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The Disaster Artist : James Franco et Seth Rogen à l’assaut du plus mauvais film de tous les temps

Vidéo Cinéma

The Room ou le pire film de tous les temps. Tellement mauvais, qu’il est diffusé dans certaines écoles de cinéma pour montrer aux étudiants ce qu’il ne faut impérativement pas faire dans un film. James Franco, habitué des projets un peu barrés, a décidé de tourner l’histoire improbable de ce tournage.

Un drôle d’oiseau nommé Wiseau

Tout commence avec Tommy Wiseau, l’homme derrière ce film dont le narcissisme l’a poussé à cumuler un nombre de casquettes impressionnantes pour son « œuvre » : réalisateur, producteur, scénariste, cameraman et même acteur principal. Avant la sortie du film, il s’agissait d’un illustre inconnu dont on ne connaît toujours pas aujourd’hui exactement l’origine. Dans le bouquin « The Disaster Artist », écrit par un des acteurs du film, il est dit qu’il serait né en 1955 ou 1958 en Europe, quelque part dans le bloc de l’Est, aurait vécu en Alemagne et en France avant d’atterrir à San Francisco. Assez tard dans sa vie, Wiseau aurait été impliqué dans un grave accident de la route presque fatal en Californie. Cet incident aurait été un élément déclencheur dans la vie de l’homme qui voulait être acteur et réalisateur depuis longtemps. C’est alors que Tommy Wiseau décide de rassembler une somme de six millions de dollars et de produire et réaliser son propre film, The Room.

Un magnifique contre-exemple de cinéma

Sur le fond, le film raconte l’histoire d’un triangle amoureux : Johnny est très amoureux de sa fiancée Lisa et veut l’épouser, mais cette dernière ne l’aime plus vraiment et le trompe avec Mark, son meilleur ami. La forme ? Un nombre impressionnant de faux raccords, de musiques insupportables, d’apparitions de personnages inexplicables, des dialogues sans queue ni tête, de multiples scènes de sexe angoissantes ou encore des interactions dignes d’un spectacle de primaire (et votre neveu devait certainement être plus convaincant en Peter Pan). Le spectateur remarque aussi que de nombreux personnages peuvent apparaître et disparaître sans aucune raison : cela serait dû au fait que plusieurs acteurs ou membres de l’équipe technique auraient quitté le tournage, soit parce que Wiseau les congédiait à tour de bras, soit à cause des conditions de tournage catastrophiques.

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De par son histoire incohérente et ses fautes de réalisation, beaucoup de critiques ont décrit The Room comme le plus mauvais film de tous les temps, Entertainment Weekly allant jusqu’à le taxer de « Citizen Kane des mauvais films ». Il est notamment considéré comme l’un des 25 pires nanars à ce jour par la rédaction du site Nanarland. Car The Room est un nanar. Un vrai nanar. Un de ces films qui ont l’ambition de briller, mais qui a l’écran rayonnent comme une cuillère sale dans un grenier.

De franchement naze à culte

Ce qu’il y a de beau avec certaines œuvres, c’est qu’elles peuvent dépasser leur maître et leur statut initial pour devenir quelque chose d’autre. Et The Room, pour certains, est passé du statut du « film le plus mauvais au monde » à « film le plus génial qui existe ». Le mélodrame n’est présenté, dans un premier temps que dans quelques cinémas de Californie. Bien que Wiseau ait expliqué rétroactivement que ce film se voulait un film d’humour noir, la plupart des spectateurs le jugent seulement comme un mauvais drame. Amusé par l’étrangeté de l’histoire et les maladresses narratives et techniques, un groupe de fans se constitue autour du film et fait naître un certain engouement pour le film qui, grâce au bouche à oreille, s’élève au statut de film culte.

James Franco à la rescousse

Après le tournage du film, un des acteurs, Greg Sestero, abasourdi par l’expérience qu’il venait de vivre et surtout par l’étrangeté de Tommy Wiseau, décide de sortir un bouquin sur le sujet. Et c’est ce bouquin que James Franco a utilisé pour réaliser son prochain film, The Disaster Artist. Sur la bande annonce, on y voit l’acteur américain transformé en Tommy Wiseau essayant de tourner une des scènes cultes du film.

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Pour le clin d’œil, l’acteur s’est également fait réalisateur. Il a invité sur le projet son binôme de toujours Seth Rogen (qui jouera le script), ainsi que son frère Dave. Sharon Stone, Judd Apatow et Alison Brie complètent le casting. Une joyeuse bande donc pour raconter le tournage et l’histoire géniale du plus mauvais film de tous les temps.

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