensable, dans l’ensemble des commissions qui dépendent de mes compétences de prolonger les commissions d’avis. J’ai déposé un décret qui doit partir au parlement. Nous avons aussi procédé à la liquidation de subventions qui doivent être finalisées le plus rapidement possible. Notamment l’opération Bouger les lignes, qui compte 40 actions suivant trois axes.
Que ce soit moi qui poursuive les missions présentes ou pas, il faut des contacts avec le terrain, j’écoute les revendications qui viennent du terrain et j’espère qu’un successeur éventuel sera conscient qu’il faut poursuivre ce travail. Le souhait de mettre fin à cette majorité  vient du CDH qui était quasi à l’unanimité soutenu à l’interne. Les membres demandaient ce changement. A la fois sur la manière dont nous étions amenés à gérer les choses par rapport au PS qui aujourd’hui court systématiquement derrière le PTB et s’éloigne de l’accord qu’on a pu forger. Mais aussi sur la manière dont ils sont englués dans les affaires. Dont l’affaire Mayeur.

Vous ne parlez pas de l’affaire du Samu Social.
Je ne l’appelle pas « affaire du Samu Social » car ça donne l’impression que le Samu Social en tant que tel a fomenté l’affaire. Alors que ce sont plutôt des individus qui ont mis la main sur un service utile à la population pour s’en servir et s’enrichir. Or le Samu Social c’est bien plus que cela. Ce sont des travailleurs qui font bien leur boulot. Ici, ce sont les dirigeants qui me posent problème. L’affaire Mayeur donc est révélatrice d’un rapport à l’État qui n’est plus supportable. Chacun doit avoir une colonne vertébrale dans l’objectivité de l’octroi des subsides, qui est loin du rapport à l’État qu’entretient le PS. Il le considère comme sa chose. M. Mayeur a été au-delà de la chose et a considéré l’État comme son portefeuille. La gouvernance, la place de l’initiative privée, le rapport à l’État me passionnent.

©BELGA PHOTO AURORE BELOT – La ministre en décembre 2016 à l’une des représentations du cabaret politique « Sois Belge et tais-toi ».

Parlons cinéma. Les films belges francophones ont moins de succès, si l’on s’en tient aux chiffres stricts bien sûr, que le cinéma flamand.
Les Belges francophones ont mis plus de temps à être fiers de ce qu’ils ont fait et de ce qu’ils produisent.

En général les films tournent trop vite.

Cela dépasse ici l’esprit « nul n’est prophète en son pays ». C’est lié aussi à l’influence et l’impact de pays voisins à la culture dominante. Du moins c’est le cas de la culture française par rapport à la culture belge francophone.
Les Flamands ont un esprit plus chauvin, ils vont voir leur cinéma. Ils ont un rapport de force avec un cinéma néerlandais plus équilibré que nous par rapport au cinéma français. Il existe d’ailleurs également un rapport de force entre la France et les États-Unis. Il n’est pas étonnant que le cinéma francophone belge, au regard de l’ensemble du marché, soit plus dilué que le cinéma flamand.
Par ailleurs, si je prends les deux dernières années, en 2015, un seul film passait les 200 000 entrées sur la Belgique et la France dans le champ des créations francophone alors qu’en 2016, il y avait eu un trio : deux films de Joachim Lafosse et un des frères Dardenne. Cela fait déjà une différence. En 2015, six films belges francophones étaient diffusés dans les salles françaises et en 2016, on en comptabilise 18. Donc l’air de rien, on a cette bascule qu’on attendait. Mais ce n’est pas gagné bien sûr, il faut entretenir le mouvement. C’est la raison pour laquelle on a réformé le décret, amplifié les aides et les soutiens à la promotion sous différentes formes, et conditionné nos soutiens au fait que les films restent plus longtemps en salle et que le bouche à oreille puisse dès lors mieux fonctionner. Certains films seraient soutenus sur la base d’au moins 100 ou 200 diffusions. Car en général les films tournent trop vite. Souvent, le temps de se décider à y aller et ils ne sont plus à l’affiche.

