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Adrian Molina : « ’Coco’ raconte ce que j’ai vécu avec ma famille »

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Coco | © Pixar

Cinéma

Le coréalisateur Adrian Molina revient sur la genèse de Coco, le film le plus mexicain de Disney.

La morale de Coco dit que l’on ne peut rien faire sans la bénédiction de sa famille.
Oui, car c’est ce que j’ai vécu. Quand je suis parti à la fac avec ma voiture, mon père m’a offert 40 dollars pour l’essence et a ajouté : « Attends, nous devons te donner notre bénédiction ». Je me suis mis à genoux et il m’a dit : « Quoi que tu fasses, nous serons toujours là pour toi ». Sur le moment je n’ai pas bien compris. Mais aujourd’hui je sais combien cela a été important. Même s’ils n’étaient pas présents dans mon quotidien, j’avais leur soutien. Et je crois que l’on cherche tous cette phrase de la part de ses parents, « je te fais confiance, je crois en toi ». J’ai raconté cette histoire chez Pixar lors des nombreuses séances de travail que nous avons eues. Et cela nous a permis d’avancer.

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Coco célèbre la famille unie qui se soutient. Ce qui est loin d’être la réalité de beaucoup d’entre elles. Vous voulez forcer le destin ?
La famille de Miguel est comme toutes les autres : un peu bancale, avec des secrets, tout le monde ne dit pas la vérité. La fête des Morts au Mexique est une manière de se retrouver au-delà de ses différences, en mettant parfois de côté sa fierté ou ses sentiments. Mais nous voulions poser cette question essentielle : comment faire marcher une famille ?

Il faut savoir pardonner ?
Oui, car si l’on ne raconte pas les histoires d’antan, si on ne cherche pas à comprendre ce qui est arrivé, on peut rester enfermé dans le passé et dans les guerres internes. Donc il faut se parler pour régler les problèmes. C’est si facile de rendre sa famille responsable de tous les ennuis… L’important c’est d’être accepté.

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En quoi Coco est-il un film mexicain ?
Le Mexique est le seul pays au monde où une fois par an, tous tentent de se reconnecter avec le passé. Ce devrait être une idée universelle, car on cherche tous à faire vivre nos souvenirs. Beaucoup de choses ne sont pas dites parce qu’on ne pose pas les questions. La tradition mexicaine permet justement de se remémorer les gens, leurs vies, leurs parcours. Et de se réconcilier avec eux. Il est aussi indispensable de poser les questions essentielles aux gens quand ils sont vivants. Parce que la vie est limitée et l’important c’est de ne pas tomber dans l’oubli.

Le fait que le film célèbre la culture mexicaine est-il une réponse à Donald Trump qui veut construire un mur entre les États-Unis et le Mexique ?
Ce n’était pas le propos quand nous avons écrit le film. C’est une belle culture, qui met la famille au premier plan. Le principal c’est de savoir d’où l’on vient. Mais non il n’y pas de message politique.

Avec Coco, Pixar s’amuse avec la mort. Il retrace l’histoire de Miguel, un jeune garçon qui rêve de devenir musicien. Seul hic, la musique est bannie de sa famille depuis plusieurs générations. Et c’est lors de la fête des Morts qu’il va entrer en contact avec son passé et comprendre ce que cachent les siens. Afin d’aller au bout de son rêve.

À la réalisation, Lee Unkrich, un vétéran de la maison, qui a su s’entourer d’Adrian Molina, coscénariste d’origine mexicaine et très attaché aux traditions familiales. Ensemble, ils ont donc cherché la meilleure manière de raconter ce Mexique traditionnel en lui insufflant une petite dose de folie.

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