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Gilles Lellouche : « Je n’ai pas toujours été malin dans la gestion de mon image »

Gilles Lellouche, à l'affiche de "Plonger" de Mélanie Laurent. | © Manuel Lagos Cid/Paris Match

Cinéma

À l’affiche de Plonger en salles aujourd’hui, de Mélanie Laurent, Gilles Lellouche confirme qu’à 45 ans il est déterminé à donner une nouvelle dimension à sa carrière. Extraits choisis de ses confidences.

Après avoir longtemps surfé sur le succès des Petits mouchoirs et des Infidèles, goûtant goulûment à la célébrité avec ses potes Guillaume Canet et Jean Dujardin, l’heure est à la reconnaissance de son talent d’acteur à l’aise dans la comédie comme dans le drame. On le retrouve aujourd’hui dans Plonger, de Mélanie Laurent, film sombre et âpre sur la mort d’un amour. Rendez-vous donc, pour évoquer cette métamorphose et ce virage, avec quelqu’un qui avoue apprécier cette reconnaissance qu’il attendait. Sans langue de bois, il nous raconte ses rencontres, ses moments de doute et sa passion décuplée pour le cinéma, devant ou derrière la caméra.

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Paris Match : C’est une année mémorable pour vous avec quatre films, entre drame et comédie, du Sens de la fête à Plonger, mais aussi avec votre retour derrière la caméra pour Le grand bain que vous avez tourné cet été.
Gilles Lellouche : Ce grand écart est effectivement assez jouissif et il symbolise tout ce que j’ai toujours rêvé de faire. J’ai rarement connu cela. Les scénarios qu’on me proposait n’étaient pas toujours à la hauteur et les films pas totalement réussis. Je manquais sûrement de maturité. (…)

Votre image a-t-elle évolué ?
Il était temps que j’en change, de toute façon. Le côté “chef de bande” à plus de 40 ans, ça va un moment ! Je n’ai pas toujours été malin dans la gestion de mon image, avec Jean [Dujardin] ou Guillaume [Canet], on a connu un succès parfois insolent. Et cet effet de bande, pour peu qu’on en soit une, a peut-être soûlé le public. On était à la fois matures et très immatures. Je pense qu’il y a eu beaucoup de malentendus sur le travail qu’on faisait et la perception que les gens en avaient. Je ne peux pas parler pour mes camarades, mais je pense qu’il y a des émissions de télé qu’on n’était pas obligés de faire. On a tous eu besoin à une période de se remettre en question, de se soustraire à une certaine folie médiatique. (…)

Le public ne le sait pas forcément, mais vous avez commencé dans le cinéma par la mise en scène. Vous avez fait des clips pour NTM, MC Solaar ou Obispo… C’était votre envie de départ ?
Non, c’est un concours de circonstances. Je sortais du Cours Florent où j’étudiais l’art dramatique dans une ambiance très “Fame”. Mais quand il s’est agi de trouver du travail, c’était autre chose. J’ai donc écrit, joué et réalisé un court-métrage avec mon copain d’enfance Tristan Aurouet, avec qui j’ai réalisé Narco quelques années plus tard. Un producteur de clips l’a vu et nous a proposé de travailler. J’avais fait ce court-métrage comme une carte de visite pour faire l’acteur et je me suis retrouvé propulsé dans l’univers du clip alors que je n’y connaissais rien ! [Il rit.] Tout n’était pas d’une grande qualité, mais on n’avait pas des moyens énormes pour chaque clip. J’ai fini par y prendre du plaisir et par m’initier à la mise en scène. Et, cet été, repasser derrière la caméra pour “Le grand bain” avec Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde et Philippe Katerine a été l’un des plus beaux moments de ma vie…

 

Retrouvez la suite de cette interview dans Paris Match dans tous les kiosques le jeudi 30 novembre

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