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Le phénomène des séries qui cartonnent en France aussi (La Trêve, Ennemi public) ont contribué à redorer si nécessaire le blason de la production maison aux yeux d’un public ample. Deux nouvelles créations sont très attendues : La Tchane, dramédie humaine de Jérôme Bidet et de l’ex-Snul et hyper talentueux Kris Debusscher (production Entre Chien et Loup). Dans cette adaptation de la série TV flamande Eigen Kweek, l’action a lieu dans la campagne wallonne. Une famille d’agriculteurs y cultive de la « tchane » (herbe) locale. On parle aussi de Social Killers, par François Verjans et Sylvain Dai (Les Films du Carré).
Le sentiment de fierté a priori moins développé du côté francophone est en train de gonfler. Le fait d’avoir un Fonds (FWB/RTBF) et d’avoir bénéficié d’un investissement sur les séries de qualité a permis de confirmer ce message que le francophone ne doit plus passer par Paris pour être fier de sa production made in Namur, Bruxelles, Liège ou Charleroi ! Nous avons établi une intervention et un subside potentiel à l’écriture. Le fonds des séries est bien alimenté. Nous avons aussi renforcé les soutiens aux courts-métrages et avons investi des moyens dans des premiers films d’étudiants qui sortent des écoles. Il ne leur est plus nécessaire de fabriquer un long-métrage pour être épaulés. Nous avons essayé de diversifier les aides en concertation avec le secteur, pour que ces idées qu’on voit poindre à foison soient soutenues.

©Ennemi Public – La série compte dans ses rangs Stéphanie Blanchoud, également chanteuse.

Le principe du tax shelter (la niche fiscale encourageant l’investissement dans des œuvres audiovisuelles) joue un rôle également dans l’appui au cinéma belge. Il est clair aussi que cet incentive favorise aussi, indirectement parfois, des initiatives étrangères.
D’abord, on a la chance aujourd’hui d’avoir plus d’argent que jamais dans ce domaine grâce à cet outil du fédéral que viennent compléter les outils communautaires et régionaux.
Ensuite, il est vrai que le tax shelter permet effectivement de soutenir également la confection de films étrangers ici. J’ai eu la chance d’aller brièvement au Festival de Cannes cette année. J’y ai rencontré mon homologue irlandais, une délégation du Chili. Nous avons signé des accords de coopération. Et nous avons travaillé avec des équipes du Québec. Le tax shelter stimule les coproductions et nous permet d’être attractifs pour un tas de pays. Grâce à lui, on s’ouvre à des marchés en Amérique du Sud, en Irlande, au Québec…
Je peux comprendre le raisonnement intellectuel qui articule cet argument de l’attraction pour les productions étrangères, mais dans la pratique, nous sommes clairement bénéficiaires. Ce qu’on n’aurait pas gagné sans le tax shelter est bien plus important que ce qu’on perd. De toute façon, je ne vois pas ce qu’on perd avec ce principe.

Avec Sven Gatz, nous n’avons pas de tabou.

Le cinéma ne manque-t-il pas d’initiatives communes entre les mondes francophone et néerlandophone ? On songe bien sûr par exemple aux deux cérémonies (Magritte et Ensor), c’est beaucoup pour un territoire aussi étroit.
J’ai déjà discuté avec mon homologue Sven Gatz. On peut travailler ensemble sans difficulté. Nous avons eu assez récemment une commission parlementaire commune. Nous nous voyons régulièrement parler du statut de l’artiste, pour voir comment porter les négociations avec le fédéral. À l’issue des cérémonies des Magritte et Ensor, on s’est dit que ça vaudrait la peine de monter quelque chose ensemble. Nous n’avons pas de tabou. L’idée est de développer de manière globale la qualité et la diffusion de la culture.

©BELGA PHOTO LAURIE DIEFFEMBACQ – Astrid Whettnall, Jean Dujardin et Virgiine Efira à la dernière cérémonie des Magritte.

Quels points communs voyez-vous entre le cinéma du nord et celui du sud du pays ?
Si je prends un film illustratif comme La merditude des choses (de l’excellent Félix Van Groeningen en 2009. NDLR) et Parasol (de Valéry Rosier, en 2015) du côté francophone, je retrouve de chaque côté un esprit très belge. Nous avons en commun une capacité d’autodérision assez aigu, et c’est heureux ! Nous parlons de la même manière d’une culture qui nous reste commune, c’est mon ressenti profond.

Les films belges sont-ils à vos yeux parfois trop « locaux ». Gagneraient-ils selon vous à travailler davantage sur l’universalité du propos ou est-ce un piège facile, et qui n’est en prime évidemment pas garant de résultat ?
On a des côtés universels. Les chevaliers blancs (2015, inspiré du dérapage humanitaire de l’Arche de Zoé) ou L’économie du couple (2016, les affres de la séparation dans un quotidien prosaïque) de Joachim Lafosse ne sont pas des films « belges » en ce sens qu’ils racontent quelque chose d’universel. L’économie du couple aurait pu être, sous certains angles, un film japonais. Bien sûr il a quelque chose de culturellement propre mais le scénario évoque une parole plus universelle par rapport au couple. C’est dans le rythme et la place du silence que j’évoque cette comparaison avec du cinéma japonais. Les premiers, les derniers (2016, l’histoire de deux chasseurs de prime dans une ville perdue où règne l’échec) de Bouli Lanners et Moi, Daniel Blake (2016, la galère d’un menuisier anglais contraint, après un pépin cardiaque, à s’en remettre aux services sociaux) de Ken Loach ne racontent pas la même chose mais leur approche peut être comparable.

