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Le film sur le « cannibal de Milwaukee », adapté d’un roman graphique, s’annonce parfait

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De lycéen bizarre à monstre, il n’y a eu qu’un pas. Le film Mon ami Dahmer revient sur l’adolescence de Jeffrey Dahmer, d’après une BD à succès.

Il a ses cernes crayonnées d’alcoolique précoce, ses yeux un peu fous, son regard toujours de biais, caché derrière des hublots vieillots et encadré par des cheveux blonds cendrés, un peu négligés. L’adaptation est, semble-t-il, parfaite. Le jeune acteur Ross Lynch, à la base popstar américaine blonde, s’est métamorphosé en Jeffrey Dahmer, le « cannibal de Milwaukee » – ou du moins, celui de Derf Backderf, auteur génial de bandes dessinées politiques et drôlissimies, à l’exception de son super-succès Mon ami Dahmer. L’illustrateur annonçait d’ailleurs à Rolling Stone, il y a un an déjà, à propos de Lynch : « Je ne pense pas que vous pourrez reconnaitre l’adolescent charmeur dans ce rôle« .

©FilmRise

Les premières images de l’incarnation cinématographie de ce tueur et violeur en série de 17 hommes et garçons entre 1978 et 1991, nécrophile et cannibale, sont jouissives. Ce qui frappe, surtout, c’est la ressemblance avec le récit illustré de Derf Backderf, qui a côtoyé durant ses années de lycée Dahmer : des plans parfaitement identiques, de Jeffrey ivre mort au volant de sa voiture, à l’assassin en devenir caché en embuscade dans les bosquets, aux prémices de la traque de ses fantasmes déviants. Son regard sur le jeune homme tourmenté aussi, tantôt moqueur, tantôt légèrement inquiet, mais jamais au point de soupçonner ce qu’il se passera quelques mois plus tard.

On sait ainsi déjà que les attentes morbides de certains ne seront pas rencontrées dans Mon ami Dahmer : Backderf n’a côtoyé le futur tueur qu’à une époque où il avait l’air – plus ou moins – normal ; aussi investi dans les blagues pubères que ses camarades de classe ou invitant une ado à un bal de promo. Le film ne reviendra pas plus sur sa mort violente, la boite crânienne défoncée par un compagnon de cellule, puisque l’histoire s’arrête là où la relation entre l’illustrateur et Jeffrey Dahmer se termine : à la fin du lycée.

©Derf Backderf/My Friend Dahmer

Ce qui n’empêche la période qui la précède, dans le roman graphique de Derf Backderf, d’être franchement passionnante, l’auteur ayant effectué de nombreuses recherches afin de combler les vides de sa mémoire et d’une réalité forcément masquée. On y découvre la vie de famille pour le moins traumatisante du futur tueur, sa passion inquiétante pour les animaux morts et le drôle de hobby qui en découle, mais aussi à quoi ressemble la vie de pubères un brin décérébrés dans une ville paumée comme Akron, en Ohio, où se déroule l’histoire et le tournage du film.

Si le film a déjà été présenté au fameux Festival de Tribeca, aucune sortie belge n’a encore été annoncée.

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