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Adil El Arbi et Bilall Fallah : « Revenir réaliser en Belgique nous permet de prendre des risques, d’être plus forts »

Adil el arbi et bilall fallah

Billal Fallah (à gauche) et Adil El Arbi sur le tournage de leur dernier film "Rebel". | © Caviar Films.

Cinéma et Docu

Après leur parenthèse hollywoodienne, les deux gamins de Molenbeek reviennent à leurs racines avec Rebel (sorti le 5 octobre dans les salles belges)Fable dramatique sur les jeunes Belges partis faire le djihad en Syrie, le film est aussi une claque visuelle dont on ne sort pas indemne. L’occasion de s’asseoir avec les deux cinéastes pour parler de leurs influences, du politique dans le septième art mais aussi du grand écart entre les productions américaines et un cinéma plus local.

 

Un choc et un pari risqué. Depuis mercredi dernier, Adil El Arbi et Bilall Fallah sont de retour avec une production belge sur le grand écran avec Rebel, long-métrage qui retrace le parcours des jeunes Belges recrutés à Bruxelles et partis combattre en Syrie. Sur fond de tragédie familiale, les deux réalisateurs s’évertuent à ne rien éluder et signent un film coup de poing, où même la comédie musicale s’invite avec de véritables clips chantés et dansés.

Faire des films comme ça, ce sera toujours nécessaire, toujours important. (Adil El Arbi)

Après leur rêve hollywoodien à coups de grosses productions – Bad Boys for Life avec Will Smith, la série Disney+ Miss Marvel, les deux potes de toujours n’oublient pas d’où ils viennent et signent sûrement ici leur film le plus personnel, mélange des genres qui divisera les cinéphiles et où l’expérimentation est reine.

« On alterne des projets très différents et ça nous aide en fait. Aux États-Unis, ils ont une énorme expérience technique. Ce qui nous permet de réaliser des grandes scènes d’action, des séquences assez compliquées. On utilise tout ce savoir-faire acquis dans ‘Rebel’, où on a mis en scène des situations de guerre avec plein de figurants et d’effets spéciaux », détaille Adil El Arbi, qui insiste sur la nécessité de revenir en Belgique pour ne pas perdre l’inspiration.

Conscientiser le grand public

« Revenir ici nous permet d’un autre côté de prendre des risques, de faire des trucs qui sont véritablement à nous, d’expérimenter. Et ça nous rend plus forts en tant que réals, en tant qu’auteurs. C’est vital pour nous d’alterner, de ne pas se figer », insiste-il.

L’autre versant primordial de ce dernier projet, c’est l’incursion d’une dimension politique revendiquée à leur cinéma. « Pour nous, c’est intéressant de faire réfléchir sur un sujet et dans le même temps produire du grand divertissement. On a envie d’atteindre un public large tout en éveillant un peu les consciences », confie Adil, qui évoque certains maîtres du cinéma pour appuyer son propos.

« Que ce soit Scorcese, Oliver Stone, Spike Lee ou même Spielberg, les meilleurs films des grands cinéastes ont toujours une dimension politique. Je prendrai l’exemple pour ce dernier de ‘La Liste de Schindler’ ou ‘Munich’. Faire des films comme ça, ce sera toujours nécessaire, toujours important. Et c’est dans ce type de projet qu’on retrouve toute la force du cinéma. »

Une discussion passionnante et passionnée à retrouver dans notre entretien vidéo avec Adil El Arbi et Bilall Fallah, dispo ci-dessous.

Rebel, de Adil El Arbi et Bilall Fallah, 135 min. (prod. Caviar Films et Beluga Tree)

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