Quels ont été vos derniers coups de cœur dans le 7e art belge ?
J’ai un coup de foudre exceptionnel pour Les premiers, les derniers de Bouli Lanners. J’aime l’image et le traitement des personnages, la lenteur du rapport à l’autre est magnifique. J’ai eu la chance de le voir au cinéma Versailles à Stavelot, en présence de Bouli et de son chien ! C’est un film à la fois universel, on l’a dit, et profondément wallon. J’ai adoré aussi Beyond the Mountains and Hills, le troisième long métrage de l’Israélien Eran Kolirin, une coproduction belge dont on peut être fier. C’est un film exceptionnel qui traite de la violence ordinaire en Israël.

©BELGA PHOTO NICOLAS LAMBERT – Bouli Lanners.

La promotion est cruciale. Avez-vous le sentiment que la culture se réduit dans les relais médiatiques traditionnels ? Les médias sociaux jouent-ils un rôle réel dans la sensibilisation d’un grand public à la culture dans tous ses états ?
Je n’ai pas ce sentiment et je ne suis pas personnellement sur Facebook. Peut-être qu’on ne parle pas de culture au café du coin, je conseillerais plutôt d’aller boire un verre par exemple au Grignoux (l’ensemble des cinémas liégeois Le Parc, Churchill et Sauvenière. Ils proposent les meilleurs films en VO, des concerts, des conférences-débats…). Il y a, au-delà de la démarche des médias, une « contamination » à donner à la population. Il faut donner à tous le goût de la culture au sens large.

Il faut pouvoir oser dire : il y a d’autres types de cinéma, allons-y !

Ça passe forcément par l’éducation.
Des leviers comme le contrat de gestion de la RTBF permettent de réfléchir à des créations de scènes jeune public qui seront retransmises à la télévision. Il y a des réflexes à acquérir dès la plus tendre enfance. Il est plus facile de pousser la porte d’un cinéma plutôt que celle d’un musée. Il faut pouvoir oser dire : il y a d’autres types de cinéma, allons-y ! Les enfants sont souvent connectés à la BD, qu’elle soit européenne « classique » ou de type manga, elle a inspiré des dessins animés exceptionnels. C’est aussi une porte d’entrée qui permet de susciter l’envie de cinéma, la boulimie de culture. Cette contamination doit avoir lieu dès les premières années.

Que dire du Brussels Film Festival, il est financièrement fragile. Est-il suffisamment large, suffisamment porteur, suffisamment soutenu ?
Nous avons en Belgique énormément de festivals. Le Fiff (Festival international du film francophone, à Namur) en est un bel exemple. J’espère qu’un jour il y aura un Festival de Bruxelles digne de ce nom. Il faut, pour l’identification d’un Festival à Bruxelles, un rayonnement au moins bilingue, voire trilingue et si possible international. Avec, au minimum, une programmation des trois communautés. Sinon, pour la programmation francophone, le Fiff fait son travail et le fait bien.

125 réalisatrices belges ont signé une pétition réclamant la parité dans la sélection des 50 films emblématiques des 50 ans d’existence de la Commission de sélection de films de la Fédération Wallonie Bruxelles. Pourquoi faut-il à ce point chercher la femme dans le cinéma belge ?
L’égalité hommes-femmes est une évidence pour laquelle je me bats. Il y a encore des combats à mener pour qu’elle soit effective mais je ne fais pas partie des gens qui croient aux quotas. Je ne voudrais pas que demain, à l’envers, on donne l’impression qu’on choisit des scenarii ou des producteurs sur le critère principal du genre ! Si les femmes écrivent suffisamment d’excellents scenarii, si elles les déposent sur la table, ils seront pris en considération.

