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Tobe Hooper : 3 films pour lui dire adieu (et se faire peur)

Poltergeist aura deux suites. | © Poltergeist

Cinéma et Docu

Il était le réalisateur de Massacre à la tronçonneuse ou de Poltergeist : Tobe Hooper n’est plus, mais a laissé sa trace dans le cinéma gore pour toujours.

C’est l’hécatombe parmi les pères de l’horreur à l’américaine. Après le réalisateur génial et audacieux du premier film de zombies, George Romero, c’est au tour de Tobe Hooper de tirer sa révérence à l’âge de 74 ans. En bonne place au panthéon des créateurs de « slashers » – ces films qui mettent en scène un psychopathe meurtier -, Hooper avait l’horreur dans le sang, et certainement pas l’hémoglobine en horreur.

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©AFP PHOTO / Getty Images North America / Michael Buckner

Massacre à la tronçonneuse

Gores à souhait, ses créations ont permis au genre de se développer sur les bases solides d’un succès international – mais avant tout ricain -, le fameux Texas Chain Saw Massacre. Si en 2017, l’histoire semble un brin téléphonée, Tobe Hooper est à l’origine d’une véritable petite révolution dans les années 70, quand il sort son Massacre à la tronçonneuse. Sur les routes d’un Texas tout ce qu’il y a de plus rural, cinq copains embarquent un auto-stoppeur qui les mènera dans le piège de Leatherface – l’homme au visage de cuir humain.

Complètement dérangé, Leatherface court la campagne tronçonneuse à la main et forcément, fait un carnage. Si des personnages tels qu’Anton Chigurh (No Country for Old Men) ou George Harvey (The Lovely Bones) sont désormais utilisés comme de véritables cas d’école pour les étudiants en psychiatrie, le tueur masqué de Tobe Hooper n’en reste pas moins inspiré d’un authentique tueur en série : Ed Gein.

Tourné avec un micro-budget, le film démocratise les viscères au cinéma et ouvre la voie à une floppée d’autres réalisateurs de films de slashers, tels que Freddy et les griffes de la nuit ou Vendredi 13.

Ce que vous ignoriez peut-être : En 1975, le film a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes, mais a ensuite été censuré huit ans durant en France. Le Royaume-Uni aura quant à lui dû attendre 1999 avant de voir Chainsaw Massacre.

Poltergeist

Si vous avez vu Poltergeist à sa sortie, il y a de bonnes chances que la simple vue d’une télévision bloquée sur un canal vide vous donne des frissons, voire des cauchemars. Le second méga-succès de Tobe Hooper sort en 1982, avec l’appui de Steven Spielberg, qui le co-produit. Considéré comme l’un des films les plus terrifiants de l’histoire du cinéma, Poltergeist est « l’esprit qui fait du bruit », et qui s’est installé dans la maison des Freeling, une famille sans histoire. La maison, en revanche, a un sacré passif, puisqu’elle a été installée sur les fondations d’un ancien cimetière.

Trois fois nommé aux Oscars, Poltergeist a dégagé 76 millions de dollars : une jolie petite somme qui permettra à Tobe Hooper de continuer à raconter ses histoires horrifiques, mais sans plus rencontrer le même succès – à l’exception de la suite de Massacre à la tronçonneuse.

Ce que vous ignoriez peut-être : Poltergeist se déclinera en trois films au total, mais la saga est réputée maudite, après la mort de plusieurs acteurs impliqués dans les tournages.

Djinn

Certes, Djinn n’est pas exactement un chef-d’œuvre. En revanche, il est le dernier film réalisé par Tobe Hooper, en 2013, et a la particularité de se dérouler aux Émirats arabes unis – soit pas vraiment une terre de pellicules d’horreur.

Dans un futur proche, un couple retourne dans son pays d’origine après avoir longtemps vécu à l’étranger. Ils s’installent dans un appartement cossu de Ras al-Khaimah et sympathisent avec leurs voisins… qui pourraient bien, tout bien considéré, ne pas être vraiment humains. Le long-métrage reprend la formule de Poltergeist, puisqu’aux États-Unis comme aux Émirats arabes unis, la terre a une histoire.

Ce que vous ignoriez peut-être : Pour ne pas froisser les valeurs locales durant le tournage, les acteurs évitaient de mentionner le mot « djinn » et le titre du film, écrit sur la chaise du réalisateur, avait été recouvert de scotch.

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