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Accusé de harcèlement sexuel, le producteur Harvey Weinstein s’attire les foudres d’Hollywood

Harvey Weinstein au coeur de la tourmente | © Belga / AFP PHOTO / Yann COATSALIOU

Cinéma

D’ordinaire plus associé aux succès sur grand écran, le nom d’Harvey Weinstein fait aujourd’hui la une en raisons des accusations de harcèlement sexuel qui pèsent sur lui. Alors que celui qui est un des producteurs les plus puissants d’Hollywood fait le gros dos, acteurs et producteurs s’expriment. 

Parmi ceux qui n’ont pas attendue l’issue de l’affaire pour s’exprimer, l’actrice Oscarisée Brie Larson, défenseuse vocale des droits des femmes. Dans un Tweet posté ce jeudi, elle apporte son soutien aux accusatrices d’Harvey Weinstein : « comme toujours, je me range du côté des courageuses victimes d’agressions et harcèlement sexuel. Ce n’est pas votre faute. Je vous crois ». Lena Dunham a quant à elle tweeté que « les femmes qui choisissent de raconter le harcèlement qu’Harvey Weinstein leur a fait subir méritent notre admiration. C’est courageux ». Car il en faut, du courage, pour s’attaquer au tout-puissant fondateur de Miramax, figure incontournable de La La Land.

Requin hollywoodien

D’allure débonnaire, Harvey Weinstein est en réalité un requin, de ceux qui ont le pouvoir de faire et défaire les carrières et qui jouent de leurs connections pour influencer la course aux Oscars. C’est à son soutien indéfectible que Jean Dujardin, petit Frenchie alors inconnu à Hollywood, doit son Oscar pour The Artist. C’est lui, aussi, qui se cache derrière des mégaproductions telles que Shakespeare in Love, Gangs of New-York ou encore Kill Bill. Des films cultes produits par la société qu’il a fondée avec son frère dans les 70s, Miramax, mais aussi par leur deuxième société de production, The Weinstein Company. Une compagnie évaluée à près d’un milliard de dollars par Forbes, plaçant les frères Weinstein parmi les personnages les plus puissants mais aussi les plus riches d’Hollywood. Et offrant potentiellement les moyens nécessaires à Harvey Weinstein pour acheter le silence de ses victimes.

Liaisons dangereuses

Car ce serait de cela qu’il s’agit, ici, s’il faut en croire l’enquête menée par le New-York Times, dont les auteurs affirment avoir mis à jour des décennies d’harcèlement sexuel perpétré par Harvey Weinstein. Et si les accusatrices de Bill Cosby étaient pour la plupart anonymes, la liste de celles qui auraient été victimes d’Harvey Weinstein se lit comme un who’s who d’Hollywood. D’emblée, c’est Ashley Judd qui se confie dès les premières lignes de l’article. Et l’actrice américaine de se rappeler un meeting avec Harvey Weinstein au début de sa carrière. Alors qu’elle croyait se rendre à un petit-déjeuner d’affaires, elle se serait retrouvée dans la chambre du producteur, en peignoir, qui lui aurait demandé si elle voulait lui faire un massage ou le regarder prendre sa douche.

Je me rappelle m’être demandé comment je pouvais sortir le plus rapidement possible de la chambre sans risquer de me mettre Harvey Weinstein à dos.

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Surtout, ne pas s’attirer les foudres du cofondateur de Miramax, ce qui équivaudrait à un suicide professionnel dans le milieu du cinéma. Alors qu’à l’inverse, celles qui se laissaient faire pouvaient s’attendre à une promotion canapé: une de ses anciennes assistantes aurait ainsi fourni au NY Times des preuves écrites attestant du fait qu’Harvey Weinstein lui aurait assuré que si elle acceptait ses avances, il bosserait sa carrière. Une évolution professionnelle chère payée que certaines ont refusé, n’hésitant pas à porter plainte contre le producteur. C’est notamment le cas de Rose Mc Gowan, la star de Charmed, qui après avoir été victime d’avances de la part d’Harvey Weinstein, aurait reçu la somme de 100 000 dollars en 1997 pour garder le silence.

Le prix du silence

Et elle serait loin d’être la seule à avoir été achetée de la sorte. Ces trente dernières années, Harvey Weinstein aurait en effet versé de l’argent à au moins 8 femmes différentes l’ayant toutes accusé de harcèlement sexuel. Une pratique condamnée par Judd Appatow. Connu pour ses comédies, de 40 ans et toujours puceau à Bridesmaids en passant par 40 ans, mode d’emploi, le réalisateur a tweeté son mécontentement. Ainsi qu’il l’affirme, « les gens riches achètent le silence de ceux qu’ils blessent. La clause de confidentialité permet aux prédateurs de s’en prendre à d’autres. Pendant des décennies ».

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Twitter @ Rose Mc Gowan

 

Des accusations qui se multiplient, et qui ont poussé Harvey Weinstein a sortir de son mutisme, après avoir porté plainte contre le New York Times pour diffamation. Dans un communiqué, il explique ainsi que « je réalise que la façon dont je me suis comporté avec des collègues par le passé a causé beaucoup de douleur. Mon chemin sera maintenant d’apprendre à me connaître et maîtriser mes démons. (…) Je prévois de prendre un congé de ma société et de m’occuper de ce problème en priorité ». Et d’ajouter avoir eu « des conversations très difficiles avec ma famille, qui a choisi de me soutenir ». Rose Mc Gowan appelle quant à elle à soutenir les victimes. « Les femmes, continuez de vous battre. Et les hommes, levez-vous. On a besoin de vous comme alliés ». Dans un second Tweet ne faisant pas nommément référence à Harvey Weinstein, elle a affirmé que « tout qui fait du business avec lui est complice. Et au fond de vous-mêmes, vous savez que vous êtes encore plus sales que lui ».

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