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Les grands compositeurs du septième art : Alexandre Desplat, le frenchie qui a conquis Hollywood

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Alexandre Desplat. | © DR.

Cinéma et Docu

Depuis son premier long-métrage en 1985, le musicien a bondi d’un univers à l’autre, des films intimistes de Jacques Audiard aux super-productions comme Harry Potter, en passant par l’univers surréaliste de Wes Anderson. Portrait de ce grand monsieur du cinéma dans notre série d’été sur ces hommes de l’ombre, troisièmes rôles magnifiques d’un art qui se joue aussi bien en images qu’en musique (5/7).

 

Ce n’est pas pour rien qu’Alexandre Desplat est lauréat de deux Oscars – pour The Grand Budapest Hotel et La Forme de l’eau – et trois Césars en quarante ans de carrière. Aussi à l’aise dans les productions made in France que pour le cinéma hollywoodien, le compositeur de 61 ans confie aimer se « mettre en danger ». Depuis ses premières compositions, à seulement 24 ans, pour Ki lo sa ? de Robert Guédignan et Le Souffleur de Frank Le Wita, le musicien passe d’un univers à l’autre avec une aisance déconcertante.

La musique comme chemin

Au contraire de nombreux de ses acolytes faiseurs de sons pour le septième art, Desplat préfère attendre de voir les images tournées que de se fier seulement au script d’un film: « J’ai besoin d’observer comment la caméra se déplace, comment les acteurs prennent la lumière, comment ils disent leur texte », confiait-il cette année à l’AFP. En ressort dans ses compositions une écriture musicale nouvelle pour le cinéma, où le symphonisme est ponctué de minimalisme ici et là.

Les bandes originales sont, comme il l’affirme encore, des « rivières souterraines qui accompagnent le film sans que l’on sache toujours par où elles passent » et dont l’absence « assècherait l’oeuvre ». Mais parfois la magie n’opère pas, avoue volontiers l’infatigable bosseur : « Il m’est arrivé d’accepter des films qui étaient ratés, c’est comme ça. C’est un métier, on ne peut pas changer d’avis pour un loupé»

Élevé par des parents férus de musique classique, il apprend très tôt le piano, puis la trompette, et même la flûte dés ses 9 ans. « J’ai rencontré un professeur qui était comme un deuxième père. D’une grande douceur et d’une grande bienveillance. Quand on tombe sur un professeur qui décèle une sensibilité et qui aide à la développer, c’est fantastique », se rappelle-t-il.

Prolifique

Adolescent, il découvre le cinéma « d’une manière plus passionnelle » et se souvient d’une attirance « instinctive » pour la rencontre des images et de la musique. À l’époque, il passe « des heures » devant ses VHS pour comprendre comment les mélodies « apparaissent » dans la bande-son, « sans qu’on s’en rende compte ou au contraire avec une violence soudaine ».

Après vingt ans à la conquête du cinéma français, le compositeur a entamé en 2004 une carrière internationale, propulsé sur le devant de la scène américaine par sa nomination aux Golden Globes pour la bande-originale de La Jeune Fille à la perle. Et à Desplat d’avouer volontiers son rêve devenu réalité : « Ce film m’a ouvert un autre champ, dont je rêvais, celui du cinéma américain. Mes parents se sont connus en Californie et c’est resté le paradis perdu. Ça, plus ma fascination du cinéma de Scorsese, Coppola et Spielberg»

En signant quasi une centaine de bandes originales tout au long de sa carrière, Alexandre Desplat a inventé de nombreuses mélodies qui nous trotteront inlassablement dans la tête, et conquis tous les genres de cinéma qu’on affectionne tant.

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