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Les grands compositeurs du septième art : John Williams, la marche impériale

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John Williams, légende vivante. | © DR.

Cinéma et Docu

De Jurassic Park aux Dents de la mer, en passant par le mythique thème de Star Wars, John Williams a marqué l’histoire du cinéma avec ses ambiances épiques et magistrales. Retour sur la carrière d’un monstre du septième art à travers notre série d’été sur ces hommes de l’ombre, troisièmes rôles magnifiques d’un art qui se joue aussi bien en images qu’en musique (3/7).

 

Il ouvre et clôture tous les films Star Wars avec une explosion de sons et absolument tout le monde en connaît les notes. Le « Main Title » de la franchise galactique est le plus célèbre des airs du cinéma, et pourtant il aurait pu ne jamais voir le jour. Son compositeur, le prolifique John Williams, n’était en effet pas le premier choix de George Lucas, qui avait peur de ses origines musicales trop jazzy. Mais le cinéaste se laissera convaincre par une autre composition mythique réalisée pour son pote Spielberg, la terrifiante bande originale des Dents de la mer.

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Spielberg, complice de toujours

Ces deux compositions vont forger la légende du New-Yorkais, de son nom complet John Towner Williams, né en 1932 et très tôt plongé dans le monde de la musique. Son père, percussionniste de profession et arrangeur pour la Radio CBS, emmenait régulièrement le futur maestro dans les studios d’enregistrements. Une plongée dans le monde de la création sonore qui ne fera que s’approfondir, menant le jeune adolescent d’alors à se spécialiser dans le piano jazz.

Après des débuts dans l’orchestration pour l’US Air Force et un passage remarqué à la prestigieuse Julliard School, Williams a alors 24 ans quand la bonne étoile frappe à sa porte. Il décroche un job de compositeur à la 20th Century Fox, fait ses gammes sur plusieurs films et on le remarque pour ses compositions symphoniques d’inspiration wagnérienne. Le premier Oscar de sa carrière tombe en 1971 déjà, pour Fiddler on the Roof, dont il aura adapté la musique. Plutôt précoce.

À partir de là, les contrats s’enchaînent et le jeune Steven Spielberg s’attache ses services. Les deux talents prometteurs ne se quitteront plus jamais et formeront l’un des binômes les plus cultes du cinéma. Avec Les dents de la mer, dont le morceau titre  est inspiré de l’ouverture du « Sacre du Printemps » de Stravinsky, Williams signe un puissant thème musical ostinato (répétitif) très simple mais diablement efficace. Une musique qui habille les prouesses cinématographiques de son acolyte cinéaste, et qui lance définitivement une carrière magistrale, avec déjà deux Oscars au compteur.

Plagiat ou pas, Williams touche les étoiles

La suite, on la connaît : Williams devient le compositeur des grands classiques du cinéma, à commencer par l’intégralité de la saga Star Wars. Outre le « Main Title », l’orchestrateur produit l’immense « Marche impériale » présente dans L’Empire contre-attaque, devenue la signature sonore de chaque apparition à l’écran de Dark Vador. Le titre serait selon certains une reprise de la « Marche funèbre » de Chopin en accéléré. L’influence de la musique classique dans l’œuvre de Williams sonne évidente et de nombreuses comparaisons ont fleuri au cours de sa carrière, certains allant jusqu’à l’accuser de plagiat.

Reste que le compositeur, certes très inspiré par ses prédécesseurs, arrive avec brio à reprendre des airs connus pour les moderniser et les allier avec les implications du septième art. Écoutons encore le sublime « Duel of the fates », révélé dans La Menace fantôme (1999) et vu par les spécialistes comme une pièce symphonique sans faille.

Un palmarès inégalable

N’oublions pas non plus, en dehors des thèmes de Star Wars, ses compositions totalement originales pour les classiques que sont Superman, E.T. ou Indiana Jones. Que dire encore de la chanson titre de Jurassic Park, qui marquera une génération de plus en 1993 avec ses symphonies à la fois entraînantes et mélancoliques. Difficile de faire plus épique.

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Dans l’escarcelle du prolifique maître Williams, on retiendra encore les compositions enchanteresses de la saga Harry Potter, la bouleversante B.O. de La Liste de Schindler (Spielberg), mais également celles de Furie (De Palma, 1978) et J.F.K (Oliver Stone, 1991). De foisonnantes collaborations qui auront rapporté une moisson de récompenses pour le boss incontesté des compositeurs au cinéma.

John Williams a remporté cinq fois l’Oscar de la meilleure musique, mais aussi 4 Golden Globes, 7 BAFTA Awards et 21 Grammy Awards. Avec 52 nominations aux Oscars, il est la deuxième personne la plus nommée après Walt Disney.

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