©Facebook/Marie-Francoise Plissart

Le problème ne réside-t-il pas également dans le fait d’être ou non encouragé à déposer le projet sur une table ?
Je suis assez certaine de l’égalité pour ne pas avoir besoin de quotas. Maintenant, il est vrai que tout le monde doit jouer le jeu. Les projets arrivent, de femmes ou d’hommes, ils doivent être vus, auscultés avec la même attention bien sûr. On pourrait faire ce constat d’un manque de représentation féminine aussi dans la composition musicale classique ou la peinture par exemple. Il faut un éveil commun au droit de s’exprimer et ça se joue très tôt comme on l’a évoqué. Oui, un homme a le droit d’être un excellent coiffeur, oui une femme a le droit d’être informaticienne – j’en suis une -, ou réalisatrice… Il existes encore des tabous liés au fait qu’on s’exprime autrement. Or l’égalité des genres, ce n’est pas la volonté de gommer notre identité. Si on éduque les enfants sans tabous par rapport à la capacité de créer, on renforcera l’émergence de talents. Plus de femmes s’imposeront dans les métiers de l’art parce qu’elles auront appris à dépasser ce qu’on attend d’elles. Ce qui est typique à l’art c’est de briser les codes. S’il y a une chose fondamentale à laquelle je tiens, c’est de remettre le rapport à l’art et à la culture au cœur de l’éducation.

En développant l’apprentissage de certaines disciplines artistiques dans le cursus scolaire classique de base, de façon pragmatique comme le font certaines écoles américaines avec des cours de théâtre ou de sculpture par exemple?
Je ne connais pas bien l’enseignement américain. Les mathématiques et le français sont essentiels aussi bien sûr mais il faut réapprendre à oser s’exprimer sur un autre mode que celui de la connaissance. Il faut pouvoir n’avoir aucune réticence à pénétrer et utiliser le monde de l’art. Si les enfants grandissent dans cette optique, certains, de plus en plus nombreux, oseront être ce qu’ils sont, scénaristes, techniciens, auteurs, … Il y a deux manières d’enseigner et de rencontrer l’art et la culture : un cours dédicacé à l’expression créative, le dessin et le chant. Je ne trouverais pas anormal qu’on commence la journée d’école par 5 ou 7 minutes de chant pour poser la voix. Cela oblige à redresser la colonne vertébrale, à respirer correctement. Cela ne signifie pas que dans la formation d’instituteur il y ait une obligation de cours de chant, où qu’il faille être capable d’entonner un requiem ! Tout le monde n’est pas capable de chanter mais il est important de ne pas avoir peur de se lancer. On peut avoir de l’histoire de l’art, du dessin, de la danse. Et cela n’est en rien contradictoire avec l’enseignement des matières traditionnelles. Je suis une foutue matheuse… Quand vous connaissez la théorie des vecteurs et que vous allez dans une église, vous regardez un arc porteur ou boutant et vous allez comprendre la théorie des forces. Tout cela semble tenir en l’air miraculeusement ! Cela pour dire que la pratique est nécessaire dans tous les domaines, de même que la dimension transversale. A l’intérieur des cours dits classiques, il y a moyen d’incorporer des notions de culture et d’art.

©Black

Cinéma encore, les films faits par des immigrés de deuxième ou troisième génération sont encore trop rares. Il y a bien sûr les exemples trépidants des Barons ou de Black des jeunes cinéastes flamands d’origine marocaine, Adil El Arbi et Bilall Fallah. Faut-il encore de la patience pour voir l’émergence de nouveaux talents, ou faut-il encourager cette nouvelle reconnaissance par des coups de pouce ciblés ?
Dans des disciplines comme les arts de la rue, le rap, la mixité des origines culturelles est déjà bien plus présente. Elle favorise l’intégration. J’ose espérer que la mixité culturelle des origines va pouvoir s’affirmer plus encore qu’aujourd’hui sachant qu’il existe peu de Belges qui ont 25 générations de Belges derrière eux ! Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas être attentif, mais on n’en est pas au point de faire de la double ségrégation. Le Pacte d’excellence est une bonne voie à suivre, de même que le développement de la culture à l’école. Il ne faut pas accroître les différences, ni les banaliser.

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On songe à cette fameuse saison des Academy Awards en 2016. Les Oscars étaient trop « wasp », trop blancs. Les critères des récompenses traditionnelles doivent-ils évoluer, de même que la composition de certains jurys ?
Le problème ne peut être résolu par des quotas. S’il est démontré qu’il y a un problème d’objectivité dans certaines sélections, je veux bien m’y atteler. Si une seule personne ne choisit pas un acteur noir parce qu’il est noir, alors cette personne ne peut faire partie d’un jury, c’est une évidence. Il faut se poser la question suivante : quelles sont les conditions nécessaires à ce que ce soit la bonne personne qui soit gratifiée, récompensée. C’est essentiel. Il ne faut évidemment pas que les membres du jury soient empreints d’un biais politique sectaire. C’est là que ça doit se jouer : au moment de la sélection,et non pas du prix.

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