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12 choses à savoir sur Blade Runner et sa suite ultra-attendue

Vidéo Cinéma

Récit de science-fiction majeur, Blade Runner connaitra bientôt une suite avec Harrison Ford et Ryan Gosling, sous la baguette de Denis Villeneuve. Des visions de Ridley Scott à sa nouvelle B.O. alléchante, en passant par l’origine de son titre : tout savoir sur l’un des sequels les plus attendus de 2017.

 

Qu’on aime ses gratte-ciels poussiéreux, sa pluie sombre et ininterrompue, ses néons putassiers et Harrison Ford en chasseur paumé de « répliquants » ou qu’on déteste sa bande-son qui introduit le synthé romantique, ses cabrioles destructrices à travers des murs, ses engins volants et son univers lugubre et surréaliste, Blade Runner est une œuvre culte. De celles auxquelles on ne croyait pas, avant qu’elles ne grimpent toutes seules au panthéon de l’histoire du cinéma. Et l’adaptation d’un roman court et percutant, bébé d’un auteur fondateur, verra bientôt une suite s’afficher dans les salles et sous les feux de la critique, forcément piquante, de tous ceux qui en attendent beaucoup – trop.

Blade Runner 2049 sortira le 4 octobre chez nous et se pare en plein milieu de cet été 2017 d’un nouveau teaser excitant. En attendant les plus de deux heures de réjouissances et de déceptions du film, nous voilà coincés avec deux minutes trente de vidéo syncopée – et douze anecdotes plus ou moins connues sur l’univers de Blade Runner.

Sony Pictures/Blade Runner 2049 – Harrison Ford et Ryan Gosling se partagent l’affiche de Blade Runner 2049.

Une extension, pas une suite

Le Blade Runner de Ridley Scott ayant déjà pas mal extrapolé autour de l’œuvre originelle de Philip K. Dick, on ne peut pas vraiment dire que Blade Runner 2049 sera une suite de son Do androids dream of electric sheeps. Denis Villeneuve, le réalisateur du nouvel opus, préfère parler d’« extension ». « J’ai toujours été attiré par les films de science-fiction ayant une signature visuelle qui vous entraîne dans un monde parallèle unique, et Blade Runner est ce qu’il y a de mieux en la matière. Ridley Scott a eu l’idée géniale de mêler SF et film noir afin de créer cette exploration unique de la condition humaine. Ce nouveau Blade Runner sera une extension du premier film plusieurs années après », a-t-il expliqué.

30 ans

Les dates ont toute leur importance dans l’univers de Blade Runner : alors que le premier opus se déroulait en 2019, le deuxième enverra l’action en 2049, soit 30 ans plus tard. À peine moins que ce qu’il aura fallu à la production, à Ridley Scott, à Denis Villeneuve et à son équipe pour sortir la suite, 35 ans après la sortie de l’adaptation du roman de Dick.

Avec ou sans Ridley Scott

Dès 2011, la société de production Alcon Entertainment, qui détient les droits de Blade Runner, a fait savoir qu’elle entendait bien mettre sur pied une suite ou un prequel au film… avec ou sans Ridley Scott. Le réalisateur du premier film était pourtant sur le coup depuis le début des années 2000.

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Stephen Vaughan/Alcon Entertainment – Denis Villeneuve, Ridley Scott, Harrison Ford et Ryan Gosling.

Un autre Metropolis

À cette époque, Ridley Scott planchait sur une mystérieuse suite provisoirement baptisée Metropolis – en référence, plus que probablement, au film fondateur de Fritz Lang, sorti en 1927. L’un des scénaristes révèle alors que le script s’attaque à l’avenir de la Tyrell Corporation après la mort de son fondateur, apprend-on sur le blog Film. De quoi rappeler un autre livre fascinant de K. Dick, Ubik, jamais adapté encore contrairement à une bonne partie des œuvres majeures de l’auteur.

Les visions de Scott

Alors qu’il vient d’achever Prometheus, un journaliste ose la question que tout le monde veut alors poser : à quoi pourrait bien ressembler Blade Runner 2, sans l’imagination de Philip K. Dick ? Ridley Scott répond alors une vision comme tout droit sortie d’un rêve : « Il y aura de vastes terres agricoles sans barrières ou quoi que ce soit d’autre, à perte de vue, plates comme les plaines de – où sont les Grandes Plaines aux USA ? Au Kansas, où vous pouvez voir au loin sur des kilomètres. Et c’est de la terre, mais ça a été ‘ratissé’. À l’horizon on aperçoit une moissonneuse-batteuse futuriste avec des lampes à arc, parce que c’est l’aube. La moissonneuse est aussi grande que six maisons. Au premier plan, il y a une petite cabane de bois blanche avec un porche, comme si on était dans Les Raisins de la colère. Une voiture arrive de la droite, à deux mètres environ au-dessus du sol, poursuivie par un chien. Et c’est tout, je ne vous dirai rien d’autre ».

©Sony Pictures/Blade Runner 2049 – Les premières images du « second épisode » montrent pourtant un univers surtout urbain.

Jamais sans Denis

C’est en 2015 que Ryan Gosling a rejoint la casting de Blade Runner 2049, après négociations. Pour l’acteur, manifestement, l’idée de tourner la suite d’un chef-d’œuvre du cinéma ne suffisait pas : c’est la présence de Denis Villeneuve sur le film qui l’a convaincu de rejoindre le projet.

Avertissement funeste

Le tournage du sequel a démarré sur un incident terrible pour toute l’équipe : le 25 août 2016, alors que les premières scènes sont tournées en Hongrie, une plateforme s’écroule et tue un technicien du film.

Scénario de super-héros

En 1982, Hampton Fancher pouvait se vanter d’avoir contribué à écrire l’un de ces films au succès à rebours, rabroué à sa sortie et adulé dix ans plus tard. C’est lui qui en avait à la base acquis les droits pour une somme dérisoire, et il en a créé une douzaine de versions différentes, avant de baisser les bras. On lui en a pourtant confié la suite, malgré qu’il n’ait plus rien écrit de notable depuis. Michael Greene, à l’origine du scénario de la série Heroes et de Green Lantern, l’a secondé dans l’écriture du nouveau film.

©Sony Pictures/Blade Runner 2049

De Vangelis à Jóhann Jóhannsson

Avec une première bande originale signée Vangelis, l’un des papes de la musique électronique en partie responsable du succès de Blade Runner, la suite se devait de tenir la route – au moins musicalement. Après le Grec Vangelis Papathanassiou, c’est donc l’Islandais Jóhann Jóhannsson qui s’est attaqué à l’ambiance musicale rétro-futuriste de l’un des films les plus attendus de l’année. Le compositeur et Denis Villeneuve se connaissent bien, puisque Jóhann Jóhannsson est l’auteur des B.O. de Sicario, Prisoners et Arrival, les autres succès du réalisateur. Il a également collaboré avec David Hollander, Alejandro Molina, So Yong Kim et Darren Aronofsky. Bref, un tout grand.

Une mode toute proche

Si l’on en croit ce nouvel extrait de Blade Runner 2049, le film n’osera pas les excentricités d’un Cinquième élément, par exemple, où la mode avait défié toute logique pour laisser place à des pièces improbables, puisque futuriste. Pour Blade Runner déjà, Ridley Scott avait fait savoir : « La mode n’évoluera pas de façon radicale en l’espace de cinquante ans, et je crois que ç’aurait été une erreur de sacrifier, dans ce film, au style ‘vêtements argentés et fermeture éclair obliques’ ».

Sony Pictures/Blade Runner 2049 – L’une des affiches du film.

Sur le fil du rasoir

Beaucoup de libertés ont été prises par rapport au livre de Philip K. Dick, notamment le titre du film, « Blade Runner », que l’on peur traduire par « Celui qui court sur le fil du rasoir ». L’appellation a été rachetée au célèbre William S. Burrough, auteur d’un curieux livre dans les années 50 : Blade Runner, le film. En 1970, Alain Nourse avait également écrit un roman de science-fiction baptisé Bladerunner.

Blade Runner a tué Dune

Alors que la SF a le vent en poupe, après Star Wars et Alien, le producteur de Voyage au bout de l’enfer Michael Deeley, propose à Ridley Scott de se pencher sur le destin du script de Blade Runner. Il le convainc alors d’abandonner l’adaptation maudite du livre de Frank Herbert, Dune, qu’il laissera à David Lynch. À ce jour et malgré un certain nombre d’intéressés et de rumeurs, le film n’a toujours pas vu le jour.

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