« Dunkerque », un film de guerre qui s’attaque aux règles du genre

« Dunkerque », un film de guerre qui s’attaque aux règles du genre

Le film met l'accent sur l'humain. | © Copyright 2017 : Warner Bros. Entertainment Inc.

Cinéma et Docu

Pour sa première incursion dans la réalité historique et le film de guerre où tout semblait avoir déjà été dit, Christopher Nolan n’allait pas singer Le jour le plus long ou Il faut sauver le soldat Ryan. Son Dunkerque est de loin son film le plus sobre. Et parmi les plus courts aussi.

Quitte à tordre les règles du genre. Les dialogues du film tiennent  sur une page dactylographiée. La violence est omniprésente mais jamais montrée. Les anti-héros du film se perdent dans un cinémascope qui renforce le sentiment d’isolation et d’oubli. Nolan n’est pas là pour expliquer ou faire la morale. Il filme au plus près la déroute, la défaite que l’inconscient collectif transformera en victoire, l’instinct de survie, la petite histoire peu glorieuse dans la grande histoire forcément réductrice. Dunkerque est un film sensitif qui s’appuie sur les sons stridents et les regards absents. Sur l’absurdité de la machine militaire aussi qui n’a pas vraiment envie de s’encombrer de ce naufrage stratégique.

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L’humain face à la machine de guerre

En racontant Dunkerque dans trois éléments : l’air (un pilote d’avion, Tom Hardy toujours parfait), la terre (un jeune soldat paumé, la découverte Fionn Whitehead) et la mer (Mark Rylance en plaisancier civil qui va participer au sauvetage), Nolan célèbre l’humain face à la machine de guerre dans un film brut de décoffrage. Il y a un bien un moment où le réalisateur s’emmêle les pinceaux dans son scénario, voulant surement trop en dire, flirtant au deux tiers du film avec un ton pompier qui vient un peu gâcher la force de son propos. Une baisse de régime heureusement rattrapée par cette scène finale avec Tom Hardy, d’une simplicité biblique mais d’une force incroyable. Symbolique d’une oeuvre sur la volonté du désespoir. En cela, Dunkerque reste un grand film de guerre. Choquant. Impressionnant.

 

Dunkerque, en salles à partir du mercredi 19 juillet. Horaires des séances sur cinebel.